Si l’on peut parvenir à la vie sans observer les commandements par la foi seule qui sans œuvres est morte, comment se vérifiera-t-elle la parole qu’il dira à ceux qu’il placera à sa gauche : Allez au feu éternel qui a été préparé au diable et à ses anges ? Il ne leur reproche pas de n’avoir point cru, mais de n’avoir point fait de bonnes œuvres. Car précisément, pour que personne ne se promette la vie éternelle, au titre de la foi qui sans œuvres est morte, il a dit qu’il séparerait toutes les nations qui mêlées ensemble jouissaient des mêmes pâturages. Ainsi on les entendrait lui dire : Seigneur quand l’avons-nous vu souffrir tous ces besoins, sans l’avoir servi ? Eux avaient cru en lui, mais ne s’étaient pas préoccupés de faire le bien, comme si au titre de la seule foi morte, on parvenait à la vie éternelle.
Est-ce à dire que ceux-là seuls iront au feu éternel, qui n’ont point fait les œuvres de miséricorde, et qu’ils n’iront pas à ce feu, ceux qui ont pris le bien d’autrui ou qui, en ruinant en eux le temple de Dieu, ont été sans pitié pour eux-mêmes, comme si les œuvres de miséricorde avaient quelque utilité sans la charité ? L’Apôtre nous dit : Si je distribue tous mes biens aux pauvres et que je n’aie pas la charité, cela ne me sert de rien. Comment aimerait-on le prochain comme soi-même, si l’on ne s’aime pas ? Car « qui aime l’iniquité hait son âme » (psaume 10).
Et l’on ne peut pas non plus dire, (en cela plusieurs se séduisent eux- mêmes), que Jésus a parlé d’un feu éternel mais non d’une combustion éternelle. Or, à les en croire, dans le feu éternel ne feront que passer ceux à qui, en raison de leur foi morte, ils promettent le salut par le feu. D’après eux, le feu lui-même serait éternel mais leur combustion, c’est-à-dire l’opération du feu, ne serait pas éternelle pour eux, alors que le Seigneur prévoyant cette erreur a conclu son enseignement en disant : Ceux-ci iront à l’éternelle combustion et les justes à l’éternelle vie. Donc la combustion sera éternelle comme le feu et la Vérité dit que ceux-là y entreront, qu’elle a reconnus non pas sans foi, mais sans bonnes œuvres.
Saint Augustin, leçons des matines (de son livre La foi et les œuvres). En fait Jésus ne dit pas « éternelle combustion » (combustiónem ætérnam). Mais il dit d’abord aux maudits d’aller au « feu éternel » (ignem), puis il dit qu’ils iront au « supplice éternel » (supplicium). La combinaison des deux fait bien une combustion éternelle…
*
• L’introït.
• Le graduel.
• le trait.
• L’offertoire.
• La communion.
• la collecte.
En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.