Russophobie « culturelle »

C’était prévu et annoncé, c’est fait : l’Union européenne annule sa subvention à la Biennale de Venise, parce qu’elle a osé laisser les Russes ouvrir un pavillon. La subvention de 2 millions d’euros avait été « suspendue ». Elle est désormais annulée.

Le pavillon russe (interdit en 2022 et 2024) avait été ouvert les trois jours précédant la Biennale, les jours réservés aux journalistes et aux officiels. Il est fermé pendant la Biennale elle-même. Mais sa seule existence est insupportable pour les petits dictateurs russophobes de la « Culture » européenne.

« Les événements culturels financés par l’argent des contribuables européens devraient préserver les valeurs démocratiques et favoriser le dialogue, la diversité et la liberté d’expression, des principes qui ne sont pas respectés actuellement en Russie », déclare sans rire le porte-parole Thomas Regnier.

Le 21e paquet en panne

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE n’ont pas réussi à se mettre d’accord hier sur le 21e paquet de sanctions contre la Russie. C’est de plus en plus difficile…

Selon le Financial Times, la Grèce s’est opposée à l’interdiction du transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, estimant que cette mesure pénaliserait ses compagnies maritimes et donc son commerce extérieur.

La Bulgarie avait déjà obtenu le 13 juillet que le patriarche Cyrille ne figure pas dans la nouvelle liste de personnes sanctionnées.

Le miracle ukrainien

« Nous avons franchi aujourd’hui une nouvelle étape importante dans le parcours de l’Ukraine vers l’adhésion à l’UE en ouvrant un autre volet de négociation clé, celui des relations extérieures », déclare Thomas Byrne, le ministre irlandais des Affaires européennes, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE.

Le premier volet avait été ouvert le 15 juin dernier. Sur les sujets suivants : État de droit, démocratie, lutte contre la corruption.

Autrement dit, en moins d’un mois, l’Union européenne a conclu que l’Ukraine remplissait les critères d’adhésion dans ces matières.

En bref, l’Ukraine, dont le président n’est plus président depuis le 20 mai 2024 (ça fait quand même plus de deux ans), où les partis d’opposition sont interdits, où les médias d’opposition sont interdits, où la langue russe, qui est la langue maternelle de la majorité de la population, est interdite, où 11 millions de livres ont été détruits pour le seul fait d’être écrits en russe, où l’Eglise orthodoxe historique est interdite, où la corruption atteint des sommets, où l’on ordonne des assassinats en Russie, en Espagne, ou à Monaco, ce pays-là a franchi allègrement le premier seuil de l’intégration dans l’UE : celui de l’État de droit, de la démocratie, de la lutte contre la corruption…

En fait cela donne une image précise de ce que les actuelles autorités de l’UE considèrent comme l’État de droit, la démocratie, la lutte contre la corruption… N’est-ce pas, Ursule ?

Le point de vue de Margarita Simonian

Interview de Margarita Simonian, rédactrice en chef du réseau RT, dans un média indéterminé.

Le journaliste :

Nous voyons que l’Ukraine procède à une escalade de la guerre jusqu’à Moscou et à l’intérieur de la Russie. Quelle est la réponse de la Russie ? Comment vont-ils répliquer, et où ?

Margarita Simonian :

Il y a une erreur fondamentale dans votre propos. Ce n’est pas l’Ukraine qui procède à une escalade. Ce n’est pas l’Ukraine qui apporte la guerre jusqu’à Moscou. C’est l’Europe qui procède à cette escalade, c’est l’Europe qui apporte la guerre jusqu’à Moscou. Et c’est pourquoi, Moscou, tôt ou tard, sera obligé de répondre.

L’Ukraine n’a jamais eu de missiles pour cibler Moscou. D’où viennent-ils ? Ils viennent d’Ukraine ? C’est l’Ukraine qui les fabrique ? Est-ce que ce pays possède Starlink, a tous ces renseignements, est-ce que c’est l’Ukraine qui se donne à elle-même les renseignements ? Est-ce qu’elle se vend à elle-même toutes ces armes ? Est-ce qu’elle se vend à elle-même les missiles Flamingo qui pénètrent déjà à l’intérieur de la Russie ? Est-ce que c’est le fait de l’Ukraine que des raffineries russes sont détruites ? Est-ce que c’est l’Ukraine qui fait tout cela ? C’est fait par des mains ukrainiennes, certes. Mais c’est l’Europe qui fait tout cela par des mains ukrainiennes. Et nous le comprenons très bien.

Lorsque nous sentirons que notre patience angélique – parce que le peuple russe est, avant tout, un peuple d’une patience incroyable – quand nous sentirons que notre patience est à bout, et que l’Europe ne nous laisse pas d’autre choix que de répondre, par exemple par des frappes sur les usines fabriquant les armes destinées à l’Ukraine… Je ne peux pas croire que soyez convaincu que c’est l’Ukraine qui fait tout cela… Donc, pourquoi la Russie procéderait à une escalade ? Parce que l’Europe mène une guerre contre la Russie depuis tout ce temps. Alors que la Russie a refusé de s’y engager. La Russie continue de combattre l’Ukraine tandis que l’Europe combat la Russie par les mains des Ukrainiens. Mais à un moment donné nous dirons : vous avez franchi la ligne. Vous nous faites la guerre depuis cinq ans, maintenant nous vous faisons la guerre aussi. Parce que, quoi d’autre sommes-nous supposés attendre ? Que l’Europe frappe nos centrales nucléaires ? Nous n’attendrons pas cela. L’Europe doit se calmer, autrement nos missiles voleront vers l’Europe. Ils le feront. C’est certain.

La Pologne et l’Ukraine

Le président polonais Karol Nawrocki, en conférence de presse au sommet de l’OTAN :

Hier, au cours du dîner, je me suis également entretenu avec de nombreux dirigeants mondiaux – nos alliés. Parmi eux figurait, bien entendu, le président Zelensky. On aura peut-être l’occasion de poursuivre la conversation aujourd’hui. Il me semble tout à fait naturel que des États voisins, confrontés à un ennemi commun – la Fédération de Russie, continuent d’entretenir un dialogue, malgré les désaccords bilatéraux existants.

Désaccords qui ont tout de même conduit le même président polonais à retirer à Zelensky la plus haute décoration polonaise. Mais ce n’est rien face à « l’ennemi commun ». Car l’ennemi ce n’est pas le nazisme ukrainien, c’est la Russie qui prône les mêmes valeurs traditionnelles que le président polonais… Et Nawrocki de faire cette déclaration alors que le site ukrainien Myrotvorets vient tout juste de mettre sur sa liste de personnes à éliminer le propre chef de cabinet du président polonais, pour la seule raison qu’il a appelé verbalement la Galicie de son nom polonais traditionnel de « Petite Pologne Orientale »…

Plus courageuse est Ewa Zajaczkowska, député polonais au Parlement européen :

"Plus de 360 façons d’assassiner des civils : scier des personnes vivantes, ouvrir le ventre des femmes enceintes, empaler les enfants sur des fourches, voilà comment l’UPA assassinait des Polonais, des Juifs, des Tchèques, des Arméniens et même des Ukrainiens. Et aujourd’hui Zelensky donne à une unité militaire le nom de « Héros de l’UPA », et construit un Panthéon national, déclarant que l’Ukraine choisit ses propres héros. C’est dommage qu’il les choisisse parmi des nazis. Si l’Allemagne donnait à une unité militaire le nom de héros SS ou érigeait des monuments à Hitler, Himmler, Goebbels ou Eichmann, est-ce que vous les inviteriez dans l’Union ? vous les appelleriez néo-nazis, et ce serait normal. Il n’y a pas de différence morale entre honorer les SS et honorer l’UPA. C’est le même culte de la force, la même haine ethnique. Le rapport sur l’Ukraine garde le silence. C’est un silence qui tue la mémoire des victimes de Volhynie et du génocide de nos frontières orientales pour la seconde fois. La marche de l’Ukraine vers l’Union européenne, avec des massacres de masse sur ses bannières, est une honte. En tant que Polonais, nous n’accepterons jamais l’accession de l’Ukraine à l’Union européenne. A bas le nazisme banderite !"