Jeudi de la quatrième semaine de carême

Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, quos jejúnia votíva castígant, ipsa quoque devótio sancta lætíficet ; ut, terrénis afféctibus mitigátis, facílius cæléstia capiámus.

La collecte de ce jour dit littéralement à peu près ceci :

« Faites, nous vous le demandons, Dieu tout-puissant, que ceux que les jeûnes votifs châtient, cette même sainte dévotion leur donne la joie ; afin que, les affections terrestres étant calmées, nous obtenions plus facilement les choses du ciel. »

Il y a là deux parallèles qui résument tout un pan de l’ascèse chrétienne.

En entrant dans le carême nous avons fait le vœu de jeûner. De nous châtier par le jeûne de nos péchés, de nous corriger (sens le plus général de castigo). Mais nous demandons à Dieu que ce jeûne lui-même, qui est une dévotion (même racine que vœu : votiva, devotio) nous apporte la joie. Comme le corps souffre du jeûne, cette joie ne peut qu’être spirituelle. Mais elle est tout aussi réelle que la souffrance du jeûne, et l’est même bien davantage, puisqu’elle transcende les contingences corporelles et se répand sur le psychisme.

La deuxième partie est sur un thème commun dans les collectes pénitentielles : par le jeûne on calme les affections terrestres, les désirs charnels, ce qui nous rend plus aptes à recevoir, à accueillir, les réalités célestes.

Voici le commentaire du bienheureux cardinal Schuster :

Dans la collecte, on invoque la joie du Saint-Esprit et une dévotion fervente, en faveur de ceux qui mortifient leur corps par le jeûne. Il est impossible d’unir les consolations des sens et celles de l’esprit ; leurs goûts sont en parfaite opposition. Quand les sens jouissent, l’esprit devient comme obscurci par la fumée des passions charnelles ; au contraire, plus l’âme imprime dans la chair les stigmates de la croix, plus elle se sent libre et pure, plus son regard est clair et perspicace.

« Maintenant les puissances célestes »

Pendant le carême, le mercredi et le vendredi, les byzantins célèbrent la divine liturgie des dons présanctifiés. La « grande entrée » des dons a une hymne particulière (à la place de celle des Chérubins). Le 7 mars j’en avais donné la version du chœur de l’Académie de théologie de Moscou. La voici dans un style très différent, celui de la pure tradition grecque, par Panagiotis Neochoritis, qui est l’actuel « archonte protopsalte de la Grande Eglise du Christ » (Constantinople).

Νῦν αἱ Δυνάμεις τῶν οὐρανῶν σὺν ἡμῖν ἀοράτως λατρεύουσιν. Ἰδοὺ γὰρ εἰσπορεύεται ὁ Βασιλεὺς τῆς δόξης.
Ἰδοὺ θυσία μυστική, τετελειωμένη, δορυφορεῖται. Πίστει καὶ πόθῳ προσέλθωμεν, ἵνα μέτοχοι ζωῆς αἰωνίου γενώμεθα. Ἀλληλούϊα.

Maintenant les puissances célestes célèbrent invisiblement avec nous. Car voici que s’avance le Roi de gloire. Voici avec son escorte, le Sacrifice mystique déjà accompli.
Approchons-nous avec foi et amour, afin de devenir participants de la vie éternelle. Alléluia.

La dinde a encore frappé

Annalena Baerbock, ministre allemande sur le départ :

« Nous en tant qu’Européens nous avons déjà signé un accord sur les matières premières avec l’Ukraine il y a quelque temps. Et, naturellement, tous les autres traités qui pourront être signés à l’avenir DOIVENT être compatibles avec la loi européenne. Après tout, cela est notre continent européen. Et, dans cette situation, nous parlons aussi de cela avec tous les acteurs. »

Peut-être qu’un jour elle apprendra que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne et que ni le gouvernement américain, ni le gouvernement ukrainien, ni le gouvernement russe, n’ont à respecter la « loi européenne ». Et que l’UE qui a voulu marginaliser la Russie est en train de se marginaliser réellement, quant à elle, comptant pour rien dans les relations entre Poutine et Trump. Et la Baerbock pourra tourner plusieurs fois à 360 degrés, naturellement ça ne changera rien…

Le jugement politique

La condamnation de Marine Le Pen n’est pas seulement de nature politique, elle est un acte de militantisme politique. En témoigne éloquemment ce seul extrait :

L’atteinte aux intérêts de l’Union européenne revêt une gravité particulière dans la mesure où elle est portée, non sans un certain cynisme mais avec détermination, par un parti politique qui revendique son opposition aux institutions européennes.

On est donc disqualifié d’emblée si l’on s’oppose aux institutions européennes, et l’on est « cynique » si l’on défend ses idées d’organisation de l’Europe dans les tribunes européennes. On peut difficilement être plus loin du droit, et de ce qu’on appelait naguère la démocratie…