La dictature estonienne

Le gouvernement estonien a adopté le projet de loi interdisant l’Eglise orthodoxe estonienne et a transmis le texte au Parlement. Le Premier ministre Kristen Michal a commenté :

« La liberté de religion doit être garantie, mais, par exemple, des personnes proches du président russe ne peuvent pas diriger l’Église en Estonie. C’est normal dans un pays indépendant. Le Parlement va maintenant se pencher sur ce sujet. Il est important que la liberté de religion soit garantie et que les Églises ne soient pas dirigées par des forces hostiles. »

Christine Kallas, ministre de l’éducation et des sciences, a précisé que la liberté de religion ne peut être absolue :

« S’il s’agit d’une menace pour la vie humaine, la principale chose à faire est de protéger la vie humaine. Si une organisation religieuse est engagée dans le terrorisme, et nous comprenons tous que c’est sous le prétexte d’une organisation religieuse, nous avons le droit de ne pas tenir compte de ce prétexte. »

Rappelons que l’Eglise orthodoxe estonienne, qui a accepté de changer de nom pour ne plus faire référence au patriarcat de Moscou, n’a jamais pris position sur la guerre en Ukraine et n’a jamais critiqué la politique du gouvernement. Mais la voilà odieusement accusée d’être « engagée dans le terrorisme », et il n’y aura personne pour la défendre…

Juges fragiles…

J’avais remarqué que, dans la persécution judiciaire de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, de nombreuses audiences étaient reportées, puis encore reportées, puis de nouveau reportées, parce que tel ou tel juge était malade, et que tel et tel s’était récusé… Le fait est désormais dénoncé par le chef du « service d’État ukrainien pour l’ethnopolitique et la liberté de conscience », Viktor Yelensky. Car cela retarde indéfiniment l’interdiction effective de l’Eglise.

Il espère que la pression publique « ne permettra pas aux juges de tomber indéfiniment malades ou de se récuser ».

Citant l’exemple de la Laure des Grottes de Kiev, où les moines se trouvent toujours, il se plaint que « le juge est “désespérément” malade ».

De plus, dit-il, dans les autres affaires, « un nombre incroyable de fois les juges se sont récusés et ont reporté les audiences »…

Le revers de la médaille est que, lorsque les juges sont « en bonne santé », ce sont des militants contre l’Eglise orthodoxe, ou simplement des juges qui veulent se faire bien voir du régime. De ce fait, par exemple, la dernière audience dont j’ai eu connaissance est celle qui a décidé que le métropolite Arsène devait rester en prison préventive, où il est depuis neuf mois pour avoir prévenu les fidèles, dans un sermon, qu’il y avait des barrages de militaires qui risquaient de compliquer l’accès au sanctuaire…

La dictature européenne

« L’Europe tient ses promesses : Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de décider de prolonger à nouveau les sanctions contre la Russie. Cela continuera à priver Moscou de revenus pour financer sa guerre. La Russie doit payer pour les dommages qu’elle cause. »

Donald Tusk ne parlait pas en l’air : l’UE a les moyens de faire taire la Hongrie. Officiellement « la Hongrie a reçu les garanties de sécurité énergétique » qu’elle demandait. A savoir la promesse que la Commission européenne va « tenir des discussions avec l’Ukraine sur l’approvisionnement en gaz de l’Europe via le réseau de gazoducs ukrainien », selon le propos de Peter Szijjarto…

Les 27, comme un seul homme, je ne veux voir qu’une tête, ont donc reconduit les 2.482 sanctions imposées à ce jour. Ce n’est toutefois qu’un dixième des sanctions internationales qui frappent la Russie.

« Cela continuera à priver Moscou de revenus pour financer sa guerre. » C’est donc que Moscou était déjà privée de revenus pour financer sa guerre. Bizarrement la guerre se poursuit. Et ce sont les pays de l’UE qui s’appauvrissent.

Et l’on prive Moscou de revenus en lui achetant encore plus de gaz que l’année dernière…

La Kallas sans filtre

Kaja Kallas, chef de la diplomatie de l’UE, découvrant et reprenant à son compte le plan de démantèlement de la Russie, et faisant comme si on y était…

La défaite de la Russie n’est pas une mauvaise chose, parce que, alors, vous savez, il peut y avoir vraiment une chance pour la société. Et, vous savez, il y a de nombreuses différentes nations, aujourd’hui, qui font aussi bien partie de Russie. Je pense que si l’on avait plus, comme, des petites nations, ce n’est pas une mauvaise chose si la grande puissance est réellement beaucoup plus petite.

Mère Ubu Commissaire

Hadja Lahbib, qui est belge bien sûr, est « commissaire européen à la Préparation et à la Gestion des crises ». A priori sa compétence, si tant est qu’elle en ait une, ne s’étend pas aux questions de désinformation. Mais il semble que tous les commissaires doivent être mobilisés contre la libre parole qui pose un problème à la dictature de Bruxelles.

Alors Hadja Lahbib s’y met, elle aussi. Et elle le fait par une interview à… Ukrinform, à savoir l’agence de désinformation du gouvernement ukrainien. La désinformation à gros bouillons, énorme, celle qui faisait croire à Ursule que la Russie était sur les genoux dès 2022, que les Russes volaient les machines à laver pour prendre les puces électroniques, etc.

Voici ce qu’a dit Hadja Lahbib à Ukrinform :

« En cas de pandémie, lorsqu’une personne non vaccinée est contaminée, elle propage le virus et touche de plus en plus de personnes. Il en va de même pour la désinformation. Les personnes qui ne sont pas prêtes à distinguer les faits de la désinformation la répandent parmi d’autres personnes, les “contaminant” également. La désinformation est donc très contagieuse, et la “pandémie” est alors très difficile à arrêter. »

Elle déclare qu’en Belgique les services de renseignement ont appris qu’il y avait eu une « infiltration » ennemie, révélant que certains législateurs « sont liés à l’extrême droite, et alors à la Russie ». « Cela signifie que ces menaces sont partout. Les menaces peuvent venir des médias qui cherchent à semer la confusion, à inciter les gens à une révolution contre le système. » Sic.

Ainsi, à Bruxelles, on s’est rendu compte qu’il fallait « adopter ce que nous appelons le bouclier de la démocratie pour protéger toutes les démocraties d’une influence malveillante ».

Elle a indiqué que l’UE devait renforcer le mécanisme de protection civile existant. A savoir la censure, qu’on ose appeler bouclier de la démocratie. Car « le paysage des menaces évolue constamment et nous devons donc nous adapter pour pouvoir répondre aux menaces hybrides. » Elle peut assurément demander aux Ukrainiens comment on censure efficacement les médias : il suffit d’interdire les médias d’opposition, au nom de la démocratie.