De la férie

On fait mémoire des saints Chrysanthe et Darie : leur histoire dans le synaxaire, extraits de la liturgie byzantine : 1, 2, 3.

Le martyrologe de ce jour se termine ainsi :

Gavális, in Gállia, sancti Hilárii Epíscopi.

Ce “Gavalis” est bizarre, car il s’agit du territoire des Gabales, et en latin c’était bien Gabales, dont la capitale était une vraie ville romaine : Anderitum, avec basilique, thermes, etc. Au IIIe siècle Anderitum devient Ad Gabales, et c’est aujourd’hui Javols. Le Gabalitanus pagus, pays des Gabales, donnera Gévaudan, et ce sera le diocèse de Mende. Le martyrologe signale donc celui qu’on appelle saint Hilaire, ou Ilaire, de Mende.

Il aurait fondé d’abord un ermitage près de Mende, puis un grand monastère dans les gorges du Tarn. Il participe au concile de Clermont, en 535, avec notamment saint Césaire d’Arles, et il se rend à plusieurs reprises au monastère de Lérins. Il est mort vers 545.

Dans la langue locale on l’appelait sanch Ely, d’où les Saint-Chély de Lozère et d’Aveyron.

Petit à petit…

Le dicastère du culte divin interdit la messe traditionnelle à la cathédrale Saint-Eugène de Santa Rosa (au nord de San Francisco). Il n’y avait pas d’autre messe traditionnelle dans ce diocèse.

Le texte n’a pas été divulgué, mais selon la source de Life Site News il cite saint Ignace d’Antioche et la Constitution de Vatican II sur la liturgie…

Santa Rosa est à une heure de route de San Francisco, et c’est évidemment un avertissement pour Mgr Cordileone, l’archevêque de San Francisco, qui ose permettre encore une messe traditionnelle… mensuelle dans sa cathédrale.

Saint Raphaël

Mosaïque de James Powell and Sons, église Saint-Jean de Warminster, Wiltshire, Angleterre, 1888.

Sermon de saint Bonaventure, dans le bréviaire avant 1960.

Le nom de Raphaël veut dire médecine de Dieu. Et nous devons remarquer qu’on peut être retiré du mal par trois bienfaits que saint Raphaël nous accorde quand il nous guérit.

D’abord Raphaël, le médecin céleste, nous arrache à l’infirmité spirituelle en nous amenant à l’amertume salutaire de la contrition, à laquelle se rapporte ce que Raphaël dit à Tobie : Dès que tu seras entré dans ta maison, oins ses yeux avec du fiel. Il le fit et son père recouvra la vue. Pourquoi ne dut-ce point être Raphaël lui-même qui fit cette onction ? Parce qu’un Ange ne donne point la componction ; son rôle est d’en montrer la voie. En ce fiel nous voyons donc l’image de l’amertume de la contrition, laquelle rend sains les yeux intérieurs de l’âme ; un psaume nous dit : « Il guérit ceux qui sont contrits de cœur. » Cette contrition est un collyre excellent. Au deuxième chapitre du livre des Juges, il est raconté que l’Ange monta auprès de ceux qui versaient des larmes et dit au peuple : « Je vous ai retirés de la terre d’Egypte ; j’ai accompli pour vous tant et tant de choses bonnes, et tout le peuple pleura de telle sorte que ce lieu fut appelé le lieu de ceux qui pleurent. » Mes très chers, les Anges nous parlent tout le long du jour des bienfaits de Dieu et nous les remettent en mémoire : Ils semblent nous dire : Qui t’a créé ? Qui t’a racheté ? Qu’as-tu fait ? Qu’as-tu offensé ? Or, si nous nous arrêtons à considérer ce qui en est, nous ne trouverons d’autre remède que de pleurer.

Secondement, saint Raphaël nous arrache à la servitude du diable, quand il fait pénétrer en nous le souvenir de la passion du Christ en figure de laquelle il est dit au sixième chapitre de Tobie : Si tu mets une parcelle de son cœur sur des charbons ardents, la fumée qui s’en dégagera mettra en fuite la race des démons. En effet, Raphaël relégua le démon dans un désert de la Haute-Egypte. Qu’est ceci ? Raphaël n’aurait pu éloigner le démon s’il n’avait mis le cœur sur des charbons ardents ? Est-ce le cœur d’un poisson qui donnait à l’Ange tant de pouvoir ? Nullement. Il serait demeuré sans aucune vertu s’il n’y avait eu ici un mystère. Par ce fait il nous est donné à entendre que rien aujourd’hui ne nous délivre de la servitude du diable comme la passion du Christ, et que cette passion procède de son cœur comme d’une racine, c’est-à-dire qu’elle est le fruit de son amour. Le cœur est en effet la source de toute notre chaleur vitale. Si donc tu mets le Cœur du Christ, c’est-à-dire la passion qu’il a soufferte et dont la racine est la charité, la source son ardeur, si tu mets ce Cœur divin sur des charbons en le rappelant à ta mémoire et que ton âme s’enflamme, aussitôt le démon sera éloigné, de sorte qu’il ne pourra te nuire.

Troisièmement l’Archange Raphaël nous délivre de la peine de nous trouver en opposition avec Dieu, peine que nous encourons en offensant ce Dieu ; il nous en délivre quand il nous amène à prier avec instance ; et à ceci je rapporte ce que l’Ange Raphaël dit à Tobie au douzième chapitre : Quand tu priais avec larmes, moi j’ai offert ton oraison au Seigneur. Les Anges nous réconcilient avec Dieu, dans la mesure où ils le peuvent. Nos accusateurs devant Dieu, ce sont les démons. Quant aux Anges, ils nous excusent, lorsqu’ils offrent nos prières, ces prières qu’ils nous ont porté à faire dévotement. On lit au huitième chapitre de l’Apocalypse : « La fumée des parfums s’éleva de la main de l’Ange en présence du Seigneur ». Ces parfums se consumant suavement sont les prières des Saints. Veux-tu plaire au Dieu que tu as offensé ? Prie dévotement. Ils offrent à Dieu ta prière pour te réconcilier avec lui. Il est dit en saint Luc que le Christ étant tombé en agonie priait plus instamment et qu’un Ange de Dieu lui apparut le fortifiant. Tout cela s’est accompli en notre faveur, car le Sauveur n’avait point besoin d’être fortifié par un messager céleste ; mais il en a été ainsi pour montrer que les Anges assistent volontiers ceux qui prient avec piété et volontiers les aident ; ils les fortifient et offrent leurs oraisons à Dieu.

Sainte Euphrosyne de Polotsk

Pourquoi une divine liturgie solennelle de près de trois heures, célébrée par le métropolite de Iekaterinbourg, au Nouveau monastère de Tikhvine de la ville ?

A cause de la venue des reliques de sainte Euphrosyne de Polotsk, qui parcourent la Russie à l’occasion du 920e anniversaire de celle qui a introduit le monachisme féminin en Russie. Et le monastère de Iekaterinbourg est l’un des plus importants monastères féminins de Russie.

Comme je l’avais déjà signalé, il a comme particularité que les moniales y chantent un chant byzantin en slavon, de toute beauté.

Les reliques vont y rester cinq jours, pendant lesquels des services de prière seront organisés de 11h à 17h.

(J’aimerais bien savoir ce qu’elles chantent pendant la communion du clergé, à partir de 1h41’45…)

Saint Antoine-Marie Claret

Extrait du chapitre 32 de son autobiographie, alors qu’il est prêtre depuis cinq ans, vicaire en Catalogne, chargé de prêcher des « missions ».

Dans chacune des localités que j’ai mentionnées, j’ai prêché une ou plusieurs de ces « missions », soit en une seule année, soit en différentes années, et toujours le fruit retiré a été considérable. Partout il y avait des conversions ordinaires, grandes ou extraordinaires. Au début, tous venaient m’entendre, les uns par bonne volonté, d’autres par curiosité et d’autres avec de mauvaises intentions : pour voir comment ils pourraient me prendre.

Au début de chaque mission, je n’ai jamais attaqué de front les vices qu’il s’agissait de corriger ; je parlais tout d’abord de la très sainte Vierge et de l’amour de Dieu. Et comme les mauvais chrétiens voyaient que je ne les dérangeais pas et que je leur parlais avec affection, douceur et charité, ils revenaient m’écouter avec plaisir. Ensuite, je parlais des fins dernières, ce qui ne les offusquait pas non plus, puisque la mort et le jugement sont le lot de tout le monde. Ainsi je les gagnais peu à peu de sorte que, durant les derniers jours, je n’avais pas à me gêner et je leur parlais hardiment des erreurs et des vices qui régnaient chez eux.

Je pensais qu’une certaine classe de pécheurs devait être traitée comme les escargots qu’on met tout d’abord dans une marmite d’eau froide, ce qui les fait se détendre et sortir de leur coquille pendant que celui qui les fait cuire doit prendre soin de réchauffer l’eau peu à peu, et alors, insensiblement, les escargots meurent et cuisent. Mais si le cuisinier les met dans l’’eau bouillante, ils rentreront dans leur coquille et rien ne pourra les en extraire. C’est ce qui arrive avec les pécheurs. Si, au début de quelque prédication, on les attaque à feu et à sang, comme on dit, ceux qui sont là par curiosité ou par malice, loin de se convertir en entendant cela, feront tout pour discréditer le missionnaire et pour ridiculiser ceux qui vont l’entendre et se confesser. Mais en agissant avec douceur, affabilité et amour, ils se laissent gagner.