Le point de vue de Margarita Simonian

Interview de Margarita Simonian, rédactrice en chef du réseau RT, dans un média indéterminé.

Le journaliste :

Nous voyons que l’Ukraine procède à une escalade de la guerre jusqu’à Moscou et à l’intérieur de la Russie. Quelle est la réponse de la Russie ? Comment vont-ils répliquer, et où ?

Margarita Simonian :

Il y a une erreur fondamentale dans votre propos. Ce n’est pas l’Ukraine qui procède à une escalade. Ce n’est pas l’Ukraine qui apporte la guerre jusqu’à Moscou. C’est l’Europe qui procède à cette escalade, c’est l’Europe qui apporte la guerre jusqu’à Moscou. Et c’est pourquoi, Moscou, tôt ou tard, sera obligé de répondre.

L’Ukraine n’a jamais eu de missiles pour cibler Moscou. D’où viennent-ils ? Ils viennent d’Ukraine ? C’est l’Ukraine qui les fabrique ? Est-ce que ce pays possède Starlink, a tous ces renseignements, est-ce que c’est l’Ukraine qui se donne à elle-même les renseignements ? Est-ce qu’elle se vend à elle-même toutes ces armes ? Est-ce qu’elle se vend à elle-même les missiles Flamingo qui pénètrent déjà à l’intérieur de la Russie ? Est-ce que c’est le fait de l’Ukraine que des raffineries russes sont détruites ? Est-ce que c’est l’Ukraine qui fait tout cela ? C’est fait par des mains ukrainiennes, certes. Mais c’est l’Europe qui fait tout cela par des mains ukrainiennes. Et nous le comprenons très bien.

Lorsque nous sentirons que notre patience angélique – parce que le peuple russe est, avant tout, un peuple d’une patience incroyable – quand nous sentirons que notre patience est à bout, et que l’Europe ne nous laisse pas d’autre choix que de répondre, par exemple par des frappes sur les usines fabriquant les armes destinées à l’Ukraine… Je ne peux pas croire que soyez convaincu que c’est l’Ukraine qui fait tout cela… Donc, pourquoi la Russie procéderait à une escalade ? Parce que l’Europe mène une guerre contre la Russie depuis tout ce temps. Alors que la Russie a refusé de s’y engager. La Russie continue de combattre l’Ukraine tandis que l’Europe combat la Russie par les mains des Ukrainiens. Mais à un moment donné nous dirons : vous avez franchi la ligne. Vous nous faites la guerre depuis cinq ans, maintenant nous vous faisons la guerre aussi. Parce que, quoi d’autre sommes-nous supposés attendre ? Que l’Europe frappe nos centrales nucléaires ? Nous n’attendrons pas cela. L’Europe doit se calmer, autrement nos missiles voleront vers l’Europe. Ils le feront. C’est certain.

La Pologne et l’Ukraine

Le président polonais Karol Nawrocki, en conférence de presse au sommet de l’OTAN :

Hier, au cours du dîner, je me suis également entretenu avec de nombreux dirigeants mondiaux – nos alliés. Parmi eux figurait, bien entendu, le président Zelensky. On aura peut-être l’occasion de poursuivre la conversation aujourd’hui. Il me semble tout à fait naturel que des États voisins, confrontés à un ennemi commun – la Fédération de Russie, continuent d’entretenir un dialogue, malgré les désaccords bilatéraux existants.

Désaccords qui ont tout de même conduit le même président polonais à retirer à Zelensky la plus haute décoration polonaise. Mais ce n’est rien face à « l’ennemi commun ». Car l’ennemi ce n’est pas le nazisme ukrainien, c’est la Russie qui prône les mêmes valeurs traditionnelles que le président polonais… Et Nawrocki de faire cette déclaration alors que le site ukrainien Myrotvorets vient tout juste de mettre sur sa liste de personnes à éliminer le propre chef de cabinet du président polonais, pour la seule raison qu’il a appelé verbalement la Galicie de son nom polonais traditionnel de « Petite Pologne Orientale »…

Plus courageuse est Ewa Zajaczkowska, député polonais au Parlement européen :

"Plus de 360 façons d’assassiner des civils : scier des personnes vivantes, ouvrir le ventre des femmes enceintes, empaler les enfants sur des fourches, voilà comment l’UPA assassinait des Polonais, des Juifs, des Tchèques, des Arméniens et même des Ukrainiens. Et aujourd’hui Zelensky donne à une unité militaire le nom de « Héros de l’UPA », et construit un Panthéon national, déclarant que l’Ukraine choisit ses propres héros. C’est dommage qu’il les choisisse parmi des nazis. Si l’Allemagne donnait à une unité militaire le nom de héros SS ou érigeait des monuments à Hitler, Himmler, Goebbels ou Eichmann, est-ce que vous les inviteriez dans l’Union ? vous les appelleriez néo-nazis, et ce serait normal. Il n’y a pas de différence morale entre honorer les SS et honorer l’UPA. C’est le même culte de la force, la même haine ethnique. Le rapport sur l’Ukraine garde le silence. C’est un silence qui tue la mémoire des victimes de Volhynie et du génocide de nos frontières orientales pour la seconde fois. La marche de l’Ukraine vers l’Union européenne, avec des massacres de masse sur ses bannières, est une honte. En tant que Polonais, nous n’accepterons jamais l’accession de l’Ukraine à l’Union européenne. A bas le nazisme banderite !"

La dictature

La Cour de Justice de l’UE décide qu’un individu qui publie sur internet une vidéo de RT, quelle qu’elle soit, doit être puni pénalement. Car il s’agit de « protéger l’ordre et la sécurité publics de l’Union ». Sic.

Voici les vidéos RT France d’hier, le jour même de la décision de la CJUE, montrant donc la « propagande russe » strictement interdite :

Ci-après le communiqué intégral de la Cour de censure de l’UE :

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Vœux de Medvedev

Le 12 juin est férié en Russie parce que c’est la « Journée de la Russie ». Son nom officiel, qui explique son origine, est « Jour de l’Adoption de la Déclaration de la Souveraineté de l’État de la RSFSR » (12 juin 1990).

Le clin d’œil de Dmitri Medvedev, jamais à cours d’inspiration :

« Aucun ennemi ne peut entraver la croissance et la prospérité de notre patrie. Bonne fête de la Journée de la Russie ! »

(Si la vidéo ne fonctionne pas, voir directement sur le fil X de Medvedev.)

Russophobie pathologique

Le 21e paquet de sanctions contre la Russie est en route. Mais on ne sait plus quoi y mettre. Alors Ursule a eu une idée :

« Nous proposons pour la première fois d’interdire l’entrée dans l’Union européenne à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre, afin que l’Europe reste fermée à quiconque a participé à l’invasion de l’Ukraine, c’est aussi simple que cela. »

Dès 2022 la Commission européenne a pris des mesures qui ont divisé par huit le nombre de visas accordés aux Russes. Et en novembre dernier les visas à entrées multiples ont été interdits (ce que même la veuve de Navalny a dénoncé comme contre-productif).

Le 4 juin dernier, les 9 pays les plus russophobes de l’UE (Suède, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas et Pologne) ont réclamé l’introduction de « nouvelles mesures restrictives et contraignantes » pour diminuer encore le nombre de touristes russes et se priver des millions d’euros qu’ils apportent, dans la logique imperturbable des sanctions boomerangs. D’où la proposition d’Ursule.

Laquelle a d’autres idées pour son 21e paquet. Notamment des restrictions sur les importations de poisson, et une interdiction totale de la morue.

Trop tard, elle est déjà à Bruxelles.