De la férie

La première notice du martyrologe concerne saint Zénon et ses… 10.203 compagnons martyrs. Je les avais évoqués l’an dernier.

La deuxième notice est sur un saint qui est également commémoré ce jour dans le calendrier byzantin :

Gortynæ, in Creta, sancti Cyrílli Epíscopi, qui, in persecutióne Décii, sub Lúcio Præside, flammis est injéctus, et, cum ab igne, incénsis vínculis, illæsus evasísset, ac stupóre tanti miráculi a Júdice dimíssus esset, rursus ab eódem, pro instánti et álacri fídei prædicatióne facta de Christo, comprehénsus et cápite plexus est.

A Gortyne, en Crète, saint Cyrille évêque. Durant la persécution de Dèce, sous le préfet Lucius, il fut jeté dans les flammes, mais ses liens étant brûlés, il en sortit sain et sauf : stupéfait de ce miracle le juge le laissa aller ; mais voyant qu’il prêchait le Christ avec une nouvelle ardeur, il le fit saisir de nouveau et décapiter.

Selon les actes de son martyre, il fut condamné au bûcher parce qu’il refusait de sacrifier aux idoles., mais les flammes ne me touchèrent pas. Le miracle convertit de nombreux païens et le préfet Lucius lui-même loua le Dieu des chrétiens. Mais comme Cyrille continuait de prêcher avec d’autant plus d’ardeur qu’il regrettait de n’avoir pas été martyr, il finit par être arrêté de nouveau et fut décapité. Il avait 84 ans.

Saint Cyrille de Gortyne, avec, à droite, saint Tite premier évêque de Crète, fresque de Ioannis Pagomenos (1327-1328), en l’église Saint-Michel de Pleminiana, en Crète.

Sainte Elisabeth de Portugal

En 1282 elle épouse Dinis Ier du Portugal, roi réformateur et poète, mais à la vie privée assez agitée. Elisabeth mena à la cour du Portugal la même vie de piété et de charité que dans son enfance. Elle pardonnait toujours à son mari, qui cependant l’aimait profondément, son inconduite.

Les conseillers du roi se plaignirent des dépenses que la reine faisait, dépensant sans compter pour les nécessiteux. Dinis Ier décida d’intervenir et, la rencontrant un jour, lui demanda ce qu’elle cachait dans son tablier. Elisabeth lui répondit qu’il s’agissait de roses pour la chapelle. Comme on était au mois de janvier, et que cette floraison paraissait improbable, il somma son épouse de lui montrer ce qu’elle transportait. Celle-ci ouvrit son tablier et ce furent des roses qui apparurent. Devant ce miracle le roi n’intervint plus dans les œuvres pieuses de son épouse.

Ce petit retable de 29cm/36cm, huile sur bois, peut être considéré comme le premier ex voto du Portugal. Il fut commandé dans la moitié du XVIème siècle à un peintre, resté inconnu, par un professeur de droit canon pour remercier la Sainte de la guérison de sa nièce.

La peinture représente Sainte Elisabeth, couronne sur la tête, défaisant les plis de sa robe pour laisser apparaître les roses. Elle-même ne semble pas étonnée de ce miracle. En arrière fond, devant des vues de la ville de Coimbra sainte Elisabeth est représentée accomplissant des œuvres de charité dont le lavement des pieds d’une femme atteinte d’ulcères et qu’elle embrasse malgré l’odeur atroce qui s’en dégage.

(Source)

Saints Cyrille et Méthode

Tropaire des deux frères Cyrille et Méthode égaux aux apôtres et illuminateurs des Slaves, en chant russe znamenny dit « serbe » (apparu au XVIIe siècle semble-t-il, mais sans rapport avec le chant liturgique serbe actuel).

Яко апостолом единонравнии/ и словенских стран учителие,/ Кирилле и Мефодие богомудрии,/ Владыку всех молите,/ вся языки словенския утвердити в Православии и единомыслии,// умирити мир и спасти души наша.

Émules des apôtres et docteurs des pays slaves, Cyrille et Méthodes sages en Dieu, priez le Maître de toutes choses de confirmer tous les peuples slaves dans la vraie foi et la concorde, d’apaiser le monde et de sauver nos âmes.

4e dimanche après la Pentecôte

La première des dix tapisseries commandées à Raphaël par Léon X est l’histoire de la pêche miraculeuse, évangile de ce dimanche. Toute la péricope est racontée dans une seule image, qui est un extraordinaire chef-d’œuvre.

Le « carton » date de 1515. La tapisserie a été réalisée à Bruxelles en 1517 dans l’atelier de Pieter van Aelst sous la surveillance de Bernard van Orley.

Pour des raisons techniques le carton est inversé par rapport à la tapisserie. Il était découpé en plusieurs morceaux. Ces cartons ont été reconstitués à la fin du XVIIe siècle en Angleterre à la demande de Guillaume III (d’Orange-Nassau, gouverneur des Pays-Bas – pour faire court – avant d’être roi d’Angleterre).

« Jésus, pressé par la foule qui voulait entendre la parole de Dieu, se tenait sur le bord du lac de Génésareth. Et il vit deux barques arrêtées au bord du lac ; les pêcheurs étaient descendus, et lavaient leurs filets. Et montant dans l’une de ces barques, qui appartenait à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de la terre ; et s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la barque. Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon : Pousse au large, et jetez vos filets pour pêcher. Simon, lui répondant, dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur votre parole, je jetterai le filet. Lorsqu’ils l’eurent fait, ils prirent une si grande quantité de poissons, que leur filet se rompait. Et ils firent signe à leurs compagnons, qui étaient dans l’autre barque, de venir les aider. Ils vinrent, et ils remplirent les deux barques, au point qu’elles étaient presque submergées. Quand Simon Pierre vit cela, il tomba aux pieds de Jésus, en disant : Seigneur, retirez-vous de moi, car je suis un pécheur. Car l’épouvante l’avait saisi, et aussi tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche des poissons qu’ils avaient faite ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée qui étaient compagnons de Simon. Alors Jésus dit à Simon : Ne crains point ; désormais ce sont des hommes que tu prendras. Et ayant ramené les barques à terre, ils quittèrent tout, et le suivirent. » (Luc 5, 1-11)

Saint Antoine Marie Zaccaria

Fac nos, Dómine Deus, supereminéntem Jesu Christi sciéntiam, spíritu Pauli Apóstoli, edíscere : qua beátus Antónius María mirabíliter erudítus, novas in Ecclésia tua clericórum et vírginum famílias congregávit.

Faites-nous, Seigneur, la grâce d’apprendre selon l’esprit de l’Apôtre Paul la science suréminente de Jésus-Christ dont le bienheureux Antoine-Marie fut merveilleusement instruit, lui qui rassembla dans votre Église de nouvelles familles de clercs et de religieuses.

Nous sommes fous à cause du Christ ; saint Paul, notre guide et notre protecteur, disait cela de lui-même, des autres Apôtres et de tous ceux qui professent la vie chrétienne et apostolique. Mais, frères très chers, cela ne doit pas nous étonner ou nous effrayer, car le serviteur n’est pas plus grand que son maître, l’esclave n’est pas plus grand que son seigneur. Ceux qui s’opposent à nous se font tort à eux-mêmes, mais ils nous procurent des mérites, car ils embellissent notre couronne de gloire éternelle, tandis qu’ils attirent sur eux la colère divine ; nous devons donc les plaindre et les aimer plutôt que les détester et les haïr. Nous devons même prier pour eux et ne pas nous laisser vaincre par le mal, mais vaincre le mal par le bien et amasser sur leurs têtes des charbons ardents, comme nous y exhorte l’Apôtre, c’est-à-dire leur prodiguer des témoignages d’affection. C’est ainsi qu’en voyant notre patience et notre douceur, ils reviendront à une meilleure conduite et seront gagnés par le feu de l’amour envers Dieu.

Malgré notre indignité, Dieu nous a choisis en nous tirant du monde, selon sa miséricorde, pour que nous le servions en progressant de vertu en vertu, pour que nous méritions beaucoup de fruit par la persévérance, en trouvant notre gloire non seulement dans l’espérance de la gloire des fils de Dieu, mais encore dans nos épreuves.

« Voyez bien quelle est votre vocation », frères très chers. Si nous voulons la considérer attentivement, nous verrons facilement ce qu’elle exige. Nous qui avons entrepris de suivre, quoique de loin, les traces des saints Apôtres et des autres soldats du Christ, ne refusons pas de participer à leurs souffrances. « Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. »

Nous qui avons choisi ce grand Apôtre comme notre guide et notre père, et qui faisons profession de le suivre, essayons d’exprimer par notre conduite son enseignement et sa vie. Il ne faut pas que, sous un tel chef, nous soyons des soldats lâches ou fuyards, ni que nous soyons les fils dégénérés d’un si noble père.