Démocratie lettone

Le député letton Alexei Roslikov a été arrêté ce matin et placé en détention pendant que la police perquisitionnait son domicile et ses bureaux. Il a reçu le statut de « suspect » dans le cadre de l’enquête ouverte contre lui pour « incitation à la haine ethnique » et « assistance à l’Etat agresseur », et il a été remis en liberté, avec interdiction de quitter le territoire.

Alexei Roslikov avait été expulsé du Parlement letton le 5 juin pour avoir critiqué à la tribune un nouveau projet de loi contre la langue russe et avoir terminé son intervention en russe en faisant un bras d’honneur.

Le drapeau interdit

La préfecture de la Seine-Saint-Denis demande au maire de Saint-Denis de retirer le drapeau palestinien hissé sur la façade de l’hôtel de ville, au motif que cela contrevient au « principe de neutralité des services publics ».

Certes, seuls des drapeaux français (de la République française et de la région) devraient pouvoir être visibles sur les mairies. Mais il est ahurissant de prétendre qu’un drapeau palestinien contrevient au « principe de neutralité des services publics » quand d’innombrables mairies arborent un drapeau ukrainien depuis trois ans…

Chisinau euro-LGBT

La « parade Pride » non officiellement autorisée des militants LGBT moldaves avait lieu hier à Chisinau. Par ailleurs était organisée une « marche de la famille » qui s’est terminée à la cathédrale orthodoxe. Signe des temps, celle-ci était organisée par le parti… socialiste, le parti… communiste, le parti de l’avenir de la Moldavie et autres formations d’opposition, avec la participation de deux anciens présidents, d’un ancien Premier ministre, de députés, de prêtres…

Des fidèles orthodoxes, dont des prêtres, ont tenté de barrer la route à la « parade pride » non autorisée. La police est intervenue de façon ultra-violente, façon police de Valls gazant les militants de la vie, ou police de Castaner contre les gilets jaunes. Une police déjà bien européenne pour faire respecter les « valeurs de l’Europe » et montrer que la Moldavie mérite d’entrer dans l’UE.

L’ancien président Igor Dodon écrit :

« Au lieu d’assurer l’ordre public, la police a en fait accompagné et protégé la marche illégale, tandis que des citoyens orthodoxes pacifiques – des membres du clergé, des femmes et des enfants – ont été victimes de violences. Voici quelques-uns des actes scandaleux commis par la police : un membre du clergé a été jeté sur le bitume. Un père portant un enfant dans ses bras a été renversé et l’enfant a heurté le sol avec sa tête. Des participants pacifiques à la procession ont été battus et arrêtés sans motif… Il s’agit d’une violence à motivation politique, d’un abus de pouvoir flagrant, d’un acte cynique de répression contre les croyants et d’une démonstration du vrai visage du régime Sandu : dictatorial, antireligieux et totalitaire. Nous exigeons une enquête immédiate sur tous les cas d’abus de pouvoir commis par les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. Toutes les victimes de violences policières bénéficieront d’une assistance juridique gratuite avec le soutien des socialistes. »

L’ancien procureur général Alexandr Stoianoglo a ouvertement accusé les autorités du pays d’opprimer les citoyens ordinaires dans le seul but de s’attirer les faveurs de Bruxelles. « Nous ne sommes contre les droits de personne, a-t-il déclaré. Mais dans un pays où les familles nombreuses se tournent vers Facebook pour obtenir une aide financière pour acheter des médicaments, et où les jeunes partent par désespoir, il est inapproprié d’élaborer des politiques qui servent des intérêts extérieurs. »

Ilan Shor, président du bloc Victoire : « Le monde entier peut en être témoin aujourd’hui. Sous les ordres d’un régime inhumain, la police arrache de force un jeune enfant à son père, frappe la tête de l’enfant contre le bitume, jette un prêtre à terre et arrête violemment des citoyens pacifiques pris pour cible uniquement parce qu’ils défendent les valeurs traditionnelles et s’opposent à la propagande LGBT, ce qui est un acte héroïque dans la Moldavie d’aujourd’hui. ».

De la férie

A Tarse, en Cilicie, saint Cyr et sa mère Julitte, martyrs, sous l’empereur Dioclétien. Cyr, enfant de trois ans, voyant sa mère cruellement frappée à coups de nerf de bœuf, en présence du préfet Alexandre, pleurait sans vouloir s’apaiser : on l’assomma contre les marches du tribunal. Quant à Julitte, après une rude flagellation et d’atroces tourments, elle eut la tête tranchée, et parvint ainsi au terme de son martyre.

Telle est la troisième notice du martyrologe de ce jour. Malgré la grande popularité de ces saints au moyen âge (rien qu’en France il y a 43 localités qui portent le nom de saint Cyr, et davantage encore d’églises qui portent les deux noms de Cyr et Julitte, dont la cathédrale de Nevers), ils n’ont pas de fête dans le calendrier général latin.

Ils l’ont en revanche dans le calendrier byzantin, au 15 juillet. En Russie, saint Vladimir, fêté le même jour, leur fait de l’ombre au point de les occulter, mais les icônes de « saint Kirik et sainte Julitta » sont cependant courantes. Souvent très simples, comme celle-ci :

On trouve le même schéma dans cette icône ancienne, avec la vie des martyrs tout autour :

Et il y a la superbe fresque de Dionisios (1502) qui fait partie des 600 mètres carrés peints par maître Denys et son équipe au monastère de Ferapontov (Vologda).

Grossière intimidation

Le patriarche Cyrille s’est rendu hier à Kaliningrad, où il a présidé une réunion du clergé orthodoxe (il est toujours le métropolite en titre de Kaliningrad, à la demande des fidèles quand il a été élu patriarche). Pendant le vol qui l’y amenait, un F-16 s’est approché de l’avion de façon menaçante. Le patriarche y a fait allusion à la fin de son discours :

Je voudrais vous remercier, Votre Éminence, Messeigneurs, et vous tous, mes chers frères et sœurs, pour votre travail ici, à la frontière occidentale de la Russie. Et encore et encore, bien que je l’aie dit à maintes reprises, je voudrais vous dire l’importance de votre ministère : vous êtes face aux forces qui ne veulent pas le bien de la Russie.

Je dirai même une chose quelque chose d’aussi simple que ceci : voici le patriarche à bord d’un avion de ligne. Pourquoi envoyer des avions de chasse de l’OTAN à sa rencontre ? Quel danger peut représenter le patriarche qui se rend auprès de son troupeau ? Et soudain, un F-16 apparaît, une redoutable machine de l’OTAN, et s’approche de plus en plus de l’avion du patriarche.

C’est la question posée aux politiciens occidentaux : Pourquoi faites-vous cela ? Vous ne ferez pas peur au patriarche, c’est certain ! Pour provoquer un conflit qui pourrait faire des victimes ? Mais cela revient à provoquer une aggravation du conflit entre l’Est et l’Ouest.

En d’autres termes, de telles forces existent en Occident. Mais nous ne devons pas suivre les bellicistes. Nous devons suivre notre propre voie civilisationnelle – une voie attrayante, croyez-moi, pour de nombreuses personnes dans le monde. Il s’agit d’un mode particulier de développement de la civilisation. Lorsque nous combinons le spirituel et le matériel, lorsque nous combinons les réalisations de la science avec la piété, lorsque nous construisons des églises parallèlement à la construction de divers types d’installations – scientifiques, techniques, militaires… Je vous le dis franchement : cela n’existe nulle part dans le monde aujourd’hui. Il n’y a pas de construction massive d’églises chrétiennes, et les pays occidentaux « éclairés » ne peuvent même pas imaginer qu’il puisse en être ainsi. Dans notre pays, cela se fait naturellement – personne ne force personne, mais nous faisons ce que nous avons à faire, conscients de l’importance de renforcer le pouvoir spirituel de notre peuple. Et le principal facteur de renforcement de la force spirituelle est la foi orthodoxe, que nous devons servir jusqu’à la fin de notre vie terrestre.

Le patriarche Cyrille célébrait ce matin la divine liturgie à la cathédrale orthodoxe de Kaliningrad (archi-comble). Les chœurs étaient particulièrement énergiques (notamment celui des séminaristes)…