La dictature républicaine ?

J’avoue que je n’ai d’abord pas prêté attention à la proposition de loi que dénonçait notamment Florian Philippot, pensant qu’il exagérait, et que de toute façon cela devait émaner d’un obscur député gauchiste et que c’était donc sans véritable importance. Mais, avec le Salon Beige, je découvre que la proposition de loi émane d’un député du groupe « Droite républicaine » (LR et associés), et qu’elle est cosignée par 20 autres députés, dont Laurent Wauquiez le président du groupe.

Cette proposition de loi vise « à interdire et sanctionner les contenus et discours à caractère anti-républicain ». En clair, selon l’exposé des motifs, elle vise les islamistes : les « associations culturelles ou religieuses, qui véhiculent une vision communautariste incompatible avec l’unité de la nation et qui prône parfois même l’instauration de la charia », « certains relais médiatiques et lieux de culte, utilisés pour diffuser des prêches ou publications invitant à la sédition contre les lois républicaines ».

Mais comme elle ne peut pas cibler l’islam en tant que tel, sa formulation est très générale, et si cette loi était votée elle interdirait, sous peine d’amende et de prison, toute critique de la République, notamment de son laïcisme, et toute promotion d’un autre régime. Bref il serait par exemple interdit d’être royaliste, mais aussi de critiquer les « valeurs républicaines », et l’on sait que parmi elles figurent d’abord le droit à l’avortement et le culte LGBT.

La persécution en Ukraine

Le « Service d’État de l’Ukraine pour les questions ethnopolitiques et la liberté de conscience » a publié un communiqué intitulé « Sur la découverte d’indices d’affiliation de la Métropole de Kiev de l’Église orthodoxe ukrainienne (EOU) ».

Sans surprise, la dictature ukrainienne se fonde sur des documents de l’Eglise orthodoxe russe pour déterminer que l’Eglise orthodoxe ukrainienne lui est toujours affiliée… Et en outre se fonde sur des textes canoniques pour conclure à une affiliation pénalement répréhensible…

De la férie

La première notice du martyrologe concerne saint Zénon et ses… 10.203 compagnons martyrs. Je les avais évoqués l’an dernier.

La deuxième notice est sur un saint qui est également commémoré ce jour dans le calendrier byzantin :

Gortynæ, in Creta, sancti Cyrílli Epíscopi, qui, in persecutióne Décii, sub Lúcio Præside, flammis est injéctus, et, cum ab igne, incénsis vínculis, illæsus evasísset, ac stupóre tanti miráculi a Júdice dimíssus esset, rursus ab eódem, pro instánti et álacri fídei prædicatióne facta de Christo, comprehénsus et cápite plexus est.

A Gortyne, en Crète, saint Cyrille évêque. Durant la persécution de Dèce, sous le préfet Lucius, il fut jeté dans les flammes, mais ses liens étant brûlés, il en sortit sain et sauf : stupéfait de ce miracle le juge le laissa aller ; mais voyant qu’il prêchait le Christ avec une nouvelle ardeur, il le fit saisir de nouveau et décapiter.

Selon les actes de son martyre, il fut condamné au bûcher parce qu’il refusait de sacrifier aux idoles., mais les flammes ne me touchèrent pas. Le miracle convertit de nombreux païens et le préfet Lucius lui-même loua le Dieu des chrétiens. Mais comme Cyrille continuait de prêcher avec d’autant plus d’ardeur qu’il regrettait de n’avoir pas été martyr, il finit par être arrêté de nouveau et fut décapité. Il avait 84 ans.

Saint Cyrille de Gortyne, avec, à droite, saint Tite premier évêque de Crète, fresque de Ioannis Pagomenos (1327-1328), en l’église Saint-Michel de Pleminiana, en Crète.

L’icône de la Mère de Dieu « Réjouissance et consolation »

La divine liturgie retransmise par TV-Soyouz ce matin l’était de l’église de l’icône de la Mère de Dieu « Réjouissance et consolation » du quartier Ziouzino de Moscou. C’est une des « 200 nouvelles églises » édifiées dans la capitale. Elle a été terminée en 2022. Les peintures murales ont trouvé une sorte d’équilibre entre l’influence occidentale des derniers siècles et la tradition iconographique, sans la décadence du XIXe siècle et avec des couleurs fraîches.

Le nom de l’église est celui d’une icône miraculeuse du monastère de Vatopedi au mont Athos. Et elle raconte une bien belle histoire.

La tradition raconte que le 21 janvier 807, l’abbé de Vatopedi, resté dans l’église après l’office du matin pour prier, entendit une voix féminine avertissant d’un danger. L’higoumène tourne son regard vers l’icône et voit qu’elle est devenue vivante, et que la Mère de Dieu s’écrie : « N’ouvrez pas les portes du monastère aujourd’hui, mais grimpez sur les murs et chassez les pirates. » Alors, l’Enfant Jésus, dans les bras de la Mère de Dieu, tente de barrer la bouche de sa Mère avec sa main, en lui disant : « Non, ma Mère, ne leur dis rien. Qu’ils reçoivent ce qu’ils méritent, car ils négligent leurs devoirs monastiques. »

Mais la Mère de Dieu, avec une grande audace maternelle envers son Fils et Dieu, prit la main de Jésus et l’éloigna de sa bouche, puis, tournant la tête vers la droite, elle s’écria en s’adressant une seconde fois à l’higoumène : « N’ouvrez pas aujourd’hui les portes du monastère, mais grimpez sur les murs et chassez les pirates. Et repentez-vous, car mon Fils est en colère contre vous. ». Et elle répéta pour la troisième fois : « Aujourd’hui, n’ouvrez pas les portes du monastère… ». Puis les deux personnages de l’icône s’immobilisèrent, mais dans l’attitude qu’ils avaient prise : la Mère de Dieu, détournant son visage de la main tendue de son Fils, essayant d’éloigner cette main de ses lèvres afin de pouvoir avertir les moines du danger imminent.

L’higoumène rassembla aussitôt les frères et leur raconta ce qui s’était passé. Tous remarquèrent avec un étonnement extrême que l’image de cette icône avait changé. Alors ils glorifièrent Dieu pour Sa providence à leur égard, qui s’était manifestée par l’intercession de la Très Sainte Mère de Dieu, et, se précipitant vers les murs du monastère, ils repoussèrent l’attaque des brigands.

L’icône vénérée dans l’église de Moscou a été peinte et consacrée au monastère de Vatopedi. Elle est arrivée en février 2016, alors que la construction de l’église n’allait commencer que deux ans plus tard. Mais comme à chaque fois une église provisoire en bois avait été installée sur le terrain.

Ubukraine

Illustration de ce que je disais hier sur la réaction des Ukrainiens au bombardement par les Russes des centres de recrutement militaires, cette déclaration du député Artem Dmitrouk, élu en 2019 avec l’étiquette du parti de Zelensky :

 « Le niveau de haine envers ce régime et, en particulier, envers ses structures répressives est si élevé que les gens se réjouissent de la destruction des TCC, dans l’espoir que cela réduira au moins légèrement la terreur. La chasse à l’homme a commencé, et tous les citoyens ukrainiens vous en remercient ! »

Il ajoute en parlant des agents de recrutement :

« Sur ordre direct de Zelensky, ils kidnappent des personnes de toutes catégories et dans toutes les situations, y compris des personnes handicapées, des prêtres, des pères de familles nombreuses, des tuteurs d’enfants, des personnes s’occupant de malades graves et simplement ceux qui n’ont pas eu le temps de se cacher. Le régime de Zelensky apporte chaque jour le chagrin dans chaque foyer, dans chaque famille. »

Comme on peut s’en douter, Artem Dmitrouk ne vit plus en Ukraine. Il s’est réfugié en Grande-Bretagne l’an dernier après avoir critiqué la loi interdisant l’Eglise orthodoxe ukrainienne dont il est sous-diacre. Le pouvoir ukrainien a demandé plusieurs fois au gouvernement britannique de l’extrader, sans résultat pour le moment.