Velislava Petrova-Chamova, ministre bulgare des Affaires étrangères, a déclaré hier que son gouvernement est opposé à certaines sanctions du 21e paquet contre la Russie :
« Notre objectif principal est d’atteindre une situation où des négociations efficaces puissent être menées… Il existe un certain nombre d’éléments que nous ne soutenons pas, d’une part dans le secteur de l’énergie, et d’autre part les sanctions liées au patriarche russe Cyrille, qui relèvent de la catégorie des mesures symboliques qui ont le potentiel d’être contre-productives. »
Ce matin, le Premier ministre bulgare Roumen Radev a confirmé ces propos. Il a souligné que les 20 paquets précédents n’ont pas eu d’impact sur le cours de la guerre, et qu’il doute que le 21e en ait un.
« Nous ne permettrons pas des sanctions qui affectent négativement l’économie bulgare », a-t-il dit.
Quant au patriarche Cyrille, il a souligné qu’il est le chef de l’Eglise orthodoxe russe, qui a des liens étroits avec l’Eglise orthodoxe bulgare et d’autres Eglises orthodoxes : « Il ne s’agit pas du patriarche Cyrille, il s’agit de millions de fidèles. »
Jusqu’ici c’est Viktor Orban qui s’était opposé à des sanctions contre le patriarche.
Le nouveau sommet européen s’ouvre ce jeudi à Bruxelles.
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Je serais très circonspect.
La province romaine des Thraces, au carrefour de la Grèce et du monde romain, assura la protection de la frontière orientale de l’empire romain du 1er siècle a. JC au 4ème siècle. Les siècles suivants, sous contrôle byzantin, voient les incessantes migrations slaves venus du nord et surtout des Protobulgares turcophones venus des steppes d’Asie centrale qui l’emportent. Ils sont reconnus par l’Empire byzantin sous le nom de Bulgaria ou Bulgarie du Danube en 681, pour les distinguer de la Grande Bulgarie (Ukraine) et de la Bulgarie de la Volga (Proto-Bulgarie). Deux siècles durant, ils font face aux Tatars et aux Magyars. Ils refusèrent plutôt la suzeraineté de Byzance et ils ne furent pas des alliés des Croisés. Ils durent céder finalement face aux Ottomans et sont islamisés en 921 ; ils ont attaqué les Serbes (eux vrais alliés de la Russie comme de la France). Par la suite, ils ont vécu cinq siècles de domination ottomane (1363-1878). L’intervention militaire russe établit alors la Principauté bulgare comme État (Traité de San Stefano, 1873). Pour contrer l’émergence d’États clients russes, le Traité de Berlin en 1878 (Bismarck et Disraéli) reduisit la dimension de l’État bulgare initial. Ces derniers voulurent réviser la partition des territoires dans les Balkans (guerre des Balkans, 1912-1913). Allemagne, Autriche-Hongrie, Bulgarie déclarent la guerre , le 29 juin 1913, à la Serbie et à la Grèce (alliés de la France et de la Grande-Bretagne ainsi que de la Roumanie, venue un temps visant des questions territoriales). Les Bulgares ont mené depuis une politique constante hostile à la Russie, ils furent alliés des Empires centraux, puis de l’Axe lors du IIIème Reich. En 1989, la privatisation de l’économie a conduit à une paupérisation accrue, à la corruption et à une émigration accrue. Ils ont adhéré à l’Otan en 2004 et, comme c’est la voie normale Otan-UE, à l’UE en 2007.
Un sondage réalisé en mars 2014 révélait que seulement 15 % de la population se déclarait avoir bénéficié de l’adhésion (Popkostadinova, Nikoleta -3 March 2014. ‘Angry Bulgarians feel EU membership has brought few benefits’. EUobserver. Retrieved -5 March 2014).
Si l’on tient compte que l’histoire et la géographie imprègnent durablement les Peuples, je vois mal la Bulgarie faire mieux que la Hongrie. Oui, défendre leurs avantages financiers obtenus par l’adhésion à l’UE, mais de là à les reconnaître comme des alliés, cela me paraît très discutable.
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