La persĂ©cution en Ukraine

Un bel aveu du « mĂ©tropolite SimĂ©on de KhmelnytskyĂŻ Â» de l’Eglise Porochenko-CIA-BartholomĂ©e : on manque cruellement de prĂŞtres…

Si les voyous de l’Eglise du pouvoir peuvent « transfĂ©rer Â» de force de nombreuses paroisses de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, ils ne peuvent pas obliger leurs curĂ©s Ă  rejoindre leur structure… De ce fait, se plaint le « mĂ©tropolite SimĂ©on Â», « nous avons une pĂ©nurie de personnel, pour ainsi dire Â», et de nombreux prĂŞtres de l’Eglise du pouvoir sont obligĂ©s de desservir jusqu’à cinq paroisses. « Ils essaient de les visiter toutes le samedi et le dimanche et d’y cĂ©lĂ©brer des offices afin de ne pas priver les fidèles de la prière commune. Ils cĂ©lèbrent une liturgie ici, un office lĂ , une prière ailleurs… Â»

Si les prĂŞtres de l’Eglise orthodoxe ukrainienne refusent de rejoindre l’Eglise du pouvoir, c’est selon lui parce qu’ils « ne veulent pas sortir de leur zone de confort Â». Sic ! Alors il les appelle Ă  « ne pas s’accrocher au manteau puant du patriarcat de Moscou Â».

(NĂ© dans la rĂ©gion de KhmelnytskyĂŻ, il fut sĂ©minariste au grand sĂ©minaire de Moscou puis moine au monastère Danilov de Moscou, avant de devenir Ă©vĂŞque puis mĂ©tropolite en Ukraine, et de trahir son Eglise en dĂ©cembre 2018, espĂ©rant devenir le chef de l’Eglise du pouvoir, mais il n’arriva que deuxième derrière l’autre mĂ©tropolite, « Epiphane Â».)

Merz et les terroristes

Friedrich Merz : « L’Iran est le centre du terrorisme international, et ce centre doit ĂŞtre fermĂ©. Et les AmĂ©ricains et les IsraĂ©liens le font Ă  leur manière. »

C’est Donald Trump (que Merz a rencontrĂ© il y a quelques jours) qui a lancĂ© la guerre au motif que l’Iran Ă©tait un Etat « terroriste Â» et qu’il fallait mettre un terme au « terrorisme Â» iranien, sans donner, et pour cause, le moindre exemple.

Trump, et Merz après lui, reprennent l’accusation qui avait servi de prĂ©texte Ă  la guerre contre l’Irak : l’Irak est un centre terroriste, l’Irak protège et arme al-QaĂŻda. Quand les AmĂ©ricains ont dĂ©truit l’Irak, on a eu la preuve, s’il en Ă©tait besoin, non seulement qu’il n’y avait pas trace d’armes de destruction massive, mais pas trace non plus d’un quelconque soutien Ă  al-QaĂŻda, puisque le rĂ©gime de Saddam Hussein luttait contre tous les mouvements islamistes.

Les mêmes mensonges peuvent donc servir indéfiniment.

On remarque aussi le cynisme de Merz. « Les AmĂ©ricains et les IsraĂ©liens le font Ă  leur manière Â» : ils peuvent se permettre tous les massacres et toutes les destructions, tous les crimes de guerre jusqu’au gĂ©nocide, puisque c’est pour fermer le « centre du terrorisme international Â».

Mais l’Iran n’est pas l’Irak…

Mardi de la troisième semaine de carĂŞme

Le bienheureux cardinal Schuster tire admirablement, en quelques mots, la leçon de l’évangile de ce jour :

La lecture Ă©vangĂ©lique (Matth., XVIII, 15-22) Ă©tablit trois liens puissants qui conservent Ă  l’Église son unitĂ© mystique dans l’amour de Dieu et dans la charitĂ© du prochain. Ce sont : le sacrement de PĂ©nitence, pour la rĂ©mission des pĂ©chĂ©s ; le pardon fraternel des offenses rĂ©ciproques que nous pouvons nous faire les uns aux autres ; la solidaritĂ© de tous les membres du corps mystique de JĂ©sus dans un unique esprit. Le chrĂ©tien n’agit jamais solitairement. En vertu de la communion des Saints, il vit, souffre, prie et agit dans l’Église et avec l’Église, ce qui revient Ă  dire : avec JĂ©sus.

En effet, le sacrement de pĂ©nitence est au cĹ“ur de cette pĂ©ricope sur le pardon des offenses : « Tout ce que vous aurez liĂ© sur la terre sera liĂ© dans le ciel, et tout ce que vous aurez dĂ©liĂ© sur la terre sera liĂ© dans le ciel. Â» La solidaritĂ© du corps mystique, la communion entre les chrĂ©tiens, est exprimĂ©e par ces mots : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, ils l’obtiendront de Mon Père qui est dans les Cieux. Car lĂ  oĂą deux ou trois sont assemblĂ©s en Mon nom, Je suis au milieu d’eux. Â»

Le pardon fraternel Ă©voquĂ© au dĂ©but de cet Ă©vangile (« Si ton frère a pĂ©chĂ© contre toi) trouve sa conclusion avec le cĂ©lèbre dialogue entre Pierre et JĂ©sus :

— Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il aura péché contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ?

— Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.

Ces nombres renvoient Ă  un passage de la Genèse, aux tout dĂ©buts de l’humanitĂ©, quand Lamech, le septième après Adam, chante dans son chant aussi mystĂ©rieux que sauvage : « On vengera sept fois la mort de CaĂŻn, et celle de Lamech soixante-dix fois sept fois. Â»

Jésus renverse la malédiction pour en faire une bénédiction. La vengeance qui en sept générations était passée de 7 fois à 70 fois 7 fois se transforme en pardon, non pas 7 fois selon la générosité de Pierre qui outrepassait déjà celle des scribes, mais 70 fois 7 fois : le cycle de la semaine multiplié par lui-même et multiplié par 10 : indéfiniment. Jésus a rompu le cycle de la vengeance : le Fils de l’Homme est, dans la généalogie de saint Luc, la 70e génération depuis Lamech, la 77e depuis Adam…

Dangereuse gesticulation

Macron Ă  Chypre :

« La prĂ©sence française qui se dĂ©ploiera de la MĂ©diterranĂ©e orientale en mer Rouge et justement au large d’Ormuz, mobilisera huit frĂ©gates, deux portes hĂ©licoptères amphibies et notre porte-avions. (…) Cette mobilisation de notre marine est inĂ©dite. Elle se fait Ă©videmment avec la mobilisation aussi de nos forces aĂ©riennes et terrestres dans la rĂ©gion. Â»

Pour « assurer la libertĂ© de navigation et la sĂ»retĂ© maritime, en MĂ©diterranĂ©e orientale, oĂą nous nous trouvons, en mer Rouge, de Suez Ă  Bab el Mandeb Â»â€¦

Ils tuent aussi les prĂŞtres

Un prêtre maronite, Pierre Raï, a été tué par l’armée la plus morale du monde. Il faisait partie de ces chrétiens qui ont décidé de ne pas quitter le sud du Liban parce qu’ils ne sont pas armés et ne menacent personne.

Les IsraĂ©liens ont tirĂ© un obus sur une maison Ă  l’entrĂ©e du village de Qlaya. Les habitants se sont prĂ©cipitĂ©s pour secourir les Ă©ventuels blessĂ©s : le couple habitant la maison avait Ă©tĂ© touchĂ©. Alors un second obus a Ă©tĂ© tirĂ©. Il y a eu plusieurs blessĂ©s, dont le prĂŞtre, tuĂ© par le second obus.

Le maire du village a dĂ©clarĂ© : « On dit que des groupes se trouvaient dans la maison, mais c’est faux. Ce sont des mensonges. Il n’y avait que les habitants de la maison et des personnes du village venues porter secours aux blessĂ©s. Nous sommes des gens pacifiques et nous ne faisons de mal Ă  personne. Tout ce que nous demandons, c’est de pouvoir rester chez nous en paix. Nous resterons ici et nous ne partirons pas. Nous ne savons pas s’il existe un plan visant Ă  nous dĂ©placer, mais nous resterons sur notre terre et nous ne la quitterons pas. Â»

Le 5 mars, l’agence Fides avait publiĂ© un reportage sur un autre village de la rĂ©gion, Rmeish. Le curĂ© maronite, Toni Elias, dĂ©clarait :

« Ce qui se passe est clair. L’opĂ©ration de l’armĂ©e israĂ©lienne sur le territoire libanais est dĂ©jĂ  en cours. Et dans les villages oĂą vivent les chrĂ©tiens, du moins ceux avec lesquels nous sommes en contact, nous avons choisi de ne pas quitter nos maisons, car il est certain que si nous quittons nos villages, nous ne pourrons peut-ĂŞtre plus y revenir »

« Ă€ Rmeish et dans les villages voisins de Debel et Ain Ebel, nous sommes tous restĂ©s chez nous, tout comme les habitants d’Alma el Shaab et des villages plus Ă  l’ouest. Les druzes sont Ă©galement restĂ©s chez eux. Â»

« Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas de missiles, nous ne reprĂ©sentons un danger pour personne. Nous restons ici en demandant la protection de Dieu. Nous sommes reconnaissants Ă  notre Ă©vĂŞque Charbel Abdallah, au Nonce Apostolique Paolo Borgia et au gĂ©nĂ©ral Diodato Abagnara (le chef de l’opĂ©ration de maintien de la paix des Nations unies dans le sud du Liban), avec lesquels nous sommes en contact permanent et qui nous ont assurĂ©s de leur soutien. Â»

Mais le soutien de l’évêque, du nonce et du général de l’ONU ne pèse rien face à la soldatesque israélienne tout autant antichrétienne qu’antimusulmane.

*

Il est vrai que pendant ce temps-lĂ  le Hezbollah lançait, depuis le Liban, un missile de haute prĂ©cision qui a dĂ©truit un centre de communications satellites tout près de Tel Aviv. Une habitante disait Ă  la tĂ©lĂ©vision i24 qu’il n’y a pas eu de sirènes, juste le bruit du missile faisant exploser les installations. Donc il n’y a plus de radars permettant de prĂ©venir.

Il y a de quoi ĂŞtre Ă©nervĂ©…