Echos de la célébration de la Théophanie, lundi dernier, au monastère Iveron du mont Athos. Avec la procession de l’icône Porte du Ciel et la bénédiction de la mer.
Auteur : Yves Daoudal
Encore un…
Un concert de musique française en Russie, dirigé par un chef français. C’était tout à l’heure à Moscou, salle Zaryadye.
Les Solistes de Moscou sont sous la direction de Clément Nonciaux, qui fut l’un des rares Français à oser aller à Moscou pour le concours Tchaïkovski en 2022, et il remporta le deuxième prix. Depuis lors il a notamment dirigé plusieurs opéras français au « Nouvel Opéra » de Moscou, dont Carmen deux saisons de suite.
Rameau : extraits des Indes galantes. Poulenc : concerto pour orgue (soliste Ivan Tsarev). — Rebel : Le Chaos. Roussel : Sinfonietta. Saint-Saëns : prélude du Déluge. Lully : extraits du Bourgeois gentilhomme.
Il semble qu’il faille donc aller à Moscou pour entendre la musique baroque française jouée normalement (et de façon vivante), et non selon les faux dogmes baroqueux. C’est particulièrement goûteux pour Lully.
Stubb dans le texte
Dans une interview au Washington Post, le président finlandais Alexander Stubb déclare :
« Je crois que l’ADN de la Russie est toujours l’expansion et l’impérialisme. Et je pense que ce qui conduit Poutine est Russkiy Mir – la grande Russie – qui signifie fondamentalement une seule Russie, une seule langue, une seule religion et un seul dirigeant. »
Manifestement le pauvre Stubb confond la Russie avec le troisième Reich dont la Finlande était un des plus solides alliés. « Ein Volk, ein Reich, ein Führer », ce n’est pas du russe… Avant Hitler c’était « Ein Reich, ein Volk, ein Gott », mais ce n’était toujours pas du russe.
Ou plutôt, sans doute, le pauvre Stubb se sert-il du plus piteux argument qui soit, la reductio ad Hitlerum : Poutine c’est Hitler, il a un slogan similaire.
Il ne sait donc pas que dans la Fédération de Russie il y a sept républiques à majorité ou forte population musulmane et une république bouddhiste, il ne sait pas qu’il y a 47 groupes ethniques officiellement reconnus en plus des Russes, 37 langues d’Etats et 17 langues à statut officiel.
Il ne sait pas non plus que Russkiy Mir veut dire « le monde russe », et non la grande Russie. Car précisément l’expression « le monde russe » exprime cette diversité, qui est très présente dans la vie culturelle russe.
Et oui, il y a un seul président russe, comme il y a un seul président finlandais…
Un procès de la liberté de religion
Le Salon beige répercute un article de Religactu, un site que je ne connaissais pas, sur le procès en cours de la « Famille missionnaire de Notre-Dame », que je ne connais que de nom.
Religactu pointe une « évolution préoccupante du droit pénal appliqué au fait religieux ». Car ici on ne parle ni d’abus sexuels, ni de violences physiques, ni de détournements de fonds. On parle du ressenti d’anciens membres de la communauté. Le ressenti d’un mode de vie exigeant, d’une discipline stricte, d’une séparation radicale avec le monde extérieur…
Bref de ce qui jusqu’ici était le mode de vie normal des monastères.
Religactu commente :
Toute communauté religieuse structurée propose des normes, des interdits, des pratiques contraignantes et une hiérarchie spirituelle. Si ces éléments deviennent, en eux-mêmes, des preuves d’emprise, alors la liberté religieuse n’est plus qu’une liberté conditionnelle, accordée seulement aux croyances jugées « raisonnables » ou « modérées » par les autorités civiles. (…)
En filigrane, c’est une transformation profonde du rapport entre l’État et les religions qui se dessine. La liberté de religion n’est plus conçue comme le droit de croire, de pratiquer et de s’organiser selon ses convictions, mais comme une liberté sous surveillance, subordonnée à une norme implicite de « bonne religion », compatible avec les valeurs dominantes, le confort psychologique et les attentes sociales contemporaines.
Cela me fait penser à l’affaire des bénédictines de Montmartre. Là il y a eu de vrais abus psychologiques, manifestement, et des maltraitances physiques. Mais il n’y a pas eu de procès pénal. Dans un article qui faisait la liste de ce qu’on reprochait à l’ancienne prieure générale, je lisais qu’elle ouvrait le courrier des moniales. Et cela se trouve en effet dans le rapport de la Ciasep, dont les membres sont censés avoir des « compétences canoniques et théologiques ». Ces gens-là ne savent donc rien de la vie monastique. Une fois qu’il a prononcé ses vœux le moine ne dispose plus de lui-même, il doit se désapproprier de lui-même, ce qui passe notamment par une obéissance absolue au père abbé, lequel a notamment le devoir d’ouvrir le courrier (même si en temps normal il ne le lit pas). Que la commission sur les abus spirituels accuse la prieure d’ouvrir le courrier montre que même des « spécialistes » sont atteints par cette dérive que dénonce Religactu.
Et de vrais spécialistes, ou plutôt simplement des gens de bon sens, n’auraient pas gardé dans leur dossier cette plainte d’une religieuse : « J’ai souffert d’être séparée de ma famille »…
Continuité bergoglienne
Le pape a nommé lundi 19 nouveaux consultants au dicastère pour le Dialogue interreligieux. LifeSiteNews a noté que parmi eux se trouvent ces quatre femmes :
Emilce Cuda, qui est déjà secrétaire de la Commission pontificale pour l’Amérique latine. En 2020 elle disait dans une interview qu’elle ne faisait pas de commentaire sur l’avortement parce qu’elle est « spécialisée en morale sociale et non en bioéthique ». Lors de l’annulation par la Cour suprême américaine de l’arrêt Roe contre Wade elle déclarait que de nombreux catholiques « confondent la défense de la vie avec la défense de positions idéologiques » et soulignait que la dignité humaine ne devait pas être réduite aux seules questions de l’avortement et de l’euthanasie. Elle est proche de la « théologie du peuple ».
Mónica Santamarina, figure de proue de l’Union mondiale des organisations féminines catholiques (WUCWO). Dans une interview au quotidien de la Conférence épiscopale italienne, Avvenire, elle saluait le pape François comme un « champion » de l’inclusion pour avoir nommé des femmes à des postes de haut niveau au Vatican, tout en affirmant que le cléricalisme persiste encore beaucoup, surtout au niveau local ».
Ana María Bidegain, présidente d’une confédération de mouvements laïcs appelée Pax Romana. Dans une interview en juin elle déclarait : « Notre grand défi est de savoir comment aider à articuler et à construire l’Église synodale. » Elle disait aussi que que « sans le travail des laïcs, la théologie de la libération n’aurait jamais vu le jour ».
Sofía Nicolasa Chipana Quispe, de Bolivie, est associée à la théologie indigène, féministe et décoloniale et est membre de la Communauté des femmes théologiennes indigènes d’Abya Yala, qui est le nom indigène de la région de l’Amérique latine et des Caraïbes. Elle a été présentée par le Conseil œcuménique des Églises (dont l’Eglise catholique ne fait pas partie) comme « une voix majeure d’une théologie indigène qui valorise la dignité et le caractère sacré de la vie sur terre et le respect de toutes les formes de vie ». Elle parle de la spiritualité andine comme étant « inconditionnellement liée à Pachamama, la Terre Mère ».