A Madaure, en Afrique, saint Namphanion martyr, et ses compagnons, qu’il encouragea au combat et conduisit au triomphe.
C’est la sixième notice du martyrologe de ce jour, qui commence par sainte Elisabeth de Portugal parce qu’elle est née au ciel ce jour-là mais dont la fête a été reportée au 8 par Innocent XII parce qu’elle tombait pendant l’octave des apôtres.
saint Namphanion, ou plutôt Namphamon, est le premier nommé ce jour dans le synaxaire byzantin après saint André de Crète dont c’est la fête (il s’agit de l’auteur du grand canon pénitentiel).
Le synaxaire l’appelle « archimartyr » donc le premier martyr d’Afrique (en 198) et donne les noms de ses compagnons : Miggine, Lucitas et Sanaë.
Un philosophe païen avait écrit à saint Augustin pour protester contre le fait que les chrétiens ne vénèrent pas les dieux, mais des hommes, et il nomme précisément ceux-là, appelant le premier Mygdon, et s’en prenant particulièrement au nom de Namphamon. Saint Augustin lui répond sur le fond, et lui reproche de se moquer de la langue punique, car Namphamon « signifie un homme qui vient d’un bon pied, c’est-à-dire dont la venue apporte quelque chose d’heureux », ce qui n’est pas le cas de certains immondes dieux païens. J’avais largement cité cet échange épistolaire l’an dernier.
Dieu sera glorifié dans l’ouvrage par lui modelé, lorsqu’il l’aura rendu conforme et semblable à son Fils. Car, par les Mains du Père, c’est-à-dire par le Fils et l’Esprit, c’est l’homme, et non une partie de l’homme, qui devient à l’image et à la ressemblance de Dieu. Or l’âme et l’esprit peuvent être une partie de l’homme, mais nullement l’homme : l’homme parfait, c’est le mélange et l’union de l’âme qui a reçu l’Esprit du Père et qui a été mélangée à la chair modelée selon l’image de Dieu. Et c’est pourquoi l’Apôtre dit : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits. » Sous ce nom de « parfaits », il désigne ceux qui ont reçu l’Esprit de Dieu et qui parlent toutes les langues grâce à cet Esprit, comme lui-même les parlait, et comme nous entendons aussi nombre de frères dans l’Église, qui possèdent des charismes prophétiques, parlent toutes sortes de langues grâce à l’Esprit, manifestent les secrets des hommes pour leur profit et exposent les mystères de Dieu.
Ces hommes-là, l’Apôtre les nomme également « spirituels » : spirituels, ils le sont par une participation de l’Esprit, mais non par une évacuation et une suppression de la chair. En effet, si l’on écarte la substance de la chair, c’est-à-dire de l’ouvrage modelé, pour ne considérer que ce qui est proprement esprit, une telle chose n’est plus l’homme spirituel, mais l’« esprit de l’homme» ou l’« Esprit de Dieu ». En revanche, lorsque cet esprit, en se mélangeant à l’âme, s’est uni à l’ouvrage modelé, grâce à cette effusion de l’Esprit se trouve réalisé l’homme spirituel et parfait, et c’est celui-là même qui a été fait à l’image et à la ressemblance de Dieu. Quand au contraire l’Esprit fait défaut à l’âme, un tel homme, restant en toute vérité psychique et charnel, sera imparfait, possédant bien l’image de Dieu dans l’ouvrage modelé, mais n’ayant pas reçu la ressemblance par le moyen de l’Esprit. De même donc que cet homme est imparfait, de même aussi, si l’on écarte l’image et si l’on rejette l’ouvrage modelé, on ne peut plus avoir affaire à l’homme, mais, ainsi que nous l’avons dit, à une partie de l’homme ou à quelque chose d’autre que l’homme.
Car la chair modelée, à elle seule, n’est pas l’homme parfait : elle n’est que le corps de l’homme, donc une partie de l’homme. L’âme, à elle seule, n’est pas davantage l’homme : elle n’est que l’âme de l’homme, donc une partie de l’homme. L’esprit non plus n’est pas l’homme : on lui donne le nom d’esprit, non celui d’homme. C’est le mélange et l’union de toutes ces choses qui constitue l’homme parfait. Et c’est pourquoi l’Apôtre, s’expliquant lui-même, a clairement défini l’homme parfait et spirituel, bénéficiaire du salut, lorsqu’il dit dans sa première épître aux Thessaloniciens : « Que le Dieu de paix vous sanctifie en sorte que vous soyez pleinement achevés, et que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps — soit conservé sans reproche pour l’avènement du Seigneur Jésus. »
Quel motif avait-il donc de demander pour ces trois choses, à savoir l’âme, le corps et l’esprit, une intégrale conservation pour l’avènement du Seigneur, s’il n’avait su que toutes les trois doivent être restaurées et réunies et qu’il n’y a pour elles qu’un seul et même salut ? C’est pour cela qu’il dit « pleinement achevés » ceux qui présentent sans reproche ces trois choses au Seigneur. Sont donc parfaits ceux qui, tout à la fois, possèdent l’Esprit de Dieu demeurant toujours avec eux et se maintiennent sans reproche quant à leurs âmes et quant à leurs corps, c’est-à-dire conservent la foi envers Dieu et gardent la justice envers le prochain.
La divine liturgie de TV-Soyouz était retransmise ce matin depuis l’église Sainte-Catherine-sur-Vspolié de Moscou. Une église confiée à l’« Eglise orthodoxe en Amérique » (nom de l’Eglise russe autocéphale des Etats-Unis et du Canada) lorsqu’elle a été rendue au culte.
Or c’est aujourd’hui la fête de saint Jean de Shangaï et de San Francisco, un évêque de l’Eglise orthodoxe russe hors frontières (1896-1966), canonisé par cette Eglise à San Francisco en 1994, canonisation reconnue par le patriarcat de Moscou en 2008, l’année suivant la réconciliation.
Saint Jean de Shangaï et de San Francisco (né près de Kharkov) est très populaire dans le monde orthodoxe russe, en raison de ses miracles (il a officiellement le titre de tchoudotvorets, faiseur de miracles, comme saint Nicolas). Alors qu’on est en semaine, l’église était pleine. Pendant la liturgie les fidèles vénéraient l’icône et la ceinture liturgique du saint.
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Le chœur est remarquable, dirigé par une « régente » énergique. Il y a même une basse profonde, comme on peut le constater dans l’hymne des chérubins, qui commence un peu avant 1h14. Il y a aussi le Mégalynaire (chant à Marie après la consécration, à 1h41.) Etc.
La fête, seulement occidentale, de la Visitation, s’est développée à partir de 1263, avec divers formulaires. Saint Pie V les balaya tous et lui assigna le commun des fêtes de la Sainte Vierge, avec des lectures propres. Lorsqu’il révisa le bréviaire, en 1602, Clément VIII (le pape qui révisa aussi la Vulgate) ajouta des antiennes à l’office du jour, tirées simplement de l’évangile, et des répons aux matines.
Voici la première antienne, et celle du Benedictus, chantées par les moniales de l’abbaye d’Ozon (en 1960) selon l’antiphonaire monastique de 1934.
Exsúrgens María, * ábiit in montána cum festinatióne in civitátem Juda.
Marie, se levant, s’en alla en grande hâte en une ville de Juda.
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Cum audísset * salutatiónem Maríæ Elísabeth, exclamávit voce magna et dixit : Unde hoc mihi, ut véniat Mater Dómini mei ad me ? Allelúia.
Lorsqu’elle eut entendu la salutation de Marie, Élisabeth s’écria d’une voix forte : D’où m’arrive-t-il que la Mère de mon Seigneur vienne vers moi ? Alléluia.
Au Texas, dans le diocèse de San Angelo, le P. Ryan Rojo exprime publiquement toute sa gratitude au pape et au dicastère pour le culte divin de prolonger de deux ans la permission de célébrer la messe traditionnelle dans l’église de la paroisse Sainte-Marguerite de San Angelo, par dérogation exceptionnelle au motu proprio Traditionis custodes. C’est la seule messe traditionnelle du diocèse.
« Comme auparavant, l’octroi de cette dispense repose sur un effort continu visant à promouvoir la pleine appréciation et l’acceptation des livres liturgiques renouvelés par le décret du Concile Vatican II et promulgués par les papes Saint Paul VI et Saint Jean-Paul II. »
En bref, vous continuez à pouvoir bénéficier de la messe traditionnelle (seulement d’une messe le dimanche et d’une messe le jeudi, à l’exclusion de toute autre célébration liturgique et tout autre sacrement) pendant deux ans, à condition de faire la promotion pleine et entière de la néo-liturgie dont vous ne voulez pas…
On peut supposer qu’à force d’en faire la promotion, les fidèles auront compris dans deux ans qu’ils veulent désormais cette messe-là.
La décision du dicastère laisse entendre que Traditionis custodes sera toujours en vigueur dans deux ans. Mais qu’il se passera peut-être quelque chose dans deux ans, parce qu’on ne voit pas pourquoi la prolongation arbitraire de deux ans ne serait pas d’un an ou de trois ans.
Alors la messe traditionnelle sera complètement interdite ? Ou bien Traditionis custodes sera abrogé ?
Wait and see, comme on dit chez le pape.
On aura une pensée pour les fidèles du diocèse de Detroit, ou la dérogation n’a pas été prolongée, et où la messe traditionnelle disparaît, à partir de ce 1er juillet, de la dizaine de paroisses où elle était célébrée.