Un exemple de la prose de Zelensky

C’était hier en Norvège :

Il est clair que sans les Ukrainiens, la Crimée est en train de mourir, car toute la logistique est connectée à l’Ukraine continentale. L’eau, les transports… Qu’est-ce qui est le plus important pour le tourisme ? Qu’est-ce qui est le plus important pour l’industrie du tourisme ? La Crimée est avant tout une nature unique. C’est la mer, la nature, le tourisme. Quelle est la chose la plus importante pour le tourisme ? Tout le monde dira : des touristes. Il n’y a pas de tourisme en Crimée. Il n’y a plus de tourisme en Crimée depuis 11 ans. Auparavant, 3 millions de touristes venaient en Crimée en été. Parmi eux, 2,8 millions sont des Ukrainiens. C’est la réponse à toutes les questions. Vous pouvez construire ce que vous voulez – des hôtels cinq étoiles, divers complexes, mais vous n’y amènerez pas des millions de touristes. Les Ukrainiens y passaient leurs vacances parce que c’était leur péninsule. Et personne ne peut rien y faire. Maintenant, les gens là-bas n’ont plus de salaire, plus rien. Toute cette nature, tout ce qui était vivant, meurt tout simplement.

Euh… Il y a eu plus de 6 millions de touristes en Crimée l’an dernier.

Et le tourisme n’est pas tout. Les dirigeants de Crimée savent que le développement de la péninsule passe par des investissements économiques autres que touristiques. Et c’est ce qui se passe, et même de façon spectaculaire :

Sergueï Lavrov

Il est depuis longtemps le plus célèbre diplomate du monde, en raison de ses compétences universellement reconnues, et aussi parce qu’il incarne la politique étrangère de la Russie depuis 21 ans (il y a eu 12 secrétaires d’Etat américains pendant ce temps-là).

Lavrov a 75 ans aujourd’hui. Vladimir Poutine lui a décerné la plus haute distinction civile russe, l’ordre de saint André, et le patriarche Cyrille lui a décerné la plus haute distinction religieuse, l’ordre du saint prince Alexandre Nevski (première classe).

La Russie « nouvelle arche »

A la suite d’une table ronde « Russie – Une nouvelle Arche » au Parlement russe, avec Maria Boutina et en présence de Maria Zakharova, celle-ci a fait savoir que depuis le décret de Vladimir Poutine en août dernier visant à « apporter un soutien humanitaire aux personnes qui partagent les valeurs spirituelles et morales traditionnelles russes », entre septembre 2024 et la mi-mars 2025 ont été délivrés 480 visas à des citoyens de France, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Canada et Australie.

La Russie s’active aussi pour faire revenir ses citoyens vivant dans les pays hostiles. Ils ont été 1.787 à revenir ces douze derniers mois. Notamment des pays Baltes, mais aussi des Etats-Unis, du Canada et d’Allemagne.

A propos de l’attaque sur Belgorod

Les Ukrainiens envoient des drones tous les jours sur l’oblast russe de Belgorod, faisant éventuellement des blessés, et des morts. Mais depuis trois jours ils ont lancé une offensive terrestre, alors même qu’ils continuent de combattre non loin de là à la frontière de l’oblast de Koursk. Voici une excellente analyse, par Mikael Valtersson, ancien officier de l’armée suédoise et ancien cadre des Démocrates de Suède (parti qu’il a quitté parce qu’il est devenu « pro-UE, pro-OTAN, pro-guerre en Ukraine, pro-Israël, etc. »).

Depuis trois jours, l’armée ukrainienne a attaqué plusieurs villages de l’oblast de Belgorod, près de l’ancien saillant ukrainien de Koursk. Pourquoi font-ils cela et l’opération est-elle un succès ?

Que s’est-il passé sur le terrain ? Pendant trois jours, de petites unités ukrainiennes ont démoli les fortifications frontalières russes, c’est-à-dire les dents de dragon, les fossés antichars et les champs de mines. Elles ont également tenté de traverser la frontière et d’atteindre plusieurs villages russes. Les progrès ont été minimes. Certaines unités d’infanterie ukrainiennes ont réussi à avancer de 500 à 1.000 m dans deux ravins. Certaines lignes d’arbres ont également été prises. Les Ukrainiens ont surtout réussi à s’approcher du village de Demidovka, dans le nord.

Le prix de cette avancée minime a été élevé pour l’armée ukrainienne. Les pertes cumulées pourraient être de 20 à 30 véhicules blindés, 5 à 10 rares véhicules du génie et plus de 200 soldats éliminés. C’est un gaspillage total de ressources, d’autant plus qu’il n’y a pas de progrès significatif sur le terrain. Pourquoi l’Ukraine poursuit-elle cette opération ?

Cette opération est à la fois un moyen de remonter le moral des troupes et une opération de diversion. L’objectif est de détourner l’attention des pertes ukrainiennes sur d’autres parties du champ de bataille tout en montrant que l’armée ukrainienne est toujours capable d’« envahir » la Russie.

Cette opération s’apparente en partie à l’opération Krynki du côté russe du Dniepr, qui s’est déroulée d’octobre 2023 à juin 2024. Au cours de cette opération, l’armée ukrainienne a perdu plus de 1.000 soldats KIA/MIA. Mais au moins au début, ce fut un succès médiatique. Beaucoup ont parlé de l’armée ukrainienne traversant le Dniepr en préparation d’une campagne pour libérer la Crimée. En réalité, il s’agissait d’une compagnie ukrainienne de soldats décimée chaque semaine pendant neuf mois. Se cachant dans des caves, agitant régulièrement le drapeau ukrainien et se faisant tuer.

Sur le front de Belgorod, les forces armées russes sont en bien meilleure position qu’à Krynki, l’opération devrait donc être beaucoup plus courte. Les forces armées ukrainiennes ne peuvent pas avoir un bataillon décimé tous les trois jours. De telles pertes feraient perdre sa capacité de combat à une brigade entière tous les quinze jours. Faute de ressources, l’armée ukrainienne ne peut pas continuer longtemps avec ce genre de guerre médiatique TikTok.

À long terme, cela nuit également à l’Ukraine, non seulement sur le plan militaire, mais aussi dans la guerre de l’information. Tôt ou tard, le public, même en Europe, se rendra compte que l’administration ukrainienne sacrifie son armée pour des raisons de relations publiques et d’image. Ce n’est pas un bon régime qui prend soin de ses soldats.

Grok et les trois jours

Un grand argument de la propagande ukrainienne est que Poutine avait affirmé qu’il prendrait l’Ukraine en trois jours. Or même Grok (l’intelligence artificielle d’Elon Musk, qui agrège donc toutes les données sur la question), dit que ce n’est pas vrai :

Il n’y a aucune preuve que Poutine ait déclaré publiquement que la guerre en Ukraine durerait trois jours. Cela semble être un narratif occidental, probablement issu des services de renseignement américains évaluant les attentes de la Russie, et non une citation directe.

Les médias russes le nient, et les discours de Poutine, comme celui du 24 février 2022, ne comportent aucun calendrier.