Apparition de la Vierge Immaculée

Introit, par les moniales d’Ozon (1960).

Vidi civitátem sanctam, Jerúsalem novam, descendéntem de cælo a Deo, parátam sicut sponsam ornátam viro suo.
Eructávit cor meum verbum bonum ; dico ego opéra mea Regi.

J’ai vu la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel où est Dieu, et elle était toute ornée comme une épouse parée pour son époux. (Apocalypse 21)
De mon cœur a jailli une parole excellente, c’est que je consacre mes œuvres à mon Roi. (Psaume 44)

Sainte Scholastique

Séquence, par les bénédictines de Petersham (Massachusetts).

Emicat meridies,
et beata requies
virgini Scholasticae.

Midi brille, et il est bienheureux le repos de la vierge Scholastique.

Intrat in cubicula:
Sponsi petit oscula,
quem amavit unice.

Elle entre dans la chambre, elle cherche le baiser de l’Epoux qu’elle aime uniquement.

Quantis cum gemitibus,
cordis et ardoribus
haec Dilectum quaesiit!

Avec quels gémissements et ardeurs du cœur elle cherche le Bien-Aimé !

Movit caelos lacrimis,
imbribusque plurimis
pectus fratris mollit.

Elle émeut le ciel avec ses larmes, et par de fortes pluies elle adoucit le cœur de son frère.

O grata colloquia,
cum caelorum gaudia
Benedictus explicat!

O aimable conversation, quand Benoît expose les joies célestes !

Ardent desideria,
mentis et suspiria,
virgo, Sponsus excitat.

Les désirs flamboient, et l’Epoux éveille les soupirs de l’âme, ô vierge.

Veni formosissima,
sponsa dilectissima,
veni, coronaberis.

Viens, la plus belle, épouse très aimée, viens, tu seras couronnée.

Dormies in liliis,
afflues deliciis,
et inebriaberis.

Tu dormiras dans les lis, tu regorgeras de délices, et tu seras enivrée.

O columba virginum,
quae de ripis fluminum
adis aulam gloriae.

O colombe des vierges, qui des rives des fleuves vas au palais de la gloire.

Trahe nos odoribus,
pasce et uberibus
immortalis gratiae. Amen.

Attire-nous par tes parfums, nourris-nous de l’abondance de la grâce immortelle. Amen.

5e dimanche après l’Epiphanie

C’est une parole pleine d’humanité [humanus sermo] et digne de tout accueil, que le Christ Jésus est venu en ce monde sauver les pécheurs. Écoutez attentivement ce que dit l’Évangile : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui avait péri. » Si l’homme n’eût pas été perdu, le Fils de l’homme ne serait pas venu. L’homme était donc perdu, mais un Dieu vint à lui et l’homme fut ramené. L’homme s’était égaré par sa volonté libre, un Dieu fait homme vint le sauver par sa grâce libératrice.

Voulez-vous savoir quel est le pouvoir du libre arbitre pour le mal ? Rappelez-vous le péché de l’homme. Cherchez-vous à connaître la puissance d’un Dieu-Homme pour nous secourir ? Considérez en lui la grâce qui nous délivre. Nulle part, ce que peut l’usage de la volonté humaine possédée par l’orgueil et séparée du secours de Dieu, n’a pu être montré comme dans le premier homme ; non, nulle part la malice de cette volonté n’a pu être manifestée davantage ni avoir plus d’évidence. Le premier homme s’est perdu, et ou serait-il maintenant, si le second Adam n’était venu ? Parce que l’un était homme, l’autre s’est fait homme ; elle est donc pleine d’humanité cette parole [et ideo humanus sermo].

Nulle part non plus la bénignité de la grâce et la libéralité de la toute-puissance de Dieu n’ont paru avec autant d’éclat qu’en cet Homme, établi pour médiateur entre Dieu et les hommes, en cet Homme qui est le Christ Jésus. Que disons-nous, mes frères ? Je parle à des fidèles nourris dans la foi catholique, ou à des âmes gagnées à la paix de l’Église catholique. Nous le savons et nous le croyons fermement : le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, est homme ; et il est, en tant qu’homme, de la même nature que nous. Car notre chair et sa chair ne sont point différentes de nature ; notre âme n’est pas d’une nature, et son âme d’une autre nature. La nature dont il s’est revêtu, c’est celle qu’il avait résolu de sauver.

Saint Augustin, De verbis apostoli, sermon 8, leçon des matines (2e nocturne).

Saint Jean de Matha

Deus, qui per sanctum Joánnem órdinem sanctíssimæ Trinitatis, ad rediméndum de potestáte Saracenórum captívos, cǽlitus institúere dignátus es : præsta, quǽsumus ; ut, ejus suffragántibus méritis, a captivitáte córporis et ánimæ, te adjuvánte, liberémur. 

O Dieu, qui, par le moyen de saint Jean, avez daigné établir miraculeusement l’Ordre de la très sainte Trinité pour racheter les captifs du pouvoir des Sarrasins, faites, nous vous en supplions, que par les suffrages de ses mérites et le secours de votre grâce, nous soyons délivrés de la captivité du corps et de l’âme.

L’ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs.

La statue de Faucon de Barcelonnette.

Le tableau du Louvre.

*

On trouve aussi ce jour sur le martyrologe une mention plutôt mystérieuse :

A Constantinople, l’anniversaire des saints martyrs, moines du monastère de Die. Comme ils portaient les lettres du pape saint Félix III contre Acace, ils furent cruellement massacrés pour la défense de la Foi catholique.

Il s’agit d’un épisode du schisme d’Acace, patriarche de Constantinople de 471 à 489, qui n’occupe guère les historiens (et qui il est vrai n’a aucune importance sur le plan historique). Le schisme d’Acace fut le premier schisme entre Rome et Constantinople, il dura plus de 30 ans. L’Eglise étant déchirée entre nestoriens, eutychiens (monophysites) et orthodoxes, l’empereur Zénon eut l’idée de mettre tout le monde (ou une majorité) d’accord avec un texte intitulé Hénotique (acte d’union), accepté par le patriarche Acace, mais qui ne fit qu’aggraver les choses. Le pape Félix III envoya deux évêques à Constantinople pour que l’empereur et le patriarche abandonnent l’Hénotique. Mais les deux évêques finirent par être d’accord… Alors le pape réunit un concile qui condamna Acace, et envoya discrètement un certain Tutus remettre le texte au patriarche, en évitant les hommes de l’empereur qui surveillaient toutes les routes. Il se trouve que Tutus lui aussi se laissa gagner par le patriarche et l’empereur (surtout par leur argent, dit-on). Mais il avait laissé le document chez les moines restés solidement catholiques. Voici la suite, qui explique la notice du martyrologe, telle que racontée par Le Nain de Tillemont :