Christus factus est pro nobis obœ́diens usque ad mortem, mortem autem crucis. ℣. Propter quod et Deus exaltávit illum : et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ, pour nous, s’est fait obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. ℣. C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom.

Le corps du graduel exprime un amour reconnaissant pour tout ce que le Christ, dans son humiliation, a fait pour nous. Nobis contribue à produire cet effet. Les manuscrits annotés donnent ici à pratiquement chaque note la forme large. L’interprétation de The Caecilia (29, 49ss) semble quelque peu forcée lorsqu’elle considère obédiens comme un mouvement mélodique agité et y voit la répugnance naturelle que le cœur juvénile du Christ ressentait face à la mort et à la terrible agonie qu’Il allait subir. Cette interprétation suggérerait en outre que l’accord majeur résolu sur usque est apaisant, dans la mesure où il réconcilie le Christ avec le terrible devoir que l’obéissance lui impose. La quarte descendante de crucis peut nous aider à visualiser comment le Sauveur, avec le cri : « Père, je remets mon esprit entre tes mains », a incliné la tête et est mort.
Si le corps du graduel racontait ce que le Christ a fait pour nous, alors le verset raconte ce que le Père a fait pour le Christ : « exaltávit illum » – Il l’a exalté. La mélodie ici résonne comme le son des cloches de Pâques, rivalisant avec les joies du ciel. La récitation sur do sur exaltávit et ensuite sur ré sur « dedit illi » donne une forme plus plastique aux neumes qui suivent. Comme dans une sainte protestation, nous anticipons la glorification du nom du Sauveur qui sera si terriblement blasphémé dans les jours suivants, inscription que nous trouverons sur la croix au-dessus de la tête de la Victime. Ici, la mélodie module vers do comme la cadence médiane en psalmodie. La structure psalmodique, d’ailleurs, se trahit par l’intonation au début du verset et par une sorte de flexe sur le la, dernière note de illum. Au début grave avec « quod est », nous nous inclinons avec révérence devant le saint nom de Jésus.
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