Purification de la Sainte Vierge

« Purificátio beátæ Maríæ Vírginis, quæ a Græcis Hypapánte Dómini appellátur. » La Purification de la Bienheureuse Vierge Marie, fête appelée par les Grecs Hypapante du Seigneur, dit le Martyrologe. Hypapante, c’est-à-dire la Rencontre. L’antienne de la procession, Adorna thalamum tuum, est d’origine grecque : c’est le premier apostiche de la fin des vêpres byzantines. L’antiphonaire du Mont-Blandin (vers 800) en donne d’ailleurs le texte à la fois en grec (translittéré) et en latin :

Chathacosmyso thon niphona su Sion Adorna thalamum tuum, Sion coe ipodexe ton basileon Christon et suscipe Regem Christum aspase thyn Mariam amplectere Mariam thyn epuranion phylyn quae est caelestis porta authy bastazi thon Basileon thys doxis ipsa enim portat regem gloria nephyli photos yparchy parthenos novo lumine subsistit Virgo ferusa en chersin Yon proeosforu adducens in manibus filium ante luciferum on labon Symeon en anchales autu quem accipiens Simeon in ulnis suis ekyrixen lais praedicavit populis despotyn authon ene Dominum eum esse Zois ce thanatu vitae et mortis ce Sothyra tu chosmu et salvatorem mundi

Voici cette antienne en latin par le chœur du grand scolasticat des Pères du Saint-Esprit de Chevilly sous la direction de Lucien Deiss (1958) ; en grec par Thanasis Daskalothanasis (suivi des autres apostiches) ; en slavon par les moniales du monastère de Pühtitsa (Estonie), le plus grand monastère orthodoxe des pays baltes, aujourd’hui menacé d’expulsion parce qu’il dépend directement du patriarche de Moscou.

Adórna thálamum tuum, Sion, et súscipe Regem Christum : ampléctere Maríam, quæ est cæléstis porta : ipsa enim portat Regem glóriæ novi lúminis : subsístit Virgo, addúcens mánibus Fílium ante lucíferum génitum : quem accípiens Símeon in ulnas suas, prædicávit pópulis, Dóminum eum esse vitæ et mortis, et Salvatórem mundi.

Orne ta chambre nuptiale, Sion, accueille le Christ notre Roi ; embrasse Marie, la porte du Ciel : c’est elle, le nouveau trône des Chérubins ; elle porte le Roi de gloire, nuée lumineuse portant en la chair le Fils avant l’aurore engendré ; Siméon, le recevant dans ses bras, révèle à tous les peuples qu’il est le Maître de la vie et de la mort, le Rédempteur de nos âmes.

Κατακόσμησον τὸν νυμφῶνά σου Σιών, καὶ ὑπόδεξαι τὸν Βασιλέα Χριστόν, ἄσπασαι τὴν Μαριάμ, τὴν ἐπουράνιον πύλην· αὕτη γὰρ θρόνος Χερουβικὸς ἀνεδείχθη, αὕτη βαστάζει τὸν Βασιλέα τῆς δόξης, νεφέλη φωτὸς ὑπάρχει ἡ Παρθένος, φέρουσα ἐν σαρκὶ Υἱὸν πρὸ Ἑωσφόρου, ὃν λαβὼν Συμεὼν ἐν ἀγκάλαις αὐτοῦ ἐκήρυξε λαοῖς, Δεσπότην αὐτὸν εἶναι, ζωῆς καὶ τοῦ θανάτου, καὶ Σωτῆρα τοῦ κόσμου.

Saint Ignace

Ménologe de Basile II (vers l’an 1000).

Doxastikon des laudes, par Penka Borisova, église Saint-Georges, Sofia, Bulgarie.

Colonne vivante et image animée, voici venue ta fête de chaque année proclamant, saint Ignace porteur-de-Dieu, ta doctrine et tes exploits sublimes, ta résistance pour la foi jusqu’au don de ton sang, ta bienheureuse parole de renommée éternelle, disant : Je suis le froment de notre Dieu et je veux être broyé sous les dents des fauves. Toi qui fus l’imitateur de la Passion du Christ, intercède pour que nos âmes soient sauvées.

Saint Jean Bosco

Pour l’éducation de ses jeunes, Don Bosco utilisait beaucoup la musique. Dès son enfance, il aimait chanter. Comme il avait une belle voix, M. Roberto, premier chantre de la paroisse, lui enseigna le chant solennel. En quelques mois, Jean put monter sur la tribune et exécuter des morceaux de chant avec d’excellents résultats. En même temps, il commença à jouer de l’épinette, instrument à cordes pincées avec clavier, et du violon.

Prêtre à Turin, il fit le maître de musique de ses premiers oratoriens, formant peu à peu de véritables chorales qui attiraient la sympathie des auditeurs par leurs chants.

Après l’ouverture de l’internat, il créa une école de chant grégorien et, au bout de quelque temps, il emmenait ses petits chanteurs dans les églises de la ville et de l’extérieur de Turin pour y interpréter leur répertoire.

Il composa lui-même des chants sacrés, comme celui à l’Enfant Jésus : « Ah ! chantons au son de la jubilation… ». Il lança également certains de ses disciples dans l’étude de la musique, parmi lesquels Don Giovanni Cagliero, qui devint plus tard célèbre pour ses créations musicales, gagnant l’estime des experts. En 1855, Don Bosco créa la première fanfare instrumentale de l’Oratoire.

Mais Don Bosco ne se contentait pas de l’à peu près ! Dès les années 1860, il inséra dans l’un de ses Règlements un chapitre sur les cours du soir de musique, où il dit, entre autres, ceci :

 « On exige de chaque élève musicien la promesse formelle de ne pas aller chanter ou jouer dans les théâtres publics, ni dans aucun autre divertissement où la religion et la morale pourraient être compromises. »

À un religieux français qui avait fondé un Oratoire festif et qui lui demandait s’il convenait d’enseigner la musique aux garçons, il répondit : « Un Oratoire sans musique, c’est comme un corps sans âme ! »

Don Bosco parlait assez bien le français, mais avec une certaine liberté de grammaire et d’expression. À cet égard, une de ses réponses sur la musique des garçons est restée célèbre. L’abbé L. Mendre de Marseille, curé de la paroisse Saint-Joseph, l’aimait beaucoup. Un jour, il était assis à côté de lui lors d’un spectacle à l’Oratoire Saint-Léon. Les petits musiciens faisaient de temps en temps un couac. L’abbé, qui s’y connaissait en musique, bouillonnait et sursautait à chaque fausse note. Don Bosco lui chuchota à l’oreille en français : « Monsieur Mendre, la musique de les enfants elle s’écoute avec le cœur et non avec les oreilles. » L’abbé se rappellera par la suite d’innombrables fois cette réponse, qui révélait la sagesse et la bonté de Don Bosco.

P. Natale CERRATO

Sainte Martine

Urbain VIII a institué cette fête en 1635 pour honorer une vierge martyre un 1er janvier d’on ne sait quelle année, ni même quel siècle, mais dont on venait de retrouver les reliques dans l’église de Rome portant son nom.

Sur cette église et les hymnes d’Urbain VIII, voir 1, 2, 3, 4.

Le martyrologe de ce jour se conclut par la mention de « sainte Bathilde, reine, célèbre par sa sainteté et ses miracles éclatants ». Voici le début de la Vie de sainte Bathilde, émouvante dans sa simplicité, rédigée par un moine de Chelles peu après sa mort, dépourvue des excès hagiographiques… qui y seront ensuite ajoutés. Bathilde avait fondé deux monastères à Chelles, un de moines et un de moniales, où elle vécut les dernières années de sa vie.

Béni soit le Seigneur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité et qui fait tout en tous, dans le vouloir et l’agir. C’est dans les mérites et les vertus des saints qu’il faut le chanter avant tout, lui qui de petits les a rendus grands, lui qui en effet relève le pauvre de la poussière et le fait s’asseoir avec les princes de son peuple, comme justement il l’a fait avec cette grande femme, la reine Bathilde. Appelée par la providence divine des régions au-delà de la mer et vendue pour un petit prix, elle est devenue la précieuse perle de Dieu. Elle fut recueillie par le chef des Francs, le célèbre Erchinoald, et resta honnêtement à son service pendant son adolescence, si bien que sa manière de vivre, pieuse et admirable, plut autant au chef qu’à ses serviteurs. Elle avait en effet une âme douce, vivait dans la sobriété, cultivant la prudence et évitant le mal. Elle n’était ni légère ni présomptueuse dans ses paroles et honnête dans toutes ses actions. Elle venait de la race des Saxons et était d’aspect agréable et délicat, son visage était joyeux et sa démarche noble. Elle plut donc à Erchinoald qui la désigna pour s’occuper de sa vaisselle et rester fidèlement à son service comme échanson. Elle ne conçut aucun orgueil de sa nouvelle dignité, au contraire, bien établie dans l’humilité, elle était toujours obéissante et aimable envers ses compagnes, acceptant avec honneur de servir les anciens. Elle enlevait les chausses de leurs pieds, les lavait, apportait de l’eau pour le bain et préparait leurs vêtements, accomplissant tout cela de bonne humeur, sans plainte aucune.

Ce noble comportement fit qu’elle grandit dans l’estime et l’amour de ses compagnes et qu’elle obtint une heureuse renommée au point que, lorsque décéda la femme du chef Erchinoald, celui-ci décida de prendre l’honnête vierge Bathilde comme nouvelle épouse. L’ayant appris, celle-ci essaya discrètement mais avec soin de se soustraire à sa vue. Alors qu’on venait pour l’appeler en présence d’Erchinoald, elle se cacha dans un coin, vêtue de haillons, afin que personne ne puisse découvrir qu’elle se trouvait là. Telle une vierge prudente et attentive elle fuyait les vains honneurs et aimait l’humilité ; elle essayait, si elle le pouvait, d’éviter le lit d’un homme, pour pouvoir se donner à l’époux spirituel et céleste. Tout cela était sans doute permis par la providence : Erchinoald, voyant qu’on ne trouvait pas l’épouse demandée, prit finalement une autre femme. Ce ne fut qu’ensuite qu’elle fut reconnue et que, par un signe de Dieu, celle qui évita de devenir l’épouse du chef franc devint finalement la femme de Clovis, fils du roi Dagobert. Par le mérite de son humilité elle fut portée à un plus grand honneur. La providence divine voulut ainsi l’honorer : alors qu’elle essayait de se tenir éloignée d’un des serviteurs du roi, elle devait finir par être unie au roi lui-même et à donner naissance à une descendance royale. Ceci est maintenant visible aux yeux de tous, un de ses descendants occupant maintenant le trône.