Un procès de la liberté de religion

Le Salon beige répercute un article de Religactu, un site que je ne connaissais pas, sur le procès en cours de la « Famille missionnaire de Notre-Dame », que je ne connais que de nom.

Religactu pointe une « évolution préoccupante du droit pénal appliqué au fait religieux ». Car ici on ne parle ni d’abus sexuels, ni de violences physiques, ni de détournements de fonds. On parle du ressenti d’anciens membres de la communauté. Le ressenti d’un mode de vie exigeant, d’une discipline stricte, d’une séparation radicale avec le monde extérieur…

Bref de ce qui jusqu’ici était le mode de vie normal des monastères.

Religactu commente :

Toute communauté religieuse structurée propose des normes, des interdits, des pratiques contraignantes et une hiérarchie spirituelle. Si ces éléments deviennent, en eux-mêmes, des preuves d’emprise, alors la liberté religieuse n’est plus qu’une liberté conditionnelle, accordée seulement aux croyances jugées « raisonnables » ou « modérées » par les autorités civiles. (…)

En filigrane, c’est une transformation profonde du rapport entre l’État et les religions qui se dessine. La liberté de religion n’est plus conçue comme le droit de croire, de pratiquer et de s’organiser selon ses convictions, mais comme une liberté sous surveillance, subordonnée à une norme implicite de « bonne religion », compatible avec les valeurs dominantes, le confort psychologique et les attentes sociales contemporaines.

Cela me fait penser à l’affaire des bénédictines de Montmartre. Là il y a eu de vrais abus psychologiques, manifestement, et des maltraitances physiques. Mais il n’y a pas eu de procès pénal. Dans un article qui faisait la liste de ce qu’on reprochait à l’ancienne prieure générale, je lisais qu’elle ouvrait le courrier des moniales. Et cela se trouve en effet dans le rapport de la Ciasep, dont les membres sont censés avoir des « compétences canoniques et théologiques ». Ces gens-là ne savent donc rien de la vie monastique. Une fois qu’il a prononcé ses vœux le moine ne dispose plus de lui-même, il doit se désapproprier de lui-même, ce qui passe notamment par une obéissance absolue au père abbé, lequel a notamment le devoir d’ouvrir le courrier (même si en temps normal il ne le lit pas). Que la commission sur les abus spirituels accuse la prieure d’ouvrir le courrier montre que même des « spécialistes » sont atteints par cette dérive que dénonce Religactu.

Et de vrais spécialistes, ou plutôt simplement des gens de bon sens, n’auraient pas gardé dans leur dossier cette plainte d’une religieuse : « J’ai souffert d’être séparée de ma famille »…


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Une réflexion sur “Un procès de la liberté de religion

  1. « Famille missionnaire de Notre-Dame » en Ardèche a subi la persécution et le harcèlement des anti-cléricaux, des écolos-terroristes, des services préfectoraux et même de l’évêque de Viviers lors des demandes de permis de construire de leur église et centre des pèlerins. Comme les arguments des écolos et autres crétins sont débiles, ils ont trouvé des « témoins » pour inventer une « emprise psychologique « . Je conseille à ces petites natures d’essayer de ne pas respecter les règlements d’un parti, d’un syndicat, de l’armée, d’une loge maçonnique, d’une secte protestante, d’un club sportif ou culturel, d’une entreprise. Elles seront virées à coups de pieds avec emprise sur leur postérieur.

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