Les enfants de Sirius

Dans le cadre de ma modeste contribution à la recherche et à la localisation des milliers d’enfants ukrainiens kidnappés par Poutine, je signale le grand centre d’éducation et universitaire de Sirius près de Sotchi, où Vladimir Poutine a inauguré vendredi une salle de concert. On peut voir dans la salle de nombreux enfants, dont un certain nombre sont certainement des « Ukrainiens » de Crimée et du Donbass. (Puisque j’ai appris grâce au « rapport » de Yale que les enfants kidnappés sont ceux de ces régions qui vont en vacances ou à l’école en Russie.) – Pour avoir le sous-titrage en français, cliquer sur le rectangle en bas à droite.

L’architecte de la salle de concert est Andrey Litvinov. Lorsque Poutine l’a rencontré il lui a dit : « Bien que vous soyez hirsute, vous faites tout à merveille. Vous êtes quelqu’un de talentueux. C’est formidable que nous ayons autant de personnes talentueuses comme vous. Vous avez quelque chose à montrer au monde. C’est excellent ! »

Le mot pour rire

Vu sur Fdesouche :

La phrase entière est encore plus drôle :

« Que veut-on pour notre pays, avoir des médias souverains et solides qui informent de manière fiable ou bien uniquement des médias d’opinion et des réseaux sociaux qui vampirisent le débat ? »

Les « médias souverains » sont les médias d’Etat en perdition… Et ils l’ont bien cherché. Mais les Veil et autres Ernotte veulent conserver leurs fromages, même pourris…

En Tchéquie

Le parti Le parti d’Andrej Babiš, ANO, a remporté les les élections législatives, avec 34,5% des voix. Ce n’est pas une aussi grande victoire que ce que l’on dit ici et là, puisqu’il n’obtient que 8 députés de plus : ce qui fait 80, sur 200.

Le « populiste » ou « démagogue » Babiš devrait pouvoir former une coalition majoritaire avec « l’extrême droite », comme disent les gazettes, à savoir avec le SPD du nationaliste Tomio Okamura (un vrai Japonais né à Tokyo), et avec le parti des automobilistes proche de l’ancien président Vaclav Havel, donc très europhobe.

Andrej Babiš a déjà été chef du gouvernement de 2017 à 2021, et il ne laisse pas de grands souvenirs. Cela dit, depuis lors, ses députés européens, qui étaient dans le groupe libéral, sont depuis l’an dernier dans le groupe Patriotes, avec ceux d’Orban et ceux du RN – et celui des automobilistes. (Le député SPD est dans le groupe ENS de l’AfD.)

Il est donc vraisemblable, et même probable, que son gouvernement sera nettement eurosceptique, notamment sur l’immigration et l’écologie. En ce qui concerne son attitude concernant l’Ukraine, c’est beaucoup plus flou (volontairement flou pendant sa campagne).

Saint Bruno

Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de divine jouissance à ceux qui les aiment, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience.

Ici en effet, les hommes forts peuvent se recueillir autant qu’ils le désirent, demeurer en eux-mêmes, cultiver assidûment les germes des vertus et se nourrir avec bonheur des fruits du paradis.

Ici on s’efforce d’acquérir cet œil dont le clair regard blesse l’époux d’un amour pur et limpide qui voit Dieu.

Ici on s’adonne à un loisir bien rempli et l’on s’immobilise dans une action tranquille.

Ici Dieu donne à ses athlètes, pour le labeur du combat la récompense désirée : une paix que le monde ignore et la joie dans l’Esprit Saint.

Telle est cette belle Rachel, à l’aspect agréable ; bien qu’elle donnât à Jacob moins d’enfants que Lia, il la préférait à celle-ci, plus féconde, mais au regard obscurci. Les fils de la contemplation sont plus rares en effet que les fils de l’action ; cependant Joseph et Benjamin sont chéris par leur père plus que les autres frères.

Telle est cette meilleure part que Marie a choisie et qui ne sera pas enlevée.

Telle est la belle Sunamite, cette vierge qui seule dans tout le pays d’Israël fut trouvée digne de choyer et réchauffer David devenu vieux. Comme je voudrais, frère très cher, que tu l’aimes par-dessus tout, afin que, réchauffé entre ses bras tu brûles du divin amour. Que cette charité vienne à s’établir en ton cœur et bientôt la gloire du monde, cette caressante et trompeuse séductrice te paraîtrait misérable ; tu rejetterais aisément les richesses dont le souci alourdit l’âme ; tu te dégoûterais des plaisirs, si nuisibles au corps comme à l’esprit.

Extrait de la lettre de saint Bruno à Raoul le Verd (6 et 7)

La chartreuse de saint Bruno en Calabre, d’où il écrivit sa lettre à Raoul Le Verd, dans les dernières années du XIe siècle.

Texte latin :

Quid vero solitudo heremique silentium amatoribus suis utilitatis iucunditatisque divinae conferat, norunt hi soli qui experti sunt.

Hic namque viris strenuis tam redire in se licet quam libet et habitare secum, virtutumque germina instanter excolere atque de paradisi feliciter fructibus vesci.

Hic oculus ille conquiritur, cuius sereno intuitu vulneratur sponsus amore, quo mundo et puro conspicitur Deus.

Hic otium celebratur negotiosum et in quieta pausatur actione.

Hic pro certaminis labore repensat Deus athletis suis mercedem optatam, pacem videlicet quam mundus ignorat, et gaudium in Spiritu Sancto.

Haec est Rachel illa formosa, pulchra aspectu, a Iacob plus dilecta, licet minus filiorum ferax, quam Lia fecundior, sed lippa. Pauciores enim sunt contemplationis quam actionis filii ; verumtamen Ioseph et Beniamin plus sunt ceteris fratribus a patre dilecti.

Haec est pars illa optima quam Maria elegit, quae non auferetur.

Haec est Sunamitis pulcherrima illa, sola in omnibus finibus Israel reperta, quae David virgo foveret senem et calefaceret. Quam tu, mi frater carissime, unice utinam diligeres, ut eius amplexibus fotus, divino caleres amore. Cuius si caritas semel animo tuo insederit, mox illecebrosa illa et blanda deceptrix gloria mundi tibi sorderet, sollicitasque opes, menti sane onerosas, leviter abiiceres, necnon voluptates fastidires, prorsus aeque corpori animoque nocivas.

17e dimanche après la Pentecôte

Les sadducéens acculés au silence, les pharisiens reviennent à la charge. Ils auraient dû pourtant se tenir tranquilles. Les voici qui continuent la lutte des premiers et poussent en avant le docteur de la loi. Ils n’ont nullement l’intention de s’instruire, mais ils s’affairent à tendre un piège. Ils demandent : « Quel est le premier commandement ? » Comme le premier commandement était celui-ci : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu », ils proposent la question dans l’espoir que Jésus leur donnera prise en corrigeant ce commandement pour démontrer qu’il est Dieu. Que fait donc le Christ ? Il veut démasquer le motif de leur conduite : ils n’ont aucune charité, ils se rongent d’envie, ils sont captifs de la jalousie. Alors il dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. C’est là le premier, le grand commandement et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Pourquoi « il lui est semblable » ? Parce que l’un introduit à l’autre qui en reçoit sa structure à son tour. « En effet, tous ceux qui font le mal haïssent la lumière et ne viennent pas à la lumière ». Et encore : « L’insensé a dit en son cœur : Il n’y a pas de Dieu ! ». Et quelle est la conséquence ? « Corrompues et abominables leurs actions ! ». Et encore : « La racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent, et certains pour s’y être laissé prendre, se sont égarés loin de la foi », et « Celui qui m’aime gardera mes commandements », ses commandements et leur chef de file : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même. »

Pourtant si aimer Dieu, c’est aimer le prochain, (« Si tu m’aimes, Pierre, dit-il, conduis mes brebis ») et si aimer le prochain réalise l’observance des commandements, il dit à bon droit : « De ceux-ci dépendent toute la Loi et les Prophètes. » Certes, il agit ici aussi comme il l’avait fait précédemment. Interrogé alors sur la modalité de la résurrection, il a enseigné aussi la résurrection, les initiant à plus qu’ils n’en demandaient. Ici encore, interrogé sur le premier commandement, il exprime aussi le second qui ne s’en écarte guère, puisque le second lui est semblable, leur insinuant qu’à l’origine de leur question, il y avait de la haine, car « la charité n’est pas jalouse ».

Saint Jean Chrysostome, homélie 72 sur saint Matthieu, leçon des matines.