Ubukraine

Le « métropolite » Oleksandr Drabinko de l’Eglise du pouvoir ukrainien (l’un des deux seuls évêques de l’Eglise orthodoxe à avoir fait défection en 2018) s’oppose aux tentatives de confiscation (par son Eglise) de la laure de Potchaïev, l’un des trois plus grands monastères orthodoxes d’Ukraine. Il remarque que dans la laure supérieure des Grottes de Kiev, qui a été donnée à l’Eglise du pouvoir, il n’y a quasiment plus rien : « Avant, la vie était animée : neuf liturgies étaient célébrées chaque jour, il y avait des pèlerins, on achetait des cierges, on prenait des livrets. Et maintenant, dans la Laure, c’est le silence… » (quand il n’y a pas les animations profanes et profanatrices).

Et il n’y a pas que la Laure : « Dans de nombreuses villes les églises sont vides. Et nous voulons encore reprendre la Laure de Potchaïev ? Tant que les dirigeants de l’Église orthodoxe d’Ukraine et de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou ne s’assiéront pas à la table des négociations, il sera impossible de résoudre la question. »

Le même Drabinko se plaignait il y a quelques jours que dans plusieurs églises de son propre diocèse on commémore le métropolite Onuphre, primat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, et non Doumenko, le primat de l’Eglise du pouvoir.

La question ne se résoudra pas à la table des négociations, mais par la disparition de l’Eglise du pouvoir en même temps que ce pouvoir…

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Une commission du ministère de la Culture s’est rendue au monastère féminin de Krasnogorsk, dans la région de Tcherkassy, afin d’inspecter le patrimoine culturel historique des « Grottes de Krasnogorsk ». Mais il n’y a jamais eu de grottes dans ce monastère. Les moniales ont fait faire le tour aux agents, qui n’ont rien trouvé.

Selon le site Dozor (surveillance), « cette mascarade était une provocation des fonctionnaires en vue d’une future expropriation de l’église » du monastère. Récemment, le parquet a exigé que l’administration régionale de Tcherkassy remette à l’Etat quatre églises de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

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Zelensky fait tourner ses pions. Le Premier ministre Denys Shmyhal va devenir ministre de la Défense, en remplacement de Roustem Oumierov qui va devenir ambassadeur à Washington (sa famille vit déjà en Floride), et Ioulia Svyrydenko va devenir Premier ministre. Elle était vice-Premier ministre et ministre de l’Economie.

La suite du jeu de chaises musicales est à venir. Il semble que le ministre de la Culture, Nikolai Totchitsky, soit viré. Il n’était là que depuis septembre 2024. Il n’a pas réussi à chasser les « popes de Moscou » des divers lieux culturels qu’ils occupent, comme dit la rhétorique officielle, mais il a réussi à choquer même les athées en organisant à la Laure de Kiev un spectacle culinaire et des danses folkloriques, et en créant une commission chargée d’étudier les reliques des saints des Grottes de Kiev.

Zelensky a dit que le remaniement marque le début d’une transformation du pouvoir exécutif, visant à renforcer les atouts de l’Ukraine. Il n’a pas précisé lesquels.

En « proposant » un nouveau Premier ministre à l’approbation du Parlement, Zelensky viole une fois de plus la Constitution ukrainienne, puisque celle-ci stipule que c’est le conseil de la coalition majoritaire au Parlement qui propose un Premier ministre au président. Mais de toute façon, selon la Constitution, Zelensky n’est plus président depuis le 20 avril 2024…

Addendum 17 juillet

Finalement on garde Oumierov à Kiev (on s’est avisé qu’il était le chef de la délégation des négociations avec la Russie), et l’on envoie à Washington Olha Stefanichyna, qui était Vice-Premier ministre chargée de l’intégration européenne et euro-atlantique depuis 2020 et en outre ministre de la Justice depuis l’an dernier…

Le 18e paquet toujours en panne

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont échoué de nouveau à adopter le 18e paquet de sanctions contre la Russie, en raison de l’opposition de la Slovaquie, qui considère n’avoir pas reçu de garanties d’approvisionnement énergétique pour remplacer les sources russes. La Hongrie soutient la Slovaquie.

En rapportant ce nouvel échec, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a déclaré que le ministre « d’un grand pays européen » a dit qu’il était nécessaire de renforcer les sanctions, parce que les 17 paquets précédents n’avaient pas fonctionné…

Le Dr Moore avait raison

Pendant la « pandémie », le Dr Michael Kirk Moore Jr et ses assistants, dans sa clinique de Salt Lake City, distribuaient des faux certificats de « vaccination » contre le covid, qui permettaient aux patients de garder leur emploi sans problème et de continuer de mener une vie sociale normale.

Lorsque ses agissements ont été connus, il a été inculpé pour avoir « mis en danger la santé et le bien-être d’une population vulnérable » et « porté atteinte à la confiance du public et à l’intégrité des programmes fédéraux de santé ». Et aussi pour avoir agi dans un but lucratif, mais cette charge a été abandonnée parce qu’il était patent qu’il avait distribué les certificats gratuitement.

En 2023, les avocats des accusés avaient déclaré que « le Dr Moore a respecté son serment d’Hippocrate, qu’il a prêté depuis longtemps, de ne pas nuire ».

Mais la procédure suivait son cours et le procès devait se tenir ces jours-ci. Le médecin risquait jusqu’à 35 ans de prison de 125.000$ d’amende.

Le 12 juillet, le ministre de la Justice Pam Bondi (qui est procureur général) a rejeté toutes les charges qui pesaient sur le médecin et ses « complices », en disant : « Le Dr Moore a donné le choix à ses patients lorsque le gouvernement fédéral refusait de le faire. Il ne méritait pas les années de prison qu’il encourait. Tout cela prend fin aujourd’hui. »

Pam Bondi a remercié le député Marjorie Taylor Greene qui avait porté l’affaire à sa connaissance, et le sénateur Mike Lee « qui s’est battu pour mettre fin à l’utilisation de l’État comme arme, notamment à l’encontre du Dr Moore ».

Inclusion britannique

Le 11 juillet c’était la Journée de célébration de la Culture à l’école de Bilton, faubourg de Rugby dans le Warwickshire. Les parents avaient reçu une note précisant que cette journée avait pour objectif de « promouvoir l’inclusion, la compréhension et l’appréciation des différentes origines, traditions et héritages ». Les élèves devaient venir avec une tenue célébrant une culture, et dire un texte sur cette culture. Courtney Wright, 12 ans, est arrivée avec une robe arborant le drapeau britannique. Mais on ne l’a pas laissée entrer dans l’école. Son père a dû venir la chercher : « On lui a dit qu’elle n’avait pas le droit d’aller à l’école avec sa robe, parce qu’elle a l’occasion de célébrer sa culture tous les jours. »

Comme il y a eu de vives réactions chez les derniers Britanniques de souche, la direction de l’école s’est répandue en excuses et a promis que désormais « tout élève se sentira reconnu et soutenu quand il exprimera la fierté de son héritage ».

(Les gazettes nous ont appris ces jours-ci qu’il y a des écoles à Londres où il n’y a pas un seul élève qui ait l’anglais comme langue maternelle. Au moins dans ces écoles l’incident de Bilton ne peut se produire.)

Frontex à l’envers

Les gazettes :

En Grèce, un bateau de Frontex coule en mer Egée lors d’un sauvetage de migrants

J’avais déjà remarqué ce qui paraissait une anomalie : un bateau de Frontex « secourant » des migrants. Mais c’est donc officiel. L’agence européenne chargée de surveiller les frontières et d’empêcher l’immigration illégale se charge d’aller récupérer les clandestins en mer (entre les îles grecques) pour les amener en Europe. Frontex fonctionne donc comme une des ONG immigrationnistes, faisant le contraire de ce qu’elle est censée faire.

On remarque que la première fois que le fait a été évoqué, on prenait soin de parler de « demandeurs d’asile ». C’était évidemment faux, mais Frontex ne faisait pas venir des clandestins…

Dès qu’on reparle de la chose, on ne prend plus de gants : ce sont bien des « migrants » clandestins que Frontex fait débarquer sur le sol de l’UE…