La messe traditionnelle au consistoire

Un cardinal a fait cette confidence au Catholic Herald :

« Alors que la liturgie était mise de côté, on nous a remis à la fin un document rédigé par le cardinal Arthur Roche, qui était assez négatif concernant la messe traditionnelle. »

Le cardinal Roche est le préfet du Dicastère pour le Culte Divin, qui non seulement applique Traditionis custodes à la lettre, mais a demandé aux évêques de lui faire savoir ce qu’ils faisaient pour pousser les prêtres et fidèles à « revenir à une forme de célébration unifiée », selon la lettre de François accompagnant le motu proprio.

Commentaire d’Infovaticana :

« Cette procédure — introduire une évaluation critique par un texte écrit et non par une discussion ouverte entre les cardinaux — a été interprétée par divers observateurs comme un signe préoccupant. Pour beaucoup, elle indique que l’orientation du Saint-Siège en cette matière serait déjà décidée d’avance, sans réelle volonté de confrontation collégiale. »

De la férie

L’antienne de Benedictus aux laudes de ce jour est une citation de la première épître de saint Paul à Timothée, dont certains exégètes pensent que c’était un cantique de la toute première liturgie. C’est en tout cas un saisissant résumé de l’économie christique du salut.

Maniféste magnum est pietátis sacraméntum, quod manifestátum est in carne, justificátum est in spíritu, appáruit Angelis, prædicátum est Géntibus, créditum est in mundo, assúmptum est in glória, allelúja.

Manifestement, il est grand, le mystère de piété qui s’est manifesté dans la chair, a donné sa justification dans l’esprit, est apparu aux Anges, a été prêché aux Gentils, cru dans le monde et élevé en gloire, alléluia.

Novo-Tikhvine

Sublime divine liturgie ce matin au monastère Novo-Tikhvine de Iekaterinbourg, chant byzantin épuré sur le texte slavon. (Dimanche après la Nativité.)

Pendant l’hymne des chérubins, à partir de 1h11’50, l’immense lustre tourne, faisant danser dans la pénombre de l’église les lumières rouges (les séraphins) et bleues (les chérubins)…

Le monastère célèbre la fête de saint Basilisc de Sibérie, dont le tombeau se trouve dans cette église dédiée à saint Alexandre Nevski. (On le voit au premier plan à 4′ et à 2h31.)

Les deux célébrants principaux sont l’évêque Serge d’Alapaïevsk et l’évêque Méliton de Nijni Taguil (les deux autres éparchies de la métropole de Iekaterinbourg).

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Présentation d’un livre qui vient tout juste de paraître, publié par le monastère :

Le vénérable Basilisc a vécu à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, mais par ses prières, il était l’égal des anciens ascètes. Il a passé près de cinquante ans dans les forêts de Mordovie, de Briansk et de Sibérie, vivant dans le jeûne et le silence. Pour son zèle dans la prière, ainsi que pour sa profonde humilité, sa douceur et sa simplicité, il a reçu de Dieu de nombreux dons spirituels, ainsi que des visions merveilleuses : il a porté dans ses bras l’Enfant Jésus, s’est tenu devant le Seigneur crucifié et a touché avec crainte ses blessures, il a contemplé la Mère de Dieu. Et bien que les exploits du saint et toute sa vie aient été extrêmement élevés, chaque chrétien orthodoxe, en lisant sa vie remplie d’exemples étonnants de foi et de prière, d’amour et d’humilité, y trouvera quelque chose d’utile et d’inspirant.

Le livre publie en russe les enseignements du starets Basilisc, consignés par son disciple, le révérend Zosime.

La Sainte Famille de Jésus Marie Joseph

L’antienne du Magnificat, aux vêpres du premier dimanche après l’Epiphanie, reprenant le même évangile que la fête qui l’a supplanté en 1921, à l’abbaye d’Ozon en 1960.

Fili, quid fecísti nobis sic ? Ego et pater tuus doléntes quærebámus te. Quid est quod me quærebátis ? nesciebátis quia in his, quæ Patris mei sunt, opórtet me esse ?

Fils, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Moi et ton père t’avons cherché avec tristesse. Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne savez-vous pas que je dois m’occuper des affaires de mon Père ?

De la Sainte Vierge le samedi

C’est l’office de la Sainte Vierge, mais avec quelques éléments de l’Epiphanie, dont ce répons des matines :

℟. Tria sunt múnera pretiósa, quæ obtulérunt Magi Dómino in die ista, et habent in se divína mystéria : * In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.
℣. Salútis nostræ auctórem Magi veneráti sunt in cunábulis, et de thesáuris suis mýsticas ei múnerum spécies obtulérunt.
℟. In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.

℟. Au nombre de trois sont les dons précieux que les Mages ont offerts au Seigneur en ce jour, et en chacun se trouve un divin symbolisme : * L’or doit manifester la puissance du Roi, l’encens fait considérer le Grand-Prêtre, et la myrrhe la sépulture du Seigneur.
℣. Les Mages ont adoré l’Auteur de notre salut dans son berceau et lui ont offert les mystiques symboles de leurs présents.
℟. L’or doit manifester la puissance du Roi, l’encens fait considérer le Grand-Prêtre, et la myrrhe la sépulture du Seigneur.