De la férie

Le martyrologe commence ainsi :

Près de Corinthe, l’anniversaire de saint Sosthène, l’un des disciples du bienheureux Apôtre Paul, qui en fait mention dans l’épitre aux Corinthiens. Sosthène, chef de la synagogue de Corinthe, s’étant converti au Christ, fut frappé avec violence en présence du proconsul Gallion, et consacra par un glorieux début les prémices de sa foi.

Au chapitre 18 des Actes des apôtres, quand saint Paul vient d’Athènes à Corinthe, on lit :

Or Gallion étant proconsul d’Achaïe, les Juifs, d’un commun accord, s’élevèrent contre Paul et l’amenèrent au tribunal, en disant : Celui-ci persuade aux hommes de rendre à Dieu un culte contraire à la loi. Comme Paul commençait à ouvrir la bouche, Gallion dit aux Juifs : S’il s’agissait de quelque injustice ou de quelque acte criminel, ô Juifs, je vous écouterais comme il convient ; mais s’il est question de mots, de noms et de votre loi, vous y aviserez vous-mêmes, car je ne veux pas être juge de ces choses. Puis il les renvoya de son tribunal. Alors tous, se saisissant de Sosthène, chef de la synagogue, le battaient devant le tribunal ; et Gallion ne s’en mit pas en peine.

Le premier verset de l’épître aux Corinthiens fait de Sosthène le co-auteur du texte :

Paul, appelé à être apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Sosthène notre frère, à l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés saints, et à tous ceux qui invoquent le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, en quelque lieu qu’ils soient et que nous soyons nous-mêmes.

Cruauté « pastorale »

L’évêque de Knoxville, dans le Tennessee, Mark Beckman, a interdit toutes les messes traditionnelles le mois dernier.

Mais comme il a reçu de très nombreuses demandes, il accepte de rétablir UNE messe. UNE FOIS PAR MOIS. Dans une chapelle au milieu de nulle part, à 130 km de Knoxville.

L’évêque ose écrire dans sa bafouille :

« Je comprends votre souhait de voir cette célébration se poursuivre dans votre église paroissiale, et je suis profondément conscient de la souffrance et de la perte que vous ressentez. »

Mais il n’est pas question de demander au pape une dérogation au diktat romain :

« À mon sens, la sagesse du pape François dans Traditionis Custodes est inspirée par l’Esprit Saint et c’est pourquoi j’ai choisi de ne pas demander de dispense de l’interdiction de célébrer le missel de 1962 dans les églises et chapelles paroissiales. »

De la férie

La première notice du martyrologe dit ceci :

A Antioche, les saints martyrs Basilée évêque, Auxile et Saturnin.

Sans autre précision, ni de lieu ni de temps. Il n’y a pas de Basilée dans la liste des évêques d’Antioche. Mais peut-être avait-il été martyrisé à Antioche en étant évêque d’une autre ville.

Il y a eu un Basile évêque d’Antioche pendant moins de deux ans, entre 456 et 458. Si c’est lui il a pu être martyr des ariens, pas de l’empereur Léon Ier qui a été canonisé par les orthodoxes pour sa lutte contre les ariens…

La dernière notice du jour est sur saint Séverin, « moine et solitaire » à Paris.

A Paris c’est aussi la fête de la Médaille miraculeuse.

Dans mon diocèse c’est la fête de saint Goustan.

Saint Silvestre abbé

Lu sur le site du monastère Saint-Silvestre de Montefano.

1er juin 1231. Les habitants de Fabriano, Benedittolo et Vitale, fils d’Albertuccio, Rinaldo, fils de Bernardo (avec le consentement de sa fille Maria), Atto, fils de Pietro di Raino, Mancino, fils de Guido, et Ugolino, fils de Morico di Ugolino, par quatre actes notariés distincts, font don à « Fra Silvestro » de six boisseaux de forêt (environ 2.640 mètres carrés) sur le Montefano, autour de la Fonte Vembrici – une source d’eau toujours existante – pour la construction d’un ermitage. La nouvelle fondation monastique est parrainée et soutenue par le Chapitre de San Venanzo, l’église mère de Fabriano, c’est-à-dire par la plus haute autorité ecclésiastique de la ville : en effet, quatre chanoines (Cuzio, Pietro, Simone et Meliorato) sont présents comme témoins de la donation, et l’un des documents est établi « ante campanile Sancti Venantii ». Les chanoines témoignèrent par la suite de leur amitié et de leur estime pour Silvestre, l’invitant « très souvent » à leur église pour « proposer la parole de Dieu au peuple » (Vita Silvestri, chap. 27). Parmi les témoins figure également Atto, chapelain de l’église rurale de Santa Lucia, située à l’époque sur la route de Fabriano à Montefano et dépendant de l’abbaye de Sant’Angelo infra Ostia, près d’Esanatoglia. Le titre de la chapelle fut plus tard transféré à une nouvelle église, construite à Borgo del Piano, dans les limites de la paroisse de San Venanzo.

À Montefano, il existait probablement un petit temple païen, comme le suggère le mot « fano » (du latin fanum), c’est-à-dire un lieu de culte. Cette hypothèse est étayée, entre autres, par les vestiges d’un entablement (Ve-VIe siècle ap. J.-C.) encastrés dans un mur de l’actuelle crypte de Saint-Silvestre. Le moine Andrea di Giacomo da Fabriano, auteur de la Vita Silvestri – écrite entre 1274 et 1282, peu après la mort de l’homme de Dieu le 26 novembre 1267 – s’appuyant sur une tradition antérieure, affirme que Montefano était ainsi « de nom et de fait », un refuge pour les démons, où nul, même d’âge mûr, ne s’aventurait seul.

*

Résumé de la vie de saint Silvestre.

La collecte de saint Silvestre, avec allusion à une anecdote qui curieusement ne figure pas dans le résumé ci-dessus.

Saint Silvestre à Grottafucile.

Sainte Catherine

Icône de l’iconostase du monastère Sainte-Catherine du Sinaï, 1612.

Les stichères du lucernaire, trouvés sur un site intitulé Κρητική Αγιολογία (hagiologie crétoise) qui ne donne jamais d’indication sur les interprètes.

Ὅτι παρὰ τῷ Κυρίῳ τὸ ἔλεος, καὶ πολλὴ παρ’ αὐτῷ, λύτρωσις καὶ αὐτὸς λυτρώσεται τὸν Ἰσραὴλ ἐκ πασῶν τῶν ἀνομιῶν αὐτοῦ. (Psaume 129 : Car la miséricorde est dans le Seigneur, et une abondante rédemption est en lui, et c’est lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités.)

Σήμερον τέρπεται πόλις ἡ Ἀλεξάνδρεια, τὰ σπάργανά σου Μάρτυς, ἐν τῷ θείῳ ναῷ σου, κατέχουσα προφρόνως· διὸ καὶ ἡμεῖς, εὐσεβῶς ἑορτάζομεν, Αἰκατερῖνα τήν μνήμην σου τὴν σεπτήν, ὑπερεύχου τῶν τιμώντων σε.

En ce jour se réjouit la ville d’Alexandrie qui fut le berceau de ton enfance et possède ton temple divin ; c’est pourquoi nous aussi, nous fêtons avec foi, Catherine, ta mémoire sacrée ; intercède pour les fidèles qui te vénèrent.

Αἰνεῖτε τὸν Κύριον πάντα τὰ ἔθνη, ἐπαινέσατε αὐτόν, πάντες οἱ λαοί. (Psaume 116 : Nations, Louez le Seigneur, toutes les nations, peuples, louez-le tous.)

Αἰκατερίνης τὴν μνήμην νῦν ἑορτάσωμεν· αὐτὴ γὰρ ὄντως πάσας, τοῦ ἐχθροῦ τὰς δυνάμεις, ἐν λόγῳ τε καὶ ἔργῳ, καθεῖλε στερρῶς, καὶ Ῥητόρων τὴν ἔνστασιν· Ἀλλὰ δεήσεσι ταύτης ῥῦσαι ἡμᾶς, ὁ Θεὸς ἐκ τῶν αἱρέσεων.

Fidèles, célébrons la mémoire de Catherine en ce jour ; par sa parole et son action elle fut capable de détruire en effet la puissance de l’ennemi et l’opposition des rhéteurs. Par ses prières, ô notre Dieu, délivre-nous des hérésies.

Ὅτι ἐκραταιώθη τὸ ἔλεος αὐτοῦ ἐφ’ ἡμᾶς, καὶ ἡ ἀλήθεια τοῦ Κυρίου μένει εἰς τὸν αἰῶνα. (Psaume 116 : Car sa miséricorde est affermie sur nous, et la vérité du Seigneur demeure dans l’éternité.)

Χαίροις πανένδοξε Μάρτυς Αἰκατερῖνα σεμνή· ἐν τῷ Σινᾷ γὰρ ὄρει, ἐν ᾧ εἶδε τὴν βάτον, Μωσῆς μὴ φλεγομένην, ἐν τούτῳ Χριστός, τὸ θεάρεστον σκῆνός σου, νῦν μεταθείς σε φυλάττει ἕως καιροῦ, τῆς δευτέρας παρουσίας αὐτοῦ.

Catherine, réjouis-toi, martyre illustre et vénérée, car sur le mont Sinaï, là où Moïse a vu le buisson inconsumé, le Christ a fait porter l’enveloppe de ton corps et te garde jusqu’au temps de sa seconde venue.