Samedi de la troisième semaine de carême

« Jésus se rendit au Mont des Oliviers », au mont fertile, au mont du parfum, au mont de l’onction. Où convenait-il au Christ d’enseigner sinon sur le Mont des Oliviers ? En effet, le nom Christ vient de ‘chrisma’ et le mot ‘chrisma’, en grec, correspond au latin ‘unctio’, onction. Ainsi donc le Christ nous a oints parce qu’il a fait de nous des lutteurs contre le démon. « Mais, dès l’aurore, il revint dans le Temple et tout le peuple se rassembla autour de lui. S’étant assis, il les enseignait. » Et l’on ne mettait pas la main sur lui parce qu’il ne consentait pas encore à souffrir. Considérez maintenant sur quel point la mansuétude du Seigneur fut mise à l’épreuve par ses ennemis.

« Les scribes et les pharisiens lui amenèrent alors une femme surprise en adultère. Ils la mirent bien au milieu et dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise à commettre l’adultère. Dans la Loi, Moïse a commandé de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve afin de pouvoir l’accuser. » L’accuser de quoi ? Est-ce lui qu’ils avaient surpris dans quelque crime ou cette femme passait-elle pour avoir quelque rapport avec lui ?

Comprenons, mes frères, l’admirable mansuétude qui était dans le Seigneur. Ils ont remarqué qu’il était d’une extrême douceur, d’une extrême mansuétude. C’est de lui qu’il avait été dit autrefois : « Ceins ton épée à ton côté, tout-puissant. Dans ton éclat et ta beauté, avance, triomphe et règne pour la vérité, la mansuétude et la justice. » (Accingere gladio tuo super femur tuum, potentissime. Specie tua et pulchritudine tua intende, prospere procede, et regna, propter veritatem, et mansuetudinem, et justitiam – psaume 44.)

Il a donc apporté la vérité comme docteur, la mansuétude comme libérateur, la justice comme juge. C’est à cause de cela qu’il devait régner, selon que dans l’Esprit-Saint le prophète l’avait prédit. Lorsqu’il parlait, on reconnaissait la vérité ; lorsqu’il restait sans s’émouvoir face à ses ennemis, on louait la mansuétude. Ses ennemis donc, torturés par la jalousie et l’envie, au sujet de ces deux vertus, la vérité et la mansuétude, placèrent un piège dans la troisième, la justice.

Saint Augustin, tractatus 33 sur saint Jean, leçons des matines. On peut lire la suite ici.

Sur le parallèle entre les deux lectures de la messe de ce jour.

• Sur l’histoire de Suzanne.

Une demande d’explication

Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères, sur X :

Lorsque nous avons appris que Bruxelles proposait un kit de survie de 72 heures aux Européens, nous avons pensé qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Hadja Lahbib* a même montré quoi mettre dans le sac. Mais pourquoi, au XXIe siècle, les citoyens de l’UE devraient-ils préparer un kit de survie ? Il n’y a qu’une seule explication : Bruxelles se prépare à la guerre. Alors qu’il existe enfin une réelle chance de cessez-le-feu et de pourparlers de paix significatifs avec le retour de Donald Trump, Bruxelles va dans la direction opposée, s’accrochant à une politique belliciste qui a échoué. Pourquoi ? Parce que tant que la guerre continue, les politiciens européens pro-guerre peuvent éviter d’assumer la responsabilité de trois années d’échec et éviter de répondre à une question extrêmement gênante : où est l’argent qui a été envoyé en Ukraine ? Nous demandons à la Commission européenne d’expliquer pourquoi elle se prépare à la guerre et non à la paix.

* « Commissaire européen à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises » (née en Belgique dans une famille algérienne).

Tuez-la !

Soutien public à l’agression russe et au meurtre de citoyens ukrainiens.
Atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Violation consciente de la frontière de l’Ukraine dans le but de pénétrer sur son territoire.
Activité commerciale illégale dans les territoires ukrainiens occupés par les envahisseurs russes.
Participation à des activités de propagande anti-ukrainienne de la Russie (pays agresseur) contre l’Ukraine.
Actrice russe.
Date de naissance : 17.08.2010
Passeport : 6083 473871
Informations :
A participé à un événement de propagande anti-ukrainienne à Artek en Crimée occupée.
Le Centre « Myrotvorets » demande aux autorités chargées de l’application de la loi de considérer cette publication sur le site web comme une déclaration concernant la commission par ce citoyen d’actes conscients contre la sécurité nationale de l’Ukraine, la paix, la sécurité de l’humanité et l’ordre public international, ainsi que d’autres infractions.

*

Elle s’appelle Iekaterina Temnova. Elle a 14 ans. Elle vient d’être inscrite sur le registre ukrainien Myrotvorets, qui liste les « ennemis de l’Ukraine » à supprimer par tous les moyens (et quand c’est fait, un tampon rouge et rougeoyant de flammes barre la fiche de l’« éliminé »).

La raison de cette inscription est que Iekaterina Temnova a prononcé l’allocution d’ouverture, le 17 mars, d’un des événements qui rythment cette année le 100e anniversaire du camp Artek en Crimée. Or elle est connue comme la vedette d’une série de films intitulés Manyounya, nom de l’héroïne qu’elle incarne, d’après des livres pour enfants.

Iekaterina Temnova est aujourd’hui la plus jeune victime de Myrotvorets. Mais pas la plus jeune au moment de son inscription : ce record est détenu par Faina Savenkova, qui avait 12 ans quand elle fut dénoncée en 2020 pour avoir écrit des textes très remarqués sur le Donbass (une anthologie a été publiée en français en 2023 sous le titre Donbass mon amour, Donbass ma souffrance).

On rappellera que Myrotvorets, ce fleuron de la démocratie ukrainienne qui a une adresse en Pologne et une adresse aux Etats-Unis au siège de la CIA, est un mot qui signifie « pacificateur », artisan de paix (c’est le mot des Béatitudes).

Artek, fondé en 1925 comme un camp d’été de quelques tentes pour enfants malades, devint la plus importante colonie de vacances des « pionniers » soviétiques. Après la chute de l’URSS il devint ukrainien, et périclita, au point qu’il faillit disparaître en 2009. Il redevint russe en 2014, et entre 2014 et 2021 quelque 300 millions d’euros de travaux en ont fait un grand centre ultramoderne de dix camps sur 216 hectares accueillant 3.500 enfants pour des séjours de trois semaines. Se souvenir du propos de Zelensky : « Il n’y a plus rien en Crimée. »

Vendredi de la troisième semaine de carême

Désormais, à l’Évangile, nous n’entendrons plus que la voix de saint Jean. Mieux que les autres évangélistes, il nous fait pénétrer dans l’âme souffrante de Jésus. Le thème de la Passion ira chaque jour en s’accentuant. La messe d’aujourd’hui est encore consacrée aux catéchumènes. Deux images leur révèlent l’importance du baptême. Moïse conduit à travers le désert le peuple altéré ; Dieu lui apparaît dans sa gloire et lui ordonne de frapper le rocher, pour en faire jaillir de l’eau et apaiser abondamment la soif du peuple (Leçon). Le Christ est le nouveau Moïse qui, du bâton de sa Croix, frappe le rocher ; bien plus, il est, selon Saint Paul, le rocher qui accompagne les Juifs, qui donne aux catéchumènes l’eau vive du Baptême et, avec cette eau, la vie éternelle. C’est de cette eau vive que le Christ parle à la Samaritaine (Évangile) ; cette eau qui devient une source de vie éternelle est, pour les catéchumènes, le Baptême ; les fidèles possèdent déjà cette eau ; elle jaillit tous les jours pour eux dans l’Eucharistie.

A l’Introït, les catéchumènes demandent un « signe de ta bonté » (signum). Ce signe est la Croix dont ils sont marqués, c’est le signe indélébile du baptême et, devant ce signe, s’enfuient les ennemis du salut. Le psaume 85, qu’on récite maintenant, est une prière fervente et confiante qui convient très bien dans la bouche des catéchumènes, des pénitents et des fidèles. L’oraison est une des prières typiques de Carême, elle nous montre l’esprit et le sens du jeûne. « Que nous nous abstenions des péchés, comme nous nous privons des aliments corporels. » Sous l’influence des lectures, les catéchumènes et les pénitents sentent leur « chair fleurir » par le rafraîchissement de la boisson salutaire. L’Offertoire se rattache aux dernières paroles de l’Évangile. Les Samaritains reconnurent le Seigneur comme « Sauveur du monde » et nous, à l’Offrande, nous nous approchons du Christ et nous lui disons : « mon Seigneur et mon Dieu ». Nous trouvons réellement dans l’Eucharistie cette eau promise, c’est ce que chante et dit l’antienne de Communion : « Cette eau deviendra une source vive qui jaillira dans la vie éternelle. »

Dom Pius Parsch

Poutine sur l’Arctique

Extrait du discours de Vladimir Poutine, lors d’une réunion qui vient de se dérouler à Mourmansk « sur le développement de la zone arctique et le corridor de transport arctique ».

Il est évident que le rôle et l’importance de l’Arctique pour la Russie et pour le monde entier ne cessent de croître. Mais malheureusement, la concurrence géopolitique, la lutte pour les positions dans cette région, s’intensifient également.

Il suffit de rappeler que tout le monde est au courant du projet d’annexion du Groenland par les États-Unis. Mais vous savez, c’est seulement à première vue que cela peut surprendre certaines personnes, et il est profondément erroné de croire qu’il s’agit d’un discours extravagant de la part de la nouvelle administration américaine. Il n’en est rien.

En fait, les États-Unis d’Amérique avaient déjà de tels projets dans les années 1860. À l’époque déjà, l’administration américaine avait envisagé la possibilité d’annexer le Groenland et l’Islande, mais cette idée n’avait pas été soutenue par le Congrès à l’époque.

D’ailleurs, permettez-moi de vous rappeler qu’en 1868, les journaux américains avaient ridiculisé l’achat de l’Alaska : cela fut qualifié de « folie », de « boîte à glaçons » et de « jardin des ours polaires d’Andrew Johnson », le président des États-Unis de l’époque. La proposition concernant le Groenland tomba donc à l’eau. Mais aujourd’hui, cette acquisition, je veux dire l’acquisition de l’Alaska, est probablement évaluée très différemment aux États-Unis même – ainsi que les activités du président Andrew Johnson.

Il n’y a donc rien de surprenant à ce qui se passe aujourd’hui. D’autant plus que cette histoire ne faisait que commencer, et qu’elle n’a cessé de se poursuivre. En 1910, par exemple, un accord tripartite d’échange de terres fut préparé entre les États-Unis, l’Allemagne et le Danemark. En conséquence, le Groenland aurait dû revenir aux États-Unis, mais l’accord est tombé à l’eau.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont installé des bases militaires au Groenland pour le protéger de la mainmise des nazis et, après la fin de la guerre, ils ont proposé de racheter l’île au Danemark, ce qui est très récent au regard de l’histoire mondiale.

En bref, il s’agit de projets sérieux de la part des États-Unis concernant le Groenland. Ces projets ont de longues racines historiques, comme je viens de le montrer, et il est clair que les États-Unis continueront à promouvoir systématiquement leurs intérêts géostratégiques, militaro-politiques et économiques dans l’Arctique.

Quant au Groenland, il s’agit d’une question qui concerne deux États spécifiques et qui n’a rien à voir avec nous. Mais en même temps, bien sûr, nous sommes préoccupés que par le fait que les pays de l’OTAN en général considèrent de plus en plus le Grand Nord comme un tremplin pour d’éventuels conflits et utilisent des troupes dans ces circonstances, y compris par leurs « nouvelles recrues » – la Finlande et la Suède – avec lesquelles, soit dit en passant, nous n’avions aucun problème jusqu’à il y a peu de temps. Ces problèmes sont créés de toute pièce. Pourquoi ? C’est absolument incompréhensible. Quoi qu’il en soit, nous partons de ce que nous avons et nous réagirons à tout cela.

J’insiste sur le fait que la Russie n’a jamais menacé qui que ce soit dans l’Arctique. Mais nous suivons de près l’évolution de la situation et mettons en place une ligne de réponse adéquate, en augmentant les capacités de combat des forces armées et en modernisant l’infrastructure militaire.

Nous n’accepterons pas qu’on empiète sur la souveraineté de notre pays et nous protégerons nos intérêts nationaux de manière efficace. En maintenant la paix et la stabilité dans le cercle arctique, nous assurerons le développement socio-économique à long terme de la région, améliorerons la qualité de vie des populations et préserverons l’environnement naturel unique.

Et plus nos positions seront fortes, plus les résultats obtenus seront significatifs, plus nous aurons d’opportunités de lancer des projets internationaux globaux dans l’Arctique avec la participation de pays amis, d’États amis, et peut-être même de pays occidentaux, s’ils manifestent bien sûr un intérêt pour un travail commun. Je suis sûr que le temps de ces projets viendra.