Le contrôle numérique annoncé

« L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) vient de publier son projet stratégique pour la période 2026-2028. Trente-trois pages signées par son président Martin Ajdari, qui dessinent sans complexe l’architecture d’un contrôle administratif systématique de l’espace numérique français, à l’approche d’échéances électorales que le régulateur lui-même érige en priorité absolue. Vérification généralisée de l’identité des internautes, supervision algorithmique des grandes plateformes, blocages automatisés sans juge, mise sous surveillance des « créateurs de contenus », coopération renforcée avec les services de renseignement, élargissement permanent du périmètre de la « désinformation » et de la « haine » par voie administrative : derrière l’habillage protecteur — les mineurs, la santé publique, la démocratie —, c’est bien d’un projet de mise en tutelle numérique des Français qu’il s’agit. Décryptage d’un document qui en dit long sur la trajectoire prise par la régulation administrative depuis la fusion CSA-Hadopi de 2022. »

C’est à lire sur Breizh Info.

Le commissaire qui pleurniche

Valdis Dombrovskis, commissaire européen chargé des Affaires économiques :

En ce qui concerne la levée par le Royaume-Uni d’un certain nombre de sanctions contre la Russie dans le secteur énergétique… Eh bien, cela n’a pas été abordé lors de la réunion des ministres des Finances du G7 en début de semaine ; cette décision nous a donc pris par surprise. D'autant plus que nous, au sein du G7, affirmons précisément que ce n'est pas le moment de lever les sanctions contre la Russie, car celle-ci tire profit de la guerre avec l'Iran et engrange des bénéfices considérables grâce à la hausse des prix de l'énergie. Par conséquent, dans la situation actuelle, il est important de maintenir, voire de renforcer les sanctions contre la Russie. Nous continuerons d'insister sur ce point lors de nos réunions avec nos partenaires étrangers, y compris le Royaume-Uni.

Il n’ose même pas dire que les Etats-Unis aussi ont levé des sanctions, avant le Royaume-Uni, et ont prolongé cette décision. Pour l’ancien Premier ministre de Lettonie recasé à Bruxelles (c’est devenu une habitude), les Anglais sont méchants (ouh le Brexit !), mais il ne faut pas énerver Donald Trump…

Routine européenne

Puisque la Hongrie a été normalisée, il ne reste aujourd’hui (pour le moment) que la Slovaquie comme mouton noir de l’UE. Alors le Parlement européen concentre ses tirs sur le gouvernement de l’infâme Fico qui ose même aller serrer la main de Poutine à Moscou.

Le Parlement européen a adopté hier sa deuxième résolution anti-slovaque en moins d’un mois. A une très large majorité : 347 voix sur 537 députés présents.

Il demande à la Commission européenne d’évaluer s’il existe un « risque manifeste de violation grave » des « valeurs de l’UE » et l’exhorte à utiliser « tous les outils d’exécution à sa disposition », y compris le mécanisme de « conditionnalité lié à l’État de droit ». Ce qui à terme permet de suspendre les versements.

Le président de la « Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures » du Parlement européen a qualifié la résolution de « dernier avertissement » adressé à la Slovaquie. Sauf que sa commission n’a strictement aucun pouvoir.

Une démonstration sans objet

Le blog NewLiturgical Movement, excellent au demeurant, commence la publication d’une étude en trois parties, du Polonais Paweł Jarnicki, censée démontrer que c’est l’installation de micros dans les églises qui est responsable de la « réforme » de la messe et de l’abandon du latin.

Subodorant sans doute qu’il y a un hic, Peter Kwasniewski publie la traduction de l’article sous un titre interrogatif. Mais le texte lui-même est très affirmatif. Il entend prouver que Marshal McLuhan avait raison quand il affirmait à propos de la « messe en latin » (à savoir la messe traditionnelle) :

« Beaucoup de gens vont déplorer la disparition de la messe en latin dans l’Église catholique sans se rendre compte qu’elle a été victime de l’installation d’un micro sur l’autel. »

« Le latin n’a pas été victime de Vatican II ; c’est l’introduction du micro qui l’a tué. Beaucoup de gens, y compris la hiérarchie ecclésiastique, ont déploré la disparition du latin sans comprendre qu’elle résultait de l’introduction d’un outil technologique qu’ils avaient accepté avec tant d’enthousiasme. »

Le problème est qu’il n’est pas besoin d’attendre la publication des deux autres parties de l’article, ni même d’aller au bout de la première partie, pour savoir que c’est complètement faux.

Quoi qu’on pense des micros, internet nous montre chaque jour de nombreuses liturgies orientales qui usent, voire abusent, des micros, et qui sont parfaitement traditionnelles. Comme le savent mes lecteurs, chaque dimanche la paroisse athénienne de l’Ascension retransmet depuis longtemps sa divine liturgie, intégralement chantée en grec ancien. Et SoyouzTV, la chaîne de l’Eglise orthodoxe russe, retransmet chaque jour une ou deux divines liturgies intégralement chantées en slavon. Ce ne sont que les deux exemples les plus évidents. De nombreux autres sites, grecs, russes, biélorusses, ukrainiens, bulgares… et celui de la cathédrale Saint-Alexandre-Newski de Paris, retransmettent des divines liturgies officielles qui n’ont pas été « réformées » à cause du micro…

Tous ces sites apportent une preuve massive que le micro est la victime d’une erreur judiciaire… Et il y a assez à faire comme cela sur le plan liturgique pour ne pas aller chercher des arguments dépourvus de toute portée.

« Cinquième férie dans la semaine après l’Ascension »

Tel est l’intitulé liturgique de ce jour depuis 1955. Auparavant (et donc toujours dans mon bréviaire), c’était l’octave de l’Ascension. Et dans le calendrier byzantin c’est toujours la liturgie de l’Ascension, dont la « clôture » est demain. Voici le bref mégalynaire de la divine liturgie (qui comme pour toutes les fêtes est l’hirmos de la 9e ode des matines, et c’est un texte sublime de saint Jean Damascène), chanté par Evanthia Vavoulioti, deuxième chantre de l’église Saint-Georges d’Eleusis. (On reconnaît à sa gauche le deuxième chantre de l’église de l’Ascension d’Athènes Charalampos Kalapanidas.)

Σὲ τὴν ὑπὲρ νοῦν καὶ λόγον Μητέρα Θεοῦ, τὴν ἐν χρόνῳ τὸν ἄχρονον ἀφράστως κυήσασαν, οἱ πιστοὶ ὁμοφρόνως μεγαλύνομεν.

Toi qui, dépassant notre esprit et notre entendement, Mère de Dieu, as enfanté dans le temps l’intemporel d’une manière ineffable, nous, fidèles, d’une seule voix nous te magnifions.

*

Et voici, par la même, in situ, le mégalynaire pascal.

Ὁ ἄγγελος ἐβόα τῇ κεχαριτωμένῃ· Ἁγνὴ Παρθένε, χαῖρε, καὶ πάλιν ἐρῶ· Χαῖρε· ὁ σὸς υἱὸς ἀνέστη τριήμερος ἐκ τάφου.
Φωτίζου, φωτίζου ἡ νέα Ἱερουσαλήμ· ἡ γὰρ δόξα Κυρίου ἐπὶ σὲ ἀνέτειλε. Χόρευε νῦν, καὶ ἀγάλλου Σιών· σὺ δὲ ἁγνή, τέρπου, Θεοτόκε, ἐν τῇ ἐγέρσει τοῦ τόκου σου.

L’Ange du Seigneur cria à la Vierge pleine de grâce : Vierge sainte, réjouis-toi ; je le dis encore, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité du tombeau, le troisième jour.
Resplendis de lumière, nouvelle Jérusalem, car la gloire du Seigneur a brillé sur toi. Exulte et danse de joie, fille de Sion ; réjouis-toi aussi, sainte Mère de Dieu, en ce jour où ressuscite ton Fils.

*

C’est la fête de l’Ascension aujourd’hui dans les Eglises orthodoxes.