La vénération de la sainte Croix

Dans la liturgie byzantine, ce dimanche (qui commence aux vêpres de ce soir) est celui de la vénération de la sainte Croix.

Voici un stichère des vêpres et le cathisme des matines:

Venez couple des premières créatures – déchu de la danse d’en-haut sous le plaisir amer du fruit de l’Arbre – que jadis par la jalousie du meurtrier de l’homme vous avez mangé – Voici que nous est donné l’Arbre tout vénérable en vérité – Venez l’embrasser dans la joie et dites lui avec foi – Tu es notre secours, croix toute digne d’être vénérée – Nous avons pris de ton fruit, nous avons découvert l’incorruptibilité – Nous avons reçu la certitude du premier Eden et le grand Amour.

Dans le Paradis, quand je mangeais du fruit de l’Arbre – l’ennemi me dépouilla et me donna la mort – Mais l’Arbre de la croix planté sur la terre – a rendu aux hommes le vêtement de la vie – et le monde entier est rempli de toute joie – Peuples qui voyons la croix, vénérons la dans la foi – et disons à Dieu d’une même voix – Ta maison est pleine de gloire.

Le canon (de saint Théodore le Studite) commence ainsi :

Un jour de fête, l’aube de la vie, s’est levé – Sous la résurrection du Christ la mort s’en est allée – Adam s’est relevé, il danse de joie – Exultons et chantons l’hymne de la victoire.

C’est le jour de la vénération de la précieuse croix – Tous venez vers elle – car elle nous est offerte maintenant – lumineuse de la clarté des rayons de la Résurrection du Christ – Embrassons la dans le joie de l’âme.

Samedi de la deuxième semaine de carême

5e sermon de saint Pierre Chrysologue sur le fils prodigue.

Un homme avait deux fils. Depuis que le Christ a assumé le fardeau de notre chair, et a revêtu les dépouilles de l’humanité, Dieu s’appelle en toute vérité homme. Dieu prend vraiment le nom de père des deux fils, parce que la déité mélangée à l’humanité, la piété associée à la déité ont mêlé l’homme et Dieu, ce que le Seigneur unit dans le Père. Cet homme, donc, ce père eut deux fils, qui n’obtinrent pas l’existence par leur mérite, mais par le commandement de Dieu. Car le Christ a été vu par nous comme un homme sans cesser d’être Dieu dans les arcanes de sa majesté. Il eut deux fils, c’est-à-dire deux peuples, le peuple des juifs et celui des Gentils. Le peuple juif, Il le rendit plus âgé par la modération de la loi. La stupidité du paganisme garda le peuple des gentils plus jeune. Car comme la sagesse donne de la mesure, la sottise enlève tout ce qui est viril. Ce n’est pas l’âge qui l’emporte chez le jeune, mais les mœurs. Ce ne sont pas les années qui ont fait le vieux mais les pensées.

Et le plus jeune dit à son père : donne-moi ma part d’héritage. Il ne demanda pas cela de vive voix à celui qui connaît les pensées, mais par le désir. Car la volonté propre de Dieu nous apporte le bien et le mal. Donc, celui-ci, maître de toutes les destinées comme son Père, a obtenu sa part par sa propre volonté, en disant : donne –moi ma part d’héritage. Et quelle est cette part ? Que peut-elle bien être ? La vertu, la parole, la science, la raison, le jugement, toutes ces choses qui appartiennent sur cette terre à l’homme de préférence aux animaux, c’est-à-dire, selon l’Apôtre, la loi naturelle. Il répartit donc ses biens, donnant au plus jeune ces cinq biens de la nature que nous avons énumérés. Au plus âgé, il a donné cinq livres divinement inspirés, d’après une répartition inégale selon le mérite, mais égale par le chiffre. La part du plus jeune corromprait l’ordre humain ; la part du plus âgée subsisterait, ayant été instituée par Dieu. L’une et l’autre loi conduiraient les fils à la connaissance du Père, promouvraient la révérence envers son auteur.

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Vendredi de la deuxième semaine de carême

Quatre semaines avant la Passion, voici la première messe de la Passion, en prophétie et en parabole.

La prophétie est celle de Joseph, le fils bien-aimé de Jacob. Dans deux songes imagés, il voit ses frères se prosterner devant lui. Envoyé par son père auprès de ses frères, ceux-ci décident de le tuer. Dans la suite de l’histoire, qui ne fait pas partie des textes de la messe, Joseph n’est finalement pas tué mais vendu pour vingt pièces d’argent. Et il finira par sauver ses frères menacés par la famine.

L’évangile est la parabole des vignerons homicides. Elle était d’autant plus transparente pour les juifs qu’elle reprenait un passage d’Isaïe :

« Mon bien-aimé avait une vigne sur une colline fertile. Il l’entoura d’une haie, il en ôta les pierres, et y mit un plant excellent; il bâtit une tour au milieu, et il y construisit un pressoir; et il attendit qu’elle produisît de bons raisins, et elle en a produit de sauvages. Maintenant donc, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, soyez juges entre moi et ma vigne. Qu’ai-je dû faire de plus à ma vigne que je n’aie point fait? Ai-je eu tort d’attendre qu’elle portât de bons raisins, tandis qu’elle en a produit de sauvages? Et maintenant je vous montrerai ce que je vais faire à ma vigne. J’en arracherai la haie, et elle sera exposée au pillage; je détruirai son mur, et elle sera foulée aux pieds. Je la rendrai déserte; elle ne sera ni taillée ni labourée; les ronces et les épines y grandiront, et je commanderai aux nuées de ne plus pleuvoir sur elle. La vigne du Seigneur des armées c’est la maison d’Israël, et les hommes de Juda sont le plant auquel Il prenait Ses délices; et j’ai attendu qu’ils pratiquassent la droiture, et je ne vois qu’iniquité; et qu’ils portassent des fruits de justice, et je n’entends que des cris de détresse. »

La parabole reprend textuellement le début, mais modifie ensuite l’histoire. Dans le texte d’Isaïe, la vigne, c’est-à-dire Israël, produit de mauvais fruits, et Dieu punit Israël en livrant le pays à ses ennemis (comme dans le psaume 79). Dans la parabole, nous avons les vignerons : les chefs d’Israël, ses chefs religieux, à qui Jésus s’adresse. Ils ne veulent pas obéir à Dieu, ils maltraitent les envoyés de Dieu, et même ils tuent son Fils « en dehors de la vigne ». La parabole se transforme en prophétie. Une prophétie qui rejoint en partie celle d’Isaïe quant au sort de la « vigne », mais qui ajoute le fait que la vigne sera louée à d’autres vignerons. Et, en clair, au cas où ils n’auraient pas compris : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à une nation qui en produira les fruits. »

Comme le remarque dom Pius Parsch : « Le Christ annonce, sans réticence, aux Juifs, sa mort, sa filiation divine, la réprobation du peuple élu, la vocation des païens. Dans cette parabole, se trouve contenue toute l’histoire du salut. »

Chez les bénédictins, c’est la fête de saint Benoît. Car saint Benoît est né au ciel le 21 mars (543), en plein milieu du carême, pour montrer que le chemin du salut passe toujours par la pénitence.

Jeudi de la deuxième semaine de carême

Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de lin, et faisait chaque jour une chère splendide.

Il y avait aussi un mendiant, nommé Lazare, qui était couché à sa porte, couvert d’ulcères.

(La femme du riche ; Un ami.)

Il arriva que le mendiant mourut, et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham.

Le riche meurt et les démons emportent son âme.

Lazare est assis dans le sein d’Abraham.

Le riche s’écrie : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare afin qu’il trempe l’extrémité de son doigt dans l’eau, pour rafraîchir ma langue.

Aquarelles d’Herrade dite de Landsberg, abbesse du couvent augustinien du mont Sainte-Odile (Hohenbourg) en Alsace de 1167 à 1195.

« Que ma prière s’élève »

Les versets du psaume 140 à la liturgie des présanctifiés, à la cathédrale orthodoxe de Minsk ce matin, par trois belles voix de femmes.

Да испра́вится моли́тва моя́, / я́ко кади́ло пред Тобо́ю, / воздея́ние руку́ мое́ю, / же́ртва вече́рняя.

Го́споди, воззва́х к Тебе́, услы́ши мя, / вонми́ гла́су моле́ния моего́, / внегда́ воззва́ти ми к Тебе́.

Да испра́вится…

Положи́, Го́споди, Хране́ние усто́м мои́м, / и Дверь огражде́ния о устна́х мои́х.

Да испра́вится…

Не уклони́ се́рдце мое́ в словеса́ лука́вствия, / непщева́ти вины́ о гресе́х.

Да испра́вится…

Да испра́вится моли́тва моя́, / я́ко кади́ло пред Тобо́ю. / Воздея́ние руку́ мое́ю, / же́ртва вече́рняя.

Verset 1 : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi,
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Verset 2 : Seigneur je crie vers toi, exauce-moi ; 
entends la voix de ma supplication, lorsque je crie vers toi.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Verset 3 : Place, Seigneur, une garde à ma bouche, 
et une porte fortifiée à mes lèvres.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Verset 4 : N’incline pas mon cœur vers des paroles perverses,
pour chercher des excuses à mes péchés.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Pour terminer, on répète le premier verset :

Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.