Dédicace de l’Archibasilique du Très Saint Sauveur

Fundata est domus Domini super verticem montium, et exaltata est super omnes colles, * et venient ad eam omnes gentes et dicent : Gloria tibi Domine. ℣. Venientes autem venient cum exsultatione, portantes manipulos suos. * et venient. Gloria. * et venient.

La demeure du Seigneur a été fondée par-dessus la cime des montagnes, et élevée au-dessus de toutes collines, * et toutes les nations viendront à elle, et diront : Gloire à vous, Seigneur. * et toutes les nations. Gloire au Père. * et toutes les nations.
(Isaïe 2,2 ; Psaume 125,6.)

De la férie

Mémoire des Quatre saints couronnés.

Romæ, via Lavicána, tértio ab Urbe milliário, pássio sanctórum Mártyrum Cláudii, Nicóstrati, Symphoriáni, Castórii et Simplícii, qui, primo in cárcerem missi, deínde scorpiónibus gravíssime cæsi, tandem, cum ex fide Christi dimovéri non possent, a Diocletiáno jussi sunt in flúvium præcípites dari.

Ibídem, via Lavicána, natális sanctórum Quátuor Coronatórum fratrum, id est Sevéri, Severiáni, Carpóphori et Victoríni; qui, sub eódem Imperatóre, íctibus plumbatárum usque ad mortem cæsi sunt. Horum autem nómina, quæ póstea, interjéctis annis, Dómino revelánte, osténsa sunt, cum mínime reperíri tunc potuíssent, statútum fuit ut anniversária dies ipsórum, una cum illis quinque, sub nómine sanctórum Quátuor Coronatórum recolerétur; qui mos, étiam postquam reveláta sunt, in Ecclésia perseverávit.

« Rome, sur la voie Lavicane, à trois mille de la Ville, la passion des saints martyrs Claude, Nicostrate, Symphorien, Castorius et Simplice. Mis en prison d’abord, ils furent ensuite cruellement déchirés avec des scorpions, mais comme ils demeuraient inébranlables dans leur Foi au Christ, Dioclétien ordonna de les précipiter dans le fleuve.

« Sur la même voie Lavicane, l’anniversaire des saints Quatre Couronnés, frères : Sévère, Sévérien, Carpophore et Victorin. Sous le même empereur, ils furent si cruellement meurtris avec des cordes garnies de plomb, qu’ils expirèrent sous les coups. Comme on ignorait leurs noms, avant que, bien des années plus tard, ils eussent été révélés par le Seigneur, il fut statué qu’on célébrerait leur anniversaire avec celui des cinq précédents, sous l’appellation des quatre Saints Couronnés, pratique qui s’est conservée dans l’Eglise, même depuis que leurs noms nous ont été révélés. »

Et c’est ainsi que les quatre saints couronnés sont neuf… Mais dans le sacramentaire gélasien ce sont bien les cinq premiers qui sont les Quatre Couronnés, comme dans l’antique Depositio martyrum. Le sacramentaire grégorien ne leur donne que le nom générique de Quatre couronnés, qui s’est retrouvé dans le martyrologe, avant qu’on ajoute leurs noms… et qu’on ajoute les quatre autres devenus les Couronnés parce qu’ils étaient quatre…

De la férie

Dans le martyrologe de ce jour, une jolie perle de style :

Eódem die sancti AmaránthiMártyris, qui apud Albigénsem urbem, in Gállia, exácto agónis fidélis cursu, sepúltus, vivit in glória.

Le même jour, saint Amarand martyr. Ayant achevé son combat pour la foi, il fut enseveli près d’Albi, en Gaule, et il vit dans la gloire.

En fait je vois qu’il s’agit d’une citation de Grégoire de Tours, qui poursuit :

Sa tombe a été longtemps négligée, se recouvrant de buissons et de ronces, mais, sur l’ordre du Seigneur, elle a été révélée aux peuples chrétiens et la crypte dans laquelle il reposait a été mise au jour avec éclat…

La page du site de « l’Eglise catholique dans le Tarn » (ce qu’on appelle le diocèse d’Albi quand on est catholique) sur saint Amarand précise :

Et pourtant, la tombe était vide, depuis au moins le IXe siècle. Le corps du martyr avait été transféré à Vieux, où s’était fondée une communauté de chanoines, qui voulaient sans doute enrichir leur église de précieuses reliques.

C’est là que les fidèles sont venus nombreux en pèlerinage, pour vénérer le martyr albigeois, jusqu’en 1494, date à laquelle l’évêque d’Albi, Louis d’Amboise, recueillit ses restes dans sa cathédrale.

De la férie

Martyrologe :

A Thynissa, en Afrique, l’anniversaire de saint Félix martyr. Après qu’il eut confessé sa Foi, on différa son supplice, mais le lendemain il fut trouvé mort dans la prison, comme nous l’apprend saint Augustin, dans le commentaire d’un psaume qu’il fit au peuple le jour de sa fête.

Il s’agit du sermon sur le psaume 127 :

Ne soyez point jaloux de tout homme qui, sans marcher dans les mêmes voies, jouit d’une félicité malheureuse. Car les hommes du monde sont heureux pour leur malheur ; tandis que les martyrs souffraient pour leur bonheur. Leur douleur n’était que pour un temps, leur bonheur pour l’éternité, et lors même qu’ils étaient malheureux pour un temps, on les croyait plus malheureux encore qu’ils ne l’étaient réellement. Que dit en effet l’Apôtre ? « Nous paraissons tristes, et nous sommes toujours dans la joie ». Pourquoi « toujours ? » En cette vie et en l’autre ; oui, en cette vie et en l’autre. D’où vient en effet notre joie ici-bas ? de l’espérance. D’où nous viendra-t-elle en l’autre vie ? de la réalité. C’est une grande joie que l’espérance d’un homme qui est dans la joie. Mais si « nous nous réjouissons dans la joie », voyez ce qui suit : « Patients dans la tribulation ». Les martyrs étaient donc dans la tribulation, parce qu’ils se réjouissaient dans l’espérance. Mais parce que la promesse n’était pas encore réalisée, que dit l’Apôtre ? « L’espérance que l’on voit, n’est pas une espérance : si donc nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons par la patience ». Voilà ce qui a aidé les martyrs à endurer tant de maux, c’est qu’ils attendaient par la patience ce qu’ils ne voyaient pas encore. Pour leurs bourreaux, ils aimaient ce qu’ils voyaient ; mais les victimes aspiraient à ce qu’elles ne voyaient point encore, elles se hâtaient d’atteindre les biens invisibles. Le retard de la mort était à leurs yeux un délai préjudiciable.

Il a donc méprisé le monde, ce Félix dont nous célébrons la fête aujourd’hui, qui a dans son nom et dans sa couronne la véritable félicité. Mais cette félicité lui vint-elle de sa crainte pour Dieu, et fut-il heureux, parce que son épouse fut ici-bas comme une vigne féconde, parce que ses enfants environnaient sa table ? [citation du psaume 127] Sans doute il a tous ces biens, mais dans le corps mystique de Celui qui est décrit en notre psaume. Et comme il l’a compris de la sorte, il méprise le présent, afin de posséder l’avenir. Mais vous devez savoir qu’il ne souffrit point la mort comme les autres martyrs. Car, après qu’il eut confessé Jésus-Christ, on différa son supplice, et le lendemain on le trouva mort. On avait fermé la porte sur lui, mais pour son corps seulement, non pour son âme. Quand ils se préparaient à le tourmenter, les bourreaux ne le trouvèrent plus, et perdirent toute occasion de sévir. Il était sans vie, privé de sentiment pour toute douleur, mais non point devant Dieu qui le couronnait.

Bienheureuse Françoise d’Amboise

Ce qui était surtout remarquable en Françoise, c’était son amour pour Notre-Seigneur dans le sacrement de l’autel. Lorsque le prêtre montrait au peuple la sainte hostie, la pieuse enfant versait souvent des larmes de dévotion. Un jour de fête, elle pleurait ; la duchesse Jeanne voulut savoir le sujet de son chagrin : « Hélas !  madame, répondit en sanglotant la jeune sainte, Monseigneur et vous, et toute la cour, avez, ce jour, joui d’une grande faveur, ayant reçu le corps de notre Sauveur, et moi seule, faute d’âge, je suis privée de ce bien !  Jugez, s’il vous plaît, si je n’ai pas sujet de pleurer. ». Le Père Yves de Pontsal, dominicain, confesseur de la duchesse Jeanne, et qui devint plus tard évêque de Vannes, crut devoir récompenser la dévotion de la petite Françoise, en lui faisant faire sa première communion, quoiqu’elle ne fût âgée que de cinq ans.

La duchesse Jeanne aimait, avec une tendresse singulière, cette enfant, que Dieu avait si manifestement prévenue des bénédictions de sa douceur. En mourant, elle lui remit le chapelet de bois qu’elle avait reçu de saint Vincent Ferrier. Ce chapelet, fidèlement gardé par Françoise, est aujourd’hui conservé avec les reliques de la Bienheureuse, dans le monastère de la Grande-Providence, à Nantes. Françoise avait sept ans environ quand mourut la duchesse Jeanne.

Extrait de la Vie de la bienheureuse Françoise d’Amboise par l’abbé Richard, alors vicaire général de Nantes, devenu ensuite évêque de Belley puis archevêque de Paris et cardinal. La fête de la bienheureuse Françoise d’Amboise est célébrée dans l’ordre des Carmes et dans les diocèses qui avaient demandé sa béatification : les diocèses bretons ainsi que Poitiers et Tours.