Ukrainomaniaques

Costa et Ursule sont allés à Kiev pour l’anniversaire de la guerre. Ils sont très contents de pouvoir dire « Bon anniversaire » !

Et Ursule a fait savoir hier soir que le bâtiment de la Commission européenne avait été illuminé aux couleurs de l’Ukraine.

« Ce soir, nous décorons nos institutions européennes aux couleurs de l’Ukraine. Deux couleurs qui incarnent l’esprit de courage. 
Deux couleurs qui sont la flamme de la résistance. Quatre ans après le début de la guerre totale menée par la Russie, ces couleurs brillent plus que jamais. Slava Ukraini. »

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La dinde en chef des macroniens du Parlement européen n’était pas en reste :

Mais sa photo héroïque a été détournée par des mal-pensants :

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Et la coalition des perdants s’est réunie à Kiev. C’est la surpopulation…

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Et il y a aussi un sommet « Ukraine – Pays d’Europe du nord et de la Baltique ». Et une oie blonde toute contente elle aussi d’apporter son bouquet de fleurs pour l’anniversaire.

Viktor Orban

Trois extraits du discours de Viktor Orban en ouverture de la session parlementaire hongroise.

Chers collègues, je dois également informer le Parlement que, dans un geste sans précédent dans l’histoire de notre pays, notre voisin oriental, l’Ukraine, qui est en guerre, a bloqué les livraisons de pétrole via l’oléoduc Amitié depuis le 27 janvier. Je signale à la Chambre que le gouvernement a examiné la situation et conclu qu’il n’y avait aucun obstacle technique à la reprise des livraisons. C’est à l’Ukraine de décider de redémarrer ou non l’oléoduc. Il est de plus en plus évident qu’il s’agit là d’un chantage politique pur et simple. Il est bien connu que les relations diplomatiques entre la Hongrie et l’Ukraine ont atteint un point bas. Les Ukrainiens exigent que la Hongrie se désengage de l’énergie russe, donne de l’argent à l’Ukraine et soutienne l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. De plus, les Ukrainiens menacent ouvertement le gouvernement hongrois et ses dirigeants. J’informe la Chambre que le gouvernement national ne cédera à aucun chantage.

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L’article 222 du traité sur l’Union européenne oblige l’Union européenne à venir en aide à un État membre qui a subi des dommages causés par un tiers. Bruxelles devrait être tenue de se ranger du côté de la Hongrie, mais ce n’est pas le cas. Les faits montrent que Bruxelles s’est rangée du côté de l’Ukraine, qui n’est pas membre de l’UE, plutôt que du côté de la Hongrie. Chers collègues, il est bien connu que la Hongrie et Bruxelles ont des points de vue opposés sur la guerre, sur le financement de l’Ukraine et sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Pourtant, dans la situation actuelle, Bruxelles doit représenter les intérêts de la Hongrie. Le fait qu’elle ne le fasse pas constitue une violation grave du traité au détriment de la Hongrie.

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Le gouvernement a également décidé de réagir. En accord avec la Slovaquie, nous avons arrêté les livraisons de diesel à l’Ukraine. En outre, le gouvernement a opposé son veto au versement de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, qui avait été accordé sans la participation de la Hongrie et sans aucune charge pour nous. Et le gouvernement a décidé d’opposer son veto au 20e paquet de sanctions qui était sur le point d’être adopté à Bruxelles. Aujourd’hui, à Bruxelles, nous avons annoncé que tant que l’Ukraine n’autorisera pas le pétrole russe à entrer en Hongrie, nous bloquerons toute décision pro-ukrainienne à Bruxelles.

L’Ukraine fait capoter le 20e paquet et le prêt de 90 milliards

Les 27 n’ont pas pu entériner le 20e paquet de sanctions contre la Russie, qui devait marquer l’anniversaire de la guerre en Ukraine.

Le « prêt » de 90 milliards n’a pas été non plus validé.

Le premier responsable est l’Ukraine, qui a fermé l’oléoduc alimentant la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe.

Le second responsable est la Commission européenne, qui non seulement n’a rien dit contre cette mauvaise action contre deux Etats membres de l’UE, mais a osé dire explicitement hier que si la Commission était en contact avec l’Ukraine sur ce sujet, ce n’était absolument pas pour faire pression sur ce pays.

La Commission ne fait pression que sur les victimes, et les victimes se rebiffent : la Hongrie a opposé son veto aux deux mesures qui devaient célébrer l’anniversaire du soutien sans condition et sans limite de l’UE à l’Ukraine.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a déclaré aux journalistes hongrois :

« J’ai clairement indiqué que nous ne soutiendrions pas un prêt militaire de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, car les Ukrainiens nous font chanter. Ils se sont entendus avec Bruxelles et ont uni leurs efforts à ceux de l’opposition hongroise pour mettre en péril la sécurité du secteur énergétique hongrois et la sécurité de la Hongrie dans son ensemble. Telle est notre position actuelle. C’est pourquoi il n’y a eu ni paquet de sanctions ni prêt ukrainien aujourd’hui. Nous avons clairement indiqué que notre position sur cette question ne pourra être révisée qu’après la reprise des livraisons de pétrole à la Hongrie par les Ukrainiens. »

Quant aux Slovaques ils mettent leur menace à exécution : ils suspendent leurs livraisons d’urgence d’électricité à l’Ukraine. « Nous sommes contraints de prendre une première mesure de réciprocité contre l’Ukraine ; elle sera levée après la reprise du transit pétrolier vers la Slovaquie », a déclaré Robert Fico.

L’UE, c’est LGBT d’abord

La Direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement de la Commission européenne écrit à l’Ukraine pour lui rappeler que si elle veut adhérer à l’UE elle doit impérativement légaliser les unions de même sexe.

« Nous apprécions grandement le travail de vos organisations de la société civile qui défendent les droits fondamentaux et l’égalité des personnes LGBTIQ+ en Ukraine. Alors que l’Ukraine progresse sur la voie de l’adhésion à l’UE, il est essentiel que son cadre juridique soit conforme aux normes européennes consacrées dans la Charte des droits fondamentaux, notamment le respect de la vie privée et familiale et l’interdiction de toute discrimination, y compris à l’égard des personnes LGBTQI+, conformément à la stratégie pour l’égalité des personnes LGBTQI+ pour 2026-2030. »

De ce fait, l’Ukraine doit adopter une loi garantissant « la reconnaissance juridique et la protection des couples de même sexe » conformément à la décision de la Cour européenne dans l’affaire « Maimoulaïne et Markov c. Ukraine ».

En juin 2023, l’Ukraine a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir refusé à sept reprises la reconnaissance légale d’un couple de deux hommes, au motif que la Constitution et le code ukrainien de la famille définissent expressément le mariage comme l’union familiale d’une femme et d’un homme…

Pour la CEDH ce n’est pas un motif valable. Voici un extrait de son raisonnement complètement tordu, niant la loi naturelle et la tradition immémoriale de l’humanité, et tout simplement la réalité de la famille (un homme et une femme qui font des enfants), mais qui s’impose à tous les Etats membres de l’UE :

La protection de la famille au sens traditionnel est, en principe, une raison sérieuse et légitime qui peut justifier une différence de traitement fondée sur l’orientation sexuelle. Cependant, ce but est plutôt abstrait et une grande variété de mesures concrètes peuvent être utilisées pour le mettre en œuvre. De plus, la notion de famille est nécessairement évolutive, comme le montrent les changements qu’elle a subis depuis l’adoption de la Convention. La Cour a déjà jugé que rien ne permettait de dire qu’accorder une reconnaissance et une protection juridiques aux couples de même sexe dans une relation stable et engagée pouvait en soi nuire aux familles constituées de manière traditionnelle ou compromettre leur avenir ou leur intégrité. D’ailleurs, la reconnaissance des couples de même sexe n’empêche nullement les couples hétérosexuels de se marier ou de fonder une famille correspondant à leur conception de ce terme. Plus généralement, garantir des droits aux couples de même sexe n’implique pas en soi de nuire aux droits garantis à d’autres personnes ou à d’autres couples. Dès lors, la protection de la famille traditionnelle ne saurait en elle-même être retenue comme motif valable d’intérêt public justifiant le refus de toute reconnaissance et protection juridiques des couples de même sexe.

Vous pouvez continuer à fumer…

Le premier ministre slovaque Robert Fico a réagi hier dans une vidéo à l’accord de coalition néerlandais qui stipule que les Pays-Bas feront pression pour simplifier la procédure de l’article 7 de l’UE afin de faciliter le retrait des droits de vote des pays qui « sapent activement l’Europe », tels que la Hongrie et la Slovaquie :

« Vous pouvez continuer à fumer de la marijuana et reconnaître 70 genres. C’est votre affaire. Mais menacer un autre pays de sanctions pour sa souveraineté et sa légitimité, c’est franchir une ligne rouge. »

(En octobre, le Parlement néerlandais avait demandé que des poursuites soient engagées contre la Slovaquie au sujet de l’amendement constitutionnel définissant deux seuls genres, interdisant l’adoption par des couples de même sexe et affirmant la primauté du droit national sur le droit européen dans les domaines liés à l’identité nationale et aux questions culturelles et éthiques. Le mois suivant, la Commission européenne avait ouvert une procédure d’infraction contre la Slovaquie.)