La fausse humilité jusque dans la mort

Lu sur Rorate Caeli

Le prix de l’humilité : la destruction d’une porte importante
datant du début du XVIIe siècle à Sainte-Marie-Majeure

Il faut beaucoup de destruction pour cadrer avec l’humilité. L’humilité performative, bien sûr.

Alors qu’il y a tant de cryptes et d’endroits modestes où être enterré à Rome, le pape le plus humble qui ait jamais existé, peut-être l’un des hommes les plus humbles qui aient jamais foulé cette terre, a fait détruire une porte importante et magnifique, avec toutes les pierres précieuses incrustées, afin d’y installer son humble tombeau gigantesque.

Le magnifique passage en matériaux anciens, datant du pontificat de Paul V Borghese (1605-1621) – grand mécène de la beauté qui, entre autres œuvres, a apporté la touche finale à la basilique Saint-Pierre – a été remplacé par une boîte ayant tout le charme des toilettes d’un aéroport moderne.

Quoi qu’il en soit, la fausse humilité a un prix. Elle est très, très coûteuse et destructrice.

Saint Paul de la Croix

Cet apôtre des temps modernes, puissant en œuvres et en paroles, et qui renouvela dans ses prédications les prodiges des premières années de l’Église, passa au Seigneur le 18 octobre 1775, et fut enseveli dans le Titre de Pammachius où, aujourd’hui, l’on célèbre sa fête solennelle. Toutefois comme le 18 octobre est consacré à saint Luc, Pie IX décréta que la mémoire de saint Paul de la Croix serait célébrée dans toute l’Église à la date du 28 avril. C’était en 1869, époque où la tradition liturgique romaine était peu étudiée, et, dans la pratique, était négligée. Et c’est ainsi que la messe de saint Vital, que portent tous les anciens documents, et qui appartient vraiment au fond liturgique traditionnel de la Ville éternelle, disparut ; on ne conserva que sa commémoraison.

La messe de saint Paul, considérée sous le rapport de sa composition, a tous les mérites et tous les défauts des messes modernes. Son rédacteur n’a tenu aucun compte du caractère musical et psalmodique des antiennes et des répons de l’introït, de l’offertoire, etc., toutes choses qu’il ignorait probablement. Il a donc glané tout simplement, dans les épîtres de saint Paul et de saint Pierre, des textes relatifs à Jésus Crucifié, et il les a habilement disposés, à la manière d’une mosaïque, dans sa composition. C’est ainsi que dans le graduel on va de la lettre aux fidèles de Galatie à celle aux Corinthiens, de celle-ci à la secunda Petri ; dans le Trait, on va de Pierre aux Corinthiens, puis aux Hébreux, oubliant totalement qu’il s’agit de parties liturgiques rythmiques et musicales de leur nature. En compensation, la composition respire l’amour et excite à la dévotion envers la Passion du Sauveur.

Bienheureux cardinal Schuster

• Sur sa vocation et sa tunique (selon lui-même), voir ici.

Dimanche in albis

Comme je le disais hier, le graduel est désormais remplacé par un alléluia. Voici les deux alléluias de ce dimanche.

Le premier reprend ce qu’avait dit le Christ à ses apôtres au mont des Oliviers avant la Passion : « Postquam autem resurrexero praecedam vos in Galileam », et que l’ange rappelle aux myrophores dans le tombeau vide. La mélodie souligne fortement « praecedam », tout en haut du mode : le Christ précèdera ses apôtres dans la Galilée des nations, c’est lui qui évangélisera.

Le second annonce l’évangile qui va être chanté. Il culmine sur « Pax vobis » qui reprend le jubilus de l’alléluia : c’est la paix joyeuse du Royaume, que le prêtre souhaite et offre plusieurs fois à tous les fidèles dans la divine liturgie byzantine (seulement l’évêque dans la liturgie latine).

Par les Pères du Saint Esprit de Chevilly, en 1957.

Allelúia, allelúia. In die resurrectiónis meæ, dicit Dóminus, præcédam vos in Galilǽam. Allelúia.
Allelúia. Post dies octo, jánuis clausis, stetit Jesus in médio discipulórum suórum, et dixit : Pax vobis. Allelúia.

Alléluia, alléluia. Au jour de ma résurrection, dit le Seigneur, je vous précéderai en Galilée.
Alléluia. Huit jours après, les portes étant fermées, Jésus se tint au milieu de ses disciples et dit : la paix soit avec vous. Alléluia.

L’aventure de Koursk, c’est fini

Dmitri Peskov a annoncé que le dernier village encore occupé par les soldats ukrainiens dans la région de Koursk, Gornal, a été libéré.

Le général Gerasimov a fait ouvertement mention de soldats de Corée du Nord qui se sont « battus côte à côte avec les soldats russes pour repousser l’incursion ukrainienne ».

Selon lui l’armée ukrainienne a perdu plus de 76.000 soldats (morts ou blessés) dans l’aventure, et plus de 7.700 systèmes d’armement.

L’armée russe ayant profité de la retraite ukrainienne pour passer la frontière, elle contrôle désormais une « zone de sécurité » de quelque 90 km2 dans l’oblast de Soumy.

Zelensky entendait se servir de ses conquêtes dans l’oblast de Koursk comme monnaie d’échange, c’est le contraire qui se passe…

Rappel.

Zelensky à Ramstein le 9 janvier dernier :

« L’opération de Koursk est devenue l’une des plus grandes victoires de toute la guerre. »

Il y a 80 ans

Le 26 avril 1945, le journal ukrainien Trident titrait :

La victoire sera remportée
Le Dr Goebbels à propos de la situation actuelle

C’était quatre jours avant le suicide d’Hitler.

Une semaine plus tôt, le 19 avril, le même journal avait titré :

A l’heure actuelle, le génie d’A. Hitler emportera la décision
Les peuples d’Europe regardent le Führer avec confiance.

Les dirigeants ukrainiens d’aujourd’hui sont ouvertement des dévots des dirigeants nazis ukrainiens de 1945, dont ils ont adopté le salut officiel établi sous la houlette du IIIe Reich en avril 1941 à Cracovie : « Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros ». Et la plus grande avenue de Kiev porte le nom de Bandera depuis 2022.

On se demande ce que vont célébrer les membres des gouvernements qui se rendent à Kiev le 9 mai…