Continuité bergoglienne

Léon XIV a nommé Carlo Roberto Maria Redaelli, jusqu’ici archevêque de Gorizia, secrétaire du dicastère pour le clergé. Il est l’un des plus farouches adversaires de la liturgie traditionnelle.

A l’assemblée de la conférence des évêques italiens, en 2018, Mgr Redaelli s’était fait le porte-parole des évêques qui condamnaient le motu proprio Summorum Pontificum. Messa in latino relatait :

Mgr Redaelli, évêque de Gorizia (dont nous savons qu’il a obtenu un diplôme en droit canonique à l’Université pontificale grégorienne) a affirmé que le Missel ancien de Jean XXIII avait été abrogé par Paul VI (contrairement à ce qu’affirme Benoît XVI dans le Motu Proprio) et que, par conséquent, Summorum Pontificum, dont les prémisses juridiques sont erronées, est inopérant dans la partie où il affirme la validité continue de l’ancien missel et reconnaît sa validité inchangée aujourd’hui. Pour cette raison, le motu proprio est un « non-sens » juridique et la liturgie « tridentine » n’a pas été légitimement rétablie par le motu proprio et ne peut être considérée comme libéralisée.

D’autre part, en 2017 il avait refusé de condamner le « mariage » d’un chef scout avec un homme. Il avait invité les fidèles à « réfléchir ensemble pour comprendre si, même à partir d’un événement aussi controversé, on peut recevoir des aspects de la grâce » et rappelait  » l’invitation à accueillir, discerner et intégrer qui imprègne le magistère du pape François ».

Saint Raymond de Peñafort

Saint Raymond compilant le droit canonique pour Grégoire IX. Fresque de la salle capitulaire des dominicains de Trévise, 1352.

Sa collecte.

La leçon du bréviaire.

Hymne du bréviaire dominicain.

Son tombeau.

Saint Raymond à Tossa de Mar.

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Le martyrologe dit aussi notamment :

Ancýræ, in Galátia, sancti Cleméntis Epíscopi, qui, sǽpius cruciátus, tandem, sub Diocletiáno Imperatóre, martýrium consummávit.

Ibídem sancti Agathángeli, qui eódem die, sub Lúcio Prǽside, passus est.

A Ancyre [Ankara], en Galatie, saint Clément évêque. Torturé à plusieurs reprises, il consomma enfin son martyre, sous l’empereur Dioclétien.

Au même lieu, saint Agathange, qui souffrit le même jour sous le préfet Lucius.

Saint Clément d’Ancyre et saint Agathange sont les deux martyrs célébrés ce jour dans la liturgie byzantine. Voici les stichères du lucernaire (ceux de Clément rappellent qu’il fut tué alors qu’il célébrait la messe) :

Tu fus le sarment de la Vigne de vie bêché de tous côtés par de labeurs mystiques : taillé dans les peines de l’ascèse en effet, puis retranché par le glaive du martyre, Père saint, tu nous as versé le vin de componction ; et, l’ayant bu à satiété, nous les fidèles, nous célébrons, bienheureux Clément, ta mémoire sacrée.

Après avoir offert, Pontife saint, le sacrifice parfait, l’admirable et surnaturelle oblation, toi-même tu t’offris en sacrifice ; et tu mêlas de tout cœur ton sang à celui de ton Seigneur ; purifié par lui, Bienheureux, tout entier, tu devins net, tout entier parfaitement consacré.

Toi qui sacrifiais l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde, faisant disparaître la corruption et la mort, bienheureux Pontife divin, tu fus immolé en victime sans défaut, devenant un même être avec lui par une mort semblable à la sienne et porteuse de vie, et tu as trouvé maintenant dans son royaume la béatitude méritée.

De la bonne nouvelle t’enrichit l’excellent pontife Clément dont tu fus le compagnon de route et de combat ; avec lui tu menas la divine course jusqu’au bout, Agathange, dans les souffrances et toutes sortes de châtiments jusqu’à recevoir la couronne à la fin et passer vers le royaume d’en-haut pour te réjouir avec les Anges en tout temps.

Desquamé par les grattoirs et lardé par le feu, exposé à la flamme de tous côtés, martyr Agathange, étendu sur le gril et cuit sur la braise comme un bon pain, tu fus présenté à la table des cieux, demandant au Maître d’épargner tout châtiment à ceux qui te vénèrent avec foi.

Tu enduras les fustigations et, tendu sur le bois, tu supportas les déchirements avec une endurance infinie, et sur la fin de tes combats, la tête tranchée, tu as arrosé des flots de ton sang toute la sainte Eglise qui célèbre ton éminente clarté, gloire des Martyrs aux multiples exploits.

Le P. Luykx et la rupture postconciliaire

Je reviens sur le livre du P. Boniface Luykx sur Vatican II et la réforme liturgique, parce que c’est très important. Le P. Luykx faisait activement partie du « Mouvement liturgique » des années 1940 et 1950, il fut nommé dans les instances de préparation du concile, puis il participa à la rédaction de la constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium (souvent désignée sous le sigle CSL dans son livre), puis il participa aux travaux de deux des sous-commissions liturgiques du Consilium chargé d’appliquer le concile. Or cet homme-là, donc très engagé dans la réforme liturgique, a considéré que les sous-commissions trahissaient le texte conciliaire et fabriquaient une liturgie en rupture complète avec la Tradition et avec ce que voulaient les acteurs du « Mouvement liturgique ». En bref, le P. Luykx est un témoin irrécusable de ce que Benoît XVI appelait « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture ».

Le P. Luykx était professeur dans l’âme (et il fut très longtemps professeur de liturgie). A chaque chapitre il résume ce qu’il a dit et ce qu’il va dire. Au milieu du livre, au début du 3e chapitre, ce double résumé devient un résumé de tout le livre. En voici une traduction. On verra à quel point il insiste sur la rupture opérée par les fabricants de la nouvelle liturgie, qu’il qualifie à plusieurs reprises dans son livre de « fausse-couche liturgique » et de réforme « avortée ».

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Saint Vincent

Saint Vincent, diacre de Saragosse martyr de Dioclétien en 304 à Valence, est le patron des vignerons. Cela vient de l’étymologie populaire (ou plutôt du jeu de mots) Vincent = vin-sang : le vin qui devient le sang du Christ.

Dom Guéranger :

Une ancienne tradition, dans la chrétienté, assigne à saint Vincent le patronage sur les travaux de la vigne et sur ceux qui les exercent. Cette idée est heureuse, et nous rappelle mystérieusement la part que le Diacre prend au divin Sacrifice. C’est lui qui verse dans le calice ce vin qui bientôt va devenir le sang du Christ. Il y a peu de jours, nous assistions au festin de Cana : le Christ nous y offrait son divin breuvage, le vin de son amour ; aujourd’hui, il nous le présente de nouveau, par la main de Vincent. Pour se rendre digne d’un si haut ministère, le saint Diacre a fait ses preuves, en mêlant son propre sang, comme un vin généreux, dans la coupe qui contient le prix du salut du monde. Ainsi se vérifie la parole de l’Apôtre, qui nous dit que les Saints accomplissent dans leur chair, par le mérite de leurs souffrances, quelque chose qui manquait, non à l’efficacité, mais à la plénitude du Sacrifice du Christ dont ils sont les membres.

Chaque année a lieu la Saint Vincent Tournante dans les vignobles de Bourgogne. Cette année ce sera dans les Maranges, au sud de la Côte de Beaune, les 24 et 25 janvier.