La priorité pontificale

Pour Léon comme pour François, l’acceptation du grand remplacement en Europe est une priorité, qui passe même avant les sourires aux militants LGBT. Répondant à la question d’un journaliste de La Croix sur les craintes des Européens à l’égard de l’islam, il a carrément répondu que c’était « l’un des intérêts » de son voyage au Liban. Et il ne faut pas écouter ceux qui veulent s’opposer à l’immigration :

« Je sais qu’il existe des craintes en Europe, mais elles sont souvent suscitées par des personnes qui s’opposent à l’immigration et tentent d’empêcher l’entrée de personnes d’un autre pays, d’une autre religion, d’une autre race. »

Evoquant ses rencontres avec des personnalités musulmanes, il déclare : « En ce sens, je dirais que nous devons tous travailler ensemble. L’un des intérêts de ce voyage est justement d’attirer l’attention du monde sur la possibilité d’un dialogue et d’une amitié entre musulmans et chrétiens. »

Et il ne craint pas d’ajouter que les témoignages de la coexistence entre chrétiens et musulmans au Moyen-Orient pourraient servir de leçon aux pays occidentaux…

Bref, en avant pour la libanisation de l’Europe…

La ruine de l’Europe à marche forcée

Ursula von der Leyen :

« Aujourd’hui est un jour historique pour notre Union. Hier soir nous sommes parvenus à un accord provisoire sur la proposition de la Commission visant à supprimer progressivement les combustibles fossiles russes. Nous tournons la page, et nous la tournons pour de bon. C’est l’aube d’une nouvelle ère, celle de l’indépendance énergétique totale de l’Europe vis-à-vis de la Russie. »

Les importations de gaz russe doivent cesser complètement à l’automne 2027 (le GNL dès la fin de 2026), et les importations de pétrole dès le début de l’année prochaine.

Réaction de Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin :

« L’Europe se condamne à des sources d’énergie plus coûteuses, ce qui inévitablement ne fera qu’accélérer le processus de perte de compétitivité de l’Union européenne. »

La première réaction au tweet triomphal d’Ursule est celle de l’économiste italien Michele Geraci, ancien sous-secrétaire d’Etat au développemnt économique (et en tant que tel auteur du mémorandum d’accession de l’Italie à la Nouvelle Route de la Soie), chef du département des affaires étrangères et du commerce international du nouveau parti Indépendance !, et professeur invité à l’université de Shanghai :

Il y a une certaine confusion quant à la signification du terme « indépendance »…

1) Allons-nous alors transférer nos importations, baril pour baril, de la « dictature russe » vers les « démocraties libérales » du Proche-Orient ?

2) Est-ce à la Commission européenne de décider où les entreprises privées de notre « démocratie libérale » doivent acheter leur pétrole ?

3) Pourquoi avez-vous décidé, en premier lieu, d’exclure de notre liste de fournisseurs la Russie, qui n’a causé aucun tort à l’UE et qui a toujours fourni, goutte à goutte, tout le gaz et le pétrole que nos entreprises avaient commandés ?

4) Enfin, à titre de conseil, ne devriez-vous pas consacrer davantage de temps et d’efforts à vous préoccuper de la corruption et de la démocratie au sein des institutions de l’UE plutôt que de vous inquiéter de la corruption et de la démocratie dans d’autres pays ?

Cordialement.

Cela, c’était ce matin. Depuis, Ursule a tenu une conférence de presse intitulée « Répondre aux besoins financiers de l’Ukraine pour 2026-2027 ».

Elle a une fois de plus rabâché que pour venir en aide à l’Ukraine il y a deux solutions : un emprunt, ou le vol des actifs russes gelés dans l’UE. Précisant pour cette deuxième solution qu’il s’agira non seulement des fonds russes d’Euroclear mais de ceux de toutes les institutions financières de l’UE. La première solution doit être adoptée à l’unanimité, la seconde à la majorité qualifiée. (C’est pourquoi c’est la seule qui pourrait être adoptée, mais la majorité qualifiée n’est pas acquise et la BCE a dit hier qu’elle ne garantirait pas un prêt de 140 milliards d’euros financé par le vol des avoirs russes. Ursule est dans l’impasse, et c’est curieux qu’elle fasse une conférence de presse qui ne fait que le souligner…

Eurocorruption

Federica Mogherini et les deux hommes arrêtés avec elle hier matin ont été relâchés ce matin « parce qu’ils ne tenteront pas de prendre la fuite ».

Extraits de l’article d’Euractiv (organe de propagande européiste prompt à déboulonner les statues qu’on adorait la veille…) intitulé « Dans la jungle bruxelloise : perquisitions, arrestations et nouvelle crise de crédibilité pour l’UE ».

Pour Federica Mogherini et Stefano Sannino, deux diplomates italiens au sommet de leur carrière, ces arrestations constituent un retournement de situation spectaculaire. Tous deux étaient perçus comme des acteurs qui maîtrisaient, voire étaient capables de façonner, les rouages discrets de la politique étrangère européenne.

Parallèlement, l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) mène une enquête distincte sur Stefano Sannino, soupçonné d’avoir usé de son influence au sein du SEAE pour favoriser certains candidats à des postes de haut niveau, selon plusieurs sources proches du dossier. L’Italien a occupé le poste de secrétaire général du bras diplomatique de l’UE de 2021 à 2023, l’un des postes les plus puissants de la fonction publique à Bruxelles.

Les liens entre Stefano Sannino et Federica Mogherini sont profonds. Il était ambassadeur d’Italie auprès de l’UE lorsqu’elle était ministre des Affaires étrangères du pays en 2014. Plus tard, il est devenu le bras droit du successeur de Federica Mogherini à la tête du SEAE, l’Espagnol Josep Borrell, qui a pris le poste en 2019. Alors qu’il s’apprêtait à prendre sa retraite l’an dernier, Stefano Sannino a finalement été nommé pour diriger la Direction générale chargée du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Golfe (DG MENA) de la Commission.

Les scandales précédents visaient surtout le Parlement européen, souvent vu comme la grande institution la moins influente du bloc. Là, c’est le Collège d’Europe — véritable pépinière de hauts fonctionnaires européens — et le SEAE, responsable du réseau diplomatique mondial de l’Union, qui sont directement concernés. Si les soupçons étaient confirmés, c’est le cœur de la machine diplomatique européenne qui serait mis en cause, un domaine jusqu’ici largement fermé au contrôle extérieur.

Au Collège d’Europe, où Federica Mogherini occupe depuis 2020 le poste de rectrice, son influence est autant politique que personnelle. Un ancien étudiant la décrit comme « une déesse » au sein de l’établissement, estimant qu’elle y a insufflé une éthique politique dans un environnement essentiellement académique. Son mandat a été renouvelé pour cinq ans l’année dernière.

Federica Mogherini a également attiré l’attention pour ses associations passées. Elle a autrefois siégé au conseil d’honneur d’une fondation dirigée par Pier-Antonio Panzeri, figure clé du Qatargate et ancien eurodéputé de son groupe politique, les Socialistes et Démocrates (S&D). Elle a déclaré par la suite qu’elle n’était pas au courant des actes répréhensibles présumés de son compatriote et a démissionné de l’organisation dès que les accusations ont été rendues publiques.

Elle s’est à nouveau fait remarquer en 2022, lorsque Josep Borrell, qui lui avait succédé au poste de Haut représentant de l’Union pour les Affaires et la Politique de sécurité fin 2019, a inauguré l’Académie diplomatique au centre de l’enquête actuelle, hébergée par le Collège d’Europe. Federica Mogherini a ensuite été chargée de la direction de cette initiative. Le budget initial de l’Académie — près de 2 millions d’euros pour deux ans — reflétait la volonté de Josep Borrell d’étendre la formation professionnelle des diplomates de l’UE.

Lors du lancement de l’Académie, Josep Borrell a utilisé l’une de ses métaphores favorites : « Le reste du monde — et vous le savez très bien, Federica — n’est pas exactement un jardin. La majeure partie du reste du monde est une jungle, et la jungle pourrait envahir le jardin ».

Aujourd’hui, l’image s’inverse : ce n’est plus seulement la « jungle extérieure » qui menace l’Europe, mais des dérives nées au cœur même de ses institutions — rappel brutal que la corruption prospère d’autant mieux lorsque les jardiniers cessent de s’occuper des mauvaises herbes.

Corruption…

La police belge a perquisitionné ce matin le SEAE : Service européen pour l’action extérieure (ce sont les bureaux du « Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité »), et du Collège d’Europe (sorte d’ENA européenne privée qui forme les fonctionnaires de l’UE).

La directrice du Collège, Federica Mogherini, « Haut représentant » avant Kaja Kallas, a été arrêtée, ainsi que deux autres personnes dont un haut responsable de la Commission européenne.

Les infractions reprochées sont potentiellement : « fraude dans l’attribution des marchés publics, corruption, conflit d’intérêts et violation du secret professionnel » dans le cadre de la procédure d’appel d’offres du SEAE pour un programme de formation.

Comme dit Macron, on n’a pas de leçon à donner à l’Ukraine en matière de corruption…

Orban à Moscou

Vladimir Poutine a reçu de nouveau Viktor Orban au Kremlin. (En Hongrie c’est le Premier ministre qui dit et montre que la Russie n’est pas son ennemi, affirmation qui vaut d’être emprisonné en France…) Rien que de penser à la figure des eurocrates est réjouissant…

Sur la photo on voit au fond les ministres des Affaires étrangères des deux pays, qui ont eu également un entretien séparé.

« Nous menons une politique étrangère souveraine, a déclaré Orban. Nous n’avons pas cédé aux pressions extérieures et n’avons interrompu aucune coopération avec la Russie dans aucun domaine important. »

La Hongrie continue de recevoir la majeure partie de ses approvisionnements en pétrole et en gaz de la Russie via l’oléoduc Druzhba et le gazoduc TurkStream. Et le premier objectif des entretiens était d’assurer la poursuite des approvisionnements énergétiques de la Hongrie.

Voici les déclarations de Vladimir Poutine synthétisées par l’agence TASS :

La Russie et la Hongrie continuent à entretenir et à développer leurs relations « malgré toutes les difficultés actuelles ».

Les relations entre Moscou et Budapest sont actuellement fondées sur le pragmatisme et « tout ce qu’il y avait de meilleur » dans leur histoire.

Le commerce russo-hongrois a diminué en raison de restrictions externes, mais « une certaine croissance » a été enregistrée cette année, « qui n’est pas élevée, mais qui dépasse tout de même les 7% ».

La coopération énergétique entre les deux pays est assez étendue, mais « il y a aussi quelques problèmes » qui doivent être discutés.

 « Nous sommes conscients de votre position équilibrée sur la question ukrainienne. »

Moscou est reconnaissante à la Hongrie d’être prête à accueillir un sommet entre la Russie et les États-Unis à Budapest : « Merci d’avoir réagi ainsi à la possibilité d’une rencontre entre le président américain et moi-même dans votre pays. C’était la proposition de Donald. Si nos discussions aboutissent à ce que Budapest serve de plateforme, j’en serais très heureux. »