La Très Sainte Trinité

La liturgie byzantine célèbre la Sainte Trinité le jour de la Pentecôte. Voici un document historique : le chant du doxastikon des vêpres, par Thrasyvoulos Stanitsas en la basilique de la Sainte-Trinité de Chalcédoine, en 1960.

Thrasyvoulos Stanitsas, né en 1910 à Constantinople, mort en 1987 à Athènes, fut le « protopsalte de la Grande Eglise » (premier chantre du patriarcat de Constantinople) de 1960 à 1964, date à laquelle il fut expulsé de Turquie.

Chalcédoine est aujourd’hui le quartier d’Istanbul appelé Kadikoï. Le diocèse, élevé au rang de métropole lors du Concile portant son nom (en 451), comptait encore 38 paroisses au début des années 1920. Les diverses mesures anti-grecques (la dernière en 1964) l’ont dépeuplé. Il reste le dernier diocèse dépendant du patriarcat de Constantinople en Asie mineure. Le « métropolite de Chalcédoine » porte un titre très prestigieux mais n’a plus qu’une poignée de fidèles. La basilique de la Sainte Trinité n’est ouverte que le dimanche matin.

La partition a été réalisée d’après le chant par Giorgios Dovoulos, professeur de musique byzantine et chantre lui-même. La voix aiguë qu’on entend et dont on se passerait volontiers est celle qui annonce le texte qui va être chanté, au fur et à mesure. Une vieille tradition grecque qui n’a plus guère de raison d’être depuis qu’il y a des livres…

Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι. Καὶ νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Δεῦτε λαοί, τὴν τρισυπόστατον Θεότητα προσκυνήσωμεν, Υἱὸν ἐν τῷ Πατρί, σὺν ἁγίῳ Πνεύματι· Πατὴρ γὰρ ἀχρόνως ἐγέννησεν Υἱόν, συναΐδιον καὶ σύνθρονον, καὶ Πνεῦμα ἅγιον ἦν ἐν τῷ Πατρί, σὺν Υἱῷ δοξαζόμενον, μία δύναμις, μία οὐσία, μία Θεότης, ἣν προσκυνοῦντες πάντες λέγομεν· Ἅγιος ὁ Θεός, ὁ τὰ πάντα δημιουργήσας δι’ Υἱοῦ, συνεργίᾳ τοῦ Ἁγίου Πνεύματος, Ἅγιος ἰσχυρός, δι’ οὗ τὸν Πατέρα ἐγνώκαμεν, καὶ τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον ἐπεδήμησεν ἐν κόσμῳ, Ἅγιος ἀθάνατος, τὸ Παράκλητον Πνεῦμα, τὸ ἐκ Πατρὸς ἐκπορευόμενον, καὶ ἐν Υἱῷ ἀναπαυόμενον, Τριὰς ἁγία, δόξα σοι.

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Venez, tous les peuples, adorons en trois personnes l’unique Dieu: le Fils dans le Père avec le saint Esprit; car le Père engendre le Fils hors du temps, partageant même trône et même éternité, et l’Esprit saint est dans le Père, glorifié avec le Fils: une seule puissance, une seule divinité, un seul être devant qui nous tous, les fidèles, nous prosternons en disant: Saint Dieu qui as tout créé par le Fils avec le concours du saint Esprit, Saint fort par qui le Père nous fut révélé et par qui le Saint-Esprit en ce monde est venu; Saint immortel, Esprit consolateur qui procèdes du Père et reposes dans le Fils, Trinité sainte, gloire à toi.

Le lectionnaire de la néo-liturgie

L’un des principaux arguments des novateurs est que le « lectionnaire » est beaucoup plus fourni dans la néo-liturgie et donc que les fidèles bénéficient d’une plus grande quantité de lectures bibliques. Ce principe est d’abord anti-liturgique, car la liturgie n’est pas un enseignement biblique, c’est un culte que l’Eglise rend à Dieu. Ensuite, comme il était à prévoir, le texte biblique est abondamment censuré. On en a retiré ce qui ne convient pas à l’homme moderne, conformément aux principes explicitement affirmés par les fabricants, ce qui donne lieu à d’invraisemblables dentelles de textes pleins de trous, comme pour les psaumes de ce qui reste de l’office. Par exemple « Isaïe 61:1-3a.6a.8b-9 » ou « 2 Samuel 7:4-5a.12-14a.16 »… « a » et « b » (voire « c ») indiquent qu’on coupe le verset en deux (voire en trois), pour ne garder que ce qui convient à l’homme moderne.

Agnieszka Fromme, docteur en théologie, a étudié de près les différences entre les deux lectionnaires. Plusieurs de ses observations ont déjà été faites, mais son étude est systématique. Le blog New Liturgical Movement a publié l’article qui comporte le relevé qu’elle a fait. Ce relevé est précédé d’une longue introduction narrant l’histoire du lectionnaire et rappelant les fondements de la théologie catholique, et suivi d’une conclusion qui synthétise ses observations. On trouvera ci-dessous la traduction du relevé. Ce sera un nouveau chapitre de mon texte sur « la réforme liturgique, en quoi elle est irrecevable » (ci-contre, en haut de la colonne de droite).

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Détourner l’opéra russe

Au lieu d’interdire les opéras russes (puisqu’il y en a qui trouvent que ce n’est pas bien), on peut les détourner et les faire participer à la propagande russophobe. C’est ce qui se fait avec Boris Godounov à l’Opéra national d’Amsterdam.

Garantie de véracité : le metteur en scène est russe : Kirill Serebrennikov. Evidemment fanatiquement anti-Poutine.

Il centre l’œuvre non sur le rôle titre (Boris Godounov Poutine) mais sur « le peuple » (opprimé par Poutine) :

Le décor conçu par le metteur en scène lui-même exprime cette prédominance de façon impressionnante : vue en coupe d’un immeuble en béton typique de l’ère soviétique, dont chacun des dix-huit carrés abrite, à l’ombre de téléviseurs allumés sur la même chaîne diffusant la propagande du pouvoir, la vie d’une famille, comme autant de reflets, souvent tragiques, de la Russie d’aujourd’hui.

Le pire est que l’ahuri qui a pondu l’article (dans Diapason, le seul magazine de musique classique qui reste) doit vraiment croire ce qu’il écrit : les Russes d’aujourd’hui vivent dans des cubes de béton soviétiques, regardent tous la même chaîne de télévision et ont une vie souvent tragique…

Toutefois la réussite n’est pas totale. A cause notamment du « Boris Godounov en costume bleu et cravate rouge, évoquant davantage Donald Trump que Vladimir Poutine ». Et le faux Dimitri « n’est plus qu’un livreur de repas à domicile » dans l’acte polonais qui est un « fantasme télévisuel américain ».

Pour qu’on comprenne bien qu’il s’agit d’une dénonciation de la Russie soviétique de Poutine, on a ajouté des textes parlés, au début et entre les actes : des propos de dissidents lors des procès de l’ère communiste…

Ukraine LGBT

La « gay-parade » comme ils disent a eu lieu ce matin à Kiev. On voit qu’il y avait deux grands drapeaux de l’UE en tête. Car le culte LGBT est en effet en tête des « valeurs de l’Europe ». Il est amusant de voir aussi que le drapeau ukrainien qui orne la banderole, à droite, est inverti. Euh, je veux dire : à l’envers.

La persécution dans le Michigan

L’archevêque de Detroit, Mgr Weisenburger, interdit la messe traditionnelle à partir du 1er juillet dans la dizaine de paroisses où elle était célébrée. Comme de nombreux autres, il se conforme strictement à Traditionis Custodes et met fin aux dérogations qui avaient été accordées de manière provisoire.

La messe traditionnelle ne pourra plus être célébrée que dans une église de Détroit et dans trois chapelles situées au sud, au nord-ouest et au nord-est du diocèse. Le seul véritable sanctuaire sera l’église Saint-Joseph de Detroit tant que l’évêque y tolèrera l’Institut du Christ Roi…

Pour faire bonne mesure, l’archevêque interdit aussi que la messe moderne soit célébrée ad orientem, et il ordonne que les églises qui n’ont pas encore un autel indépendant en aient un dans les « 180 jours » (sic).

Donald Trump prône la liberté religieuse, mais pas l’archevêque de Detroit.