La Finlande en chute libre

L’économie finlandaise en chute libre : de la critique envers le sud de l’Europe à une situation où le chômage dépasse celui de l’Espagne et où la dette avoisine celle du Portugal

• Pendant des années, la Finlande était le modèle à suivre pour de nombreux pays européens.

• En 2012, la Finlande critiquait l’octroi d’aides aux pays du Sud, Helsinki exigeant davantage de contreparties.

• Aujourd’hui, elle affiche le taux de chômage le plus élevé d’Europe et sa dette publique échappe à tout contrôle.

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« Certains diront que la vengeance est un plat qui se mange froid », n’hésite pas à dire le magazine économique espagnol El Economista devant la faillite de l’économie finlandaise. Car il est loin le temps où « sa position privilégiée lui permettait de réprimander les pays du sud de l’Europe » et de tenir « une position quelque peu intransigeante en exigeant des pays du Sud une discipline budgétaire stricte »…

Le très long article s’étend sur les causes lointaines du problème finlandais, en restant très discret sur les causes immédiates pourtant manifestes. Une seule phrase :

« Par la suite, l’invasion russe de l’Ukraine a mis fin à une grande partie des échanges commerciaux et du tourisme avec la Russie voisine et a contraint le pays à augmenter considérablement ses dépenses de défense. »

« A contraint… » On voit que la russophobie espagnole est du même acabit que celle des pays du nord.

Le fait est que le rideau de fer hermétique installé à la frontière russe est une catastrophe pour la Finlande, qui avait des relations commerciales intenses avec la Russie et où venaient de très nombreux touristes russes.

Telle est la double peine que s’infligent les pays riverains de la Russie : aux retombées des sanctions contre la Russie s’ajoute la double peine de la fin des revenus du commerce et du tourisme russes.

C’est le lot aussi des petits roquets baltes. Le plus excité étant ce jour la Lettonie. Elle réclame 7 milliards d’euros de Bruxelles « pour contribuer à financer la hausse des dépenses de défense et les retombées économiques de la rupture des liens avec Moscou »… Parce que « nous payons pour la défense de toute l’Europe », ne craint pas d’aboyer le Premier ministre Andris Kulbergs… Et en Lettonie il n’y en a pas un pour racheter l’autre : le parti « d’extrême droite » La Lettonie d’abord dit lui aussi que le pays doit recevoir un soutien particulier de Bruxelles en retour de son soutien aux mesures punitives contre Moscou…

Un avertissement de Poutine à Macron et consorts

Vladimir Poutine, à bord du croiseur Varyag au large de Sakhaline, où la marine russe mène des exercices :

« Nous constatons que les autorités de certains pays, en violation du droit maritime international, tentent de restreindre la circulation des navires de nos opérateurs économiques, des navires pacifiques, je tiens à le souligner. Et récemment, ils ont même envisagé de saisir nos navires et de vendre les biens qu’ils nous ont volés. Il va de soi qu’il ne s’agit de rien d’autre que de piraterie et de brigandage. Si cela commence à se produire dans les faits, nous serons contraints de riposter de la même manière, et pas forcément dans les eaux où des attaques contre nos navires sont planifiées, mais partout où nous-mêmes le jugerons nécessaire et approprié. »

Explications de Dmitri Medvedev :

« Les chiens d’Europe occidentale aboient bruyamment à propos de ce qu’ils appellent la « flotte fantôme » russe. Essayons de comprendre de quoi il s’agit. Il s’agit de navires commerciaux ordinaires qui naviguent sous des pavillons autres que russes, mais qui effectuent des transports dans nos intérêts. Ce type de pavillon est généralement appelé « pavillon de commodité » ou « pavillon de complaisance ». C’est un système dans lequel un navire est enregistré dans un pays autre que celui de son propriétaire, afin de réduire les impôts et les réglementations. Parmi ces pays figurent le Panama, la Liberia, les Îles Marshall, les Bahamas, le Belize, les Bermudes, les îles Caïmans, Chypre, Malte et les Seychelles. Bien sûr, aucun des « chiens » européens n’a le droit de retenir de tels navires, ni en vertu de la Convention sur le droit de la mer de 1982, ni en vertu de la législation nationale. C’est un pur abus de pouvoir. Mais de cela découle une conclusion importante : la grande majorité des navires européens naviguent également sous des pavillons de commodité. Et qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que, en adoptant une approche symétrique (ce qui est juste), la Russie a le droit d’attaquer tout navire commercial d’un pays ennemi, qu’il se trouve dans nos eaux ou dans des eaux neutres, s’il existe des soupçons suffisants qu’il transporte une cargaison dans l’intérêt de l’adversaire. C’est-à-dire, n’importe quelle cargaison ! Et il y a beaucoup de ces navires. Nos forces armées sont capables d’étendre considérablement leurs opérations au-delà du bassin de la mer Noire ! C’est exactement ce que le commandant de la flotte du Pacifique a rapporté aujourd’hui au commandant suprême. »

« Ingérence »…

Vu sur Euractiv :

Il va falloir lui expliquer que toute ingérence est russe par définition, et qu’on ne peut pas utiliser ce mot pour des conseils amicaux et une aide désintéressée pour faire le bon choix démocratique des valeurs européennes.

« Rien qu’en 2026, au moins sept personnalités politiques européennes de premier plan se sont rendues en Islande, la plupart d’entre elles plaidant ouvertement en faveur de la poursuite du processus d’adhésion de l’Islande à l’UE.
Parmi eux figurent des représentants de l’Espagne, de l’Autriche, de l’Allemagne et de la Slovaquie, ainsi que la présidente du groupe libéral au Parlement européen, Valérie Hayer ! »

« Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, s’est rendu en Islande en juillet et a déclaré aux médias locaux que l’Islande n’a « rien à perdre » à voter « oui ».
De son côté, Costas Kadis, commissaire européen chargé de la pêche, a déclaré lors d’une visite en avril que Bruxelles pourrait chercher à convaincre les Islandais en leur accordant des concessions dans le domaine de la pêche »

Les sanctions, ça marche…

Parmi les sanctions du 21e paquet contre la Russie, il y en a qui frappent des entreprises chinoises accusées de travailler avec la Russie. La Chine n’a pas tardé à répliquer (cliquer sur le message pour voir la démonstration) :

Le 21e paquet

Les 27 ont fini par se mettre d’accord sur le 21e paquet de sanctions contre la Russie, un mois et demi après la proposition de la Commission… « Un train de sanctions nettement affaibli » par rapport à cette proposition, doit avouer EUobserver. En fait il n’y a rien de marquant ni même de nouveau dans la nouvelle liste de 218 sanctions, en dehors de l’interdiction faite aux banques de l’UE de faire des transactions avec 32 banques russes. Effet boomerang garanti et immédiat…

Comme on n’a rien à se mettre sous la dent, Le Monde s’indigne que Xenia Fedorova ne soit pas sur la nouvelle liste des personnes soumises à des sanctions, et que personne ne l’ait même demandé…

C’est que malgré les hauts cris des uns et des autres, on ne peut rien reprocher à Xenia Fedorova. Ou alors il faudrait expulser nombre d’intervenants médiatiques ukrainiens, qui sont loin d’avoir la retenue et le sérieux de la journaliste russe.