La dictature hongroise, c’est maintenant

Le nouveau Premier ministre hongrois Péter Magyar a présenté son premier projet d’amendement constitutionnel.

Il consiste à limiter à huit ans les mandats de Premier ministre, avec effet rétroactif, ce qui est illégal dans toute démocratie mais permet d’empêcher Viktor Orban de revenir au pouvoir.

Et à nationaliser (c’est une demande de Bruxelles) les 34 « fondations de gestion des biens d’intérêt public » qui contrôlent notamment 21 universités.

Le président du conseil d’administration d’une de ces universités a qualifié cette initiative de « tentative choquante de nationalisation » d’actifs privés qui serait « inacceptable même dans une dictature modérée ».

Et des juristes libéraux condamnent la mesure rétroactive de limitation des mandats de Premier ministre.

Mais Péter Magyar a une majorité de plus de 70% de députés et peut donc modifier la Constitution comme il l’entend, tant que c’est en phase avec la volonté de ses maîtres de Bruxelles.

Le commissaire qui pleurniche

Valdis Dombrovskis, commissaire européen chargé des Affaires économiques :

En ce qui concerne la levée par le Royaume-Uni d’un certain nombre de sanctions contre la Russie dans le secteur énergétique… Eh bien, cela n’a pas été abordé lors de la réunion des ministres des Finances du G7 en début de semaine ; cette décision nous a donc pris par surprise. D'autant plus que nous, au sein du G7, affirmons précisément que ce n'est pas le moment de lever les sanctions contre la Russie, car celle-ci tire profit de la guerre avec l'Iran et engrange des bénéfices considérables grâce à la hausse des prix de l'énergie. Par conséquent, dans la situation actuelle, il est important de maintenir, voire de renforcer les sanctions contre la Russie. Nous continuerons d'insister sur ce point lors de nos réunions avec nos partenaires étrangers, y compris le Royaume-Uni.

Il n’ose même pas dire que les Etats-Unis aussi ont levé des sanctions, avant le Royaume-Uni, et ont prolongé cette décision. Pour l’ancien Premier ministre de Lettonie recasé à Bruxelles (c’est devenu une habitude), les Anglais sont méchants (ouh le Brexit !), mais il ne faut pas énerver Donald Trump…

Routine européenne

Puisque la Hongrie a été normalisée, il ne reste aujourd’hui (pour le moment) que la Slovaquie comme mouton noir de l’UE. Alors le Parlement européen concentre ses tirs sur le gouvernement de l’infâme Fico qui ose même aller serrer la main de Poutine à Moscou.

Le Parlement européen a adopté hier sa deuxième résolution anti-slovaque en moins d’un mois. A une très large majorité : 347 voix sur 537 députés présents.

Il demande à la Commission européenne d’évaluer s’il existe un « risque manifeste de violation grave » des « valeurs de l’UE » et l’exhorte à utiliser « tous les outils d’exécution à sa disposition », y compris le mécanisme de « conditionnalité lié à l’État de droit ». Ce qui à terme permet de suspendre les versements.

Le président de la « Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures » du Parlement européen a qualifié la résolution de « dernier avertissement » adressé à la Slovaquie. Sauf que sa commission n’a strictement aucun pouvoir.

Bardella a un nouveau copain…

Ce qu’est devenu le mouvement de Jean-Marie Le Pen…

Jordan Bardella hier au Parlement européen :

« J’ai indiqué que le Rassemblement national était attaché à l’équilibre franco-allemand en tant que moteur de la construction européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et j’ai indiqué que naturellement le prochain gouvernement français, si c’était un gouvernement issu du Rassemblement national, travaillerait avec l’ensemble des chefs d’Etat européens, et qu’il y avait des convergences, me semble-t-il, sur le plan idéologique, avec le chancelier Merz sur un certain nombre de sujets – pas sur tous le sujets naturellement, mais que en l’occurrence sur la remise en cause qu’il a exprimée de la politique d’Ursula von der Leyen sur le Green Deal, la remise en cause des normes qui frappent l’industrie, le secteur automobile ou encore la gestion des flux migratoires, je crois qu’il est important de souligner ces convergences et de pouvoir envisager de continuer à œuvrer ensemble pour bâtir des nations européennes puissantes, autonomes, libres, indépendantes, capables de créer les conditions de la croissance et de protéger leurs frontières. Je note que l’Allemagne a fait le choix depuis plusieurs mois de se rapprocher de l’Italie de Giorgia Melloni. Il est évident que si le siège français devait basculer au Conseil en notre faveur dans quelques mois, nous nous inscririons dans cette dynamique… »

La retranscription des propos du président du Rassemblement national fait prendre conscience qu’il dit absolument n’importe quoi, au-delà même de sa romance avec Merz : bâtir des nations indépendantes avec les européistes…

Et il faudrait que Merz reste en place pour que Bardella participe à la « dynamique »… de son effondrement (sa cote est désormais la plus basse jamais atteinte par un chancelier depuis qu’il y a des sondages). En septembre il y aura des élections en Saxe-Anhalt, et l’AfD, aujourd’hui à 41% dans les sondages locaux, pourrait remporter le Land contre tous les autres partis réunis.

Réaction de Tino Chrupalla, co-président de l’AfD :

« M. Bardella devrait d’abord devenir président. Il devrait se concentrer là-dessus et ne pas se jeter au cou de Friedrich Merz. Toute ingérence de la part d’autres partis étrangers dans notre pays est extrêmement problématique. Nous ne faisons pas cela, et je pense qu’il y a là un manque de connaissances, du moins de la part du Rassemblement national, mais aussi de Mme Meloni. »

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Quant à Bruno Retailleau, autre candidat à la présidentielle, il est aujourd’hui à Kiev:

« J’ai choisi de réserver mon premier déplacement international de campagne à l’Ukraine, qui depuis plus de quatre ans, fait face à l’agression russe. »

Soutien à l’Ukraine, déversement de dizaines de milliards dans le trou sans fond, voilà une convergence avec Bardella et Merz…