21e dimanche après la Pentecôte

Le graduel de ce dimanche a une mélodie type, que l’on retrouve, identique, avec divers textes, par exemple au premier dimanche de carême ou à la messe des morts. Ici, on remarque que le mélisme sur « montes » est si remarquablement figuratif des montagnes et des vallées qu’on pourrait croire que la mélodie a été conçue pour ce texte. En revanche, « et orbis », suspendu sur une seule note après terra, est un vrai ratage : ce n’est pas une fin de phrase musicale, c’est le début de la phrase suivante, comme l’attestent les autres graduels composés sur la même mélodie.

Dómine, refúgium factus es nobis, a generatióne et progénie. ℣. Priúsquam montes fíerent aut formarétur terra et orbis : a sǽculo et usque in sǽculum tu es, Deus.

Seigneur, vous vous êtes fait notre refuge de génération en génération. ℣. Avant que les montagnes fussent créées, avant que la terre fût formée et sa sphère, au début des siècles et jusque dans tous les siècles, vous êtes Dieu.

De la Sainte Vierge le samedi

Cui serváta est victória, nisi Maríæ ? Ipsa procul dúbio caput contrívit venenátum, quæ omnímodam malígni suggestiónem tam de carnis illécebra, quam de mentis supérbia dedúxit ad níhilum. Quam vero áliam Sálomon requirébat, cum dicébat : Mulíerem fortem quis invéniet ? Nóverat quippe vir sápiens huius sexus infirmitátem, frágile corpus, lúbricam mentem. Quia tamen et Deum légerat promisísse, et ita vidébat congrúere, ut qui vícerat per féminam, vincerétur per ipsam, veheménter admírans aiébat : Mulíerem fortem quis invéniet ? Quod est dícere : Si ita de manu féminæ pendet et nostra ómnium salus, et innocéntiæ restitútio, et de hoste victória; fortis omníno necésse est ut provideátur, quæ ad tantum opus possit esse idónea.

A qui est réservée la victoire, sinon à Marie ? C’est elle, sans aucun doute, qui broya la tête venimeuse et ainsi réduisit à néant toute suggestion du malin tant pour les plaisirs de la chair que pour l’orgueil de l’esprit. Et vers qui d’autre se portait la recherche de Salomon lorsqu’il disait : « Une femme forte, qui la trouvera ? » Car cet homme sage connaissait la faiblesse de ce sexe, son corps frêle, son esprit chancelant. Il avait lu cependant la promesse de Dieu : celui qui avait vaincu par une femme, serait par elle vaincu ; et voyant bien qu’il devait en être ainsi, stupéfait d’admiration il disait : « Une femme forte, qui la trouvera ? » Ce qui revient à dire : Si notre salut à tous, la restitution de notre innocence et notre victoire sur l’ennemi dépendent à ce point de la main d’une femme, il faut absolument, selon le plan providentiel, que cette femme soit forte pour pouvoir être à la hauteur d’une telle tâche.

Saint Bernard, 2e sermon A la louange de la Vierge Mère, leçon des matines.

« Une femme forte, qui la trouvera ? ». C’est le début de l’éloge de la « femme forte » (en grec littéralement la femme virile), poème alphabétique qui termine le livre des Proverbes. Ce texte pris au premier degré est devenu l’épître du commun des saintes femmes (ni vierges ni martyres). Mais il s’agit d’une allégorie de la Sagesse divine personnifiée. Une annonce du Christ qui est « puissance de Dieu et sagesse de Dieu », comme dit saint Paul. Mais la liturgie (latine) utilise nombre de textes des livres sapientiaux pour célébrer la Sainte Vierge. Et c’est tout naturellement que la « femme forte » de la fin des Proverbes est la Sainte Vierge, car il ne peut y avoir de femme plus forte que celle qui a terrassé le démon et a porté Dieu.

En 1501 parut un commentaire de 500 pages de ce poème, écrit par un bénédictin de Fontevraud à la demande de sa sœur bénédictine. Le livre eut au moins trois éditions.

Le Livre de la femme forte et vertueuse declaratif du cantique de Salomon es proverbes au chapitre qui se commence Mulierem fortem quis inveniet, la quelle exposition est extraicte de plusieurs excellens docteurs utile et prouffitable a personnes religieuses et autres gens de devocion, faict et compose par ung religieux de la reformation de lordre de Fontevrault a la requeste de sa seur religieuse reformée dudit ordre.‎

Maternité de la Très Sainte Vierge

Il est digne, en vérité, de te célébrer, ô Mère de Dieu, bienheureuse et très pure, et Mère de notre Dieu. Toi, plus vénérable que les Chérubins, et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins, qui sans corruption enfantas Dieu le Verbe, toi, véritablement Mère de Dieu, nous te magnifions.

L’hymne à la Mère de Dieu après le canon dans la divine liturgie de saint Jean Chrysostome.

En grec par Panagiotis Neochoritis, qui est depuis 2017 l’« archonte protopsalte de la Grande Eglise du Christ » (premier chantre du patriarcat de Constantinople).

En slavon, chant traditionnel znamenny, par Alexandra Egorova, diplômée de la faculté de chant d’église de l’Université Saint Tikhon de Moscou (l’université de l’Eglise orthodoxe russe).

Ἄξιόν ἐστιν ὡς ἀληθῶς μακαρίζειν σε τὴν Θεοτόκον, τὴν ἀειμακάριστον καὶ παναμώμητον καὶ μητέρα τοῦ Θεοῦ ἡμῶν. Τὴν τιμιωτέραν τῶν Χερουβεὶμ καὶ ἐνδοξοτέραν ἀσυγκρίτως τῶν Σεραφείμ, τὴν ἀδιαφθόρως Θεὸν Λόγον τεκοῦσαν, τὴν ὄντως Θεοτόκον, σὲ μεγαλύνομεν.

Досто́йно есть я́ко вои́стину блажи́ти Тя, Богоро́дицу, Присноблаже́нную и Пренепоро́чную и Ма́терь Бо́га на́шего. Честне́йшую Херуви́м и сла́внейшую без сравне́ния Серафи́м, без истле́ния Бо́га Сло́ва ро́ждшую, су́щую Богоро́дицу, Тя велича́ем.

Saint Denis et ses compagnons

La « prose » parisienne.

L’hymne de saint Venance Fortunat.

• Les vêpres orthodoxes à Notre-Dame de Paris. (Depuis 2020 à Saint-Etienne du Mont.)

La messe est la deuxième du commun des martyrs hors du temps pascal. Dont voici l’introït chanté par les moniales d’Argentan en 1971 sous la direction de dom Gajard.

Sapiéntiam Sanctórum narrent pópuli, et laudes eórum núntiet ecclésia : nomina autem eórum vivent in sǽculum sǽculi.
Exsultáte, justi, in Dómino : rectos decet collaudátio.

Que les peuples racontent la sagesse des saints, et que l’assemblée publie leurs louanges ; leur nom vivra de génération en génération.
Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, c’est aux hommes droits que sied la louange.