Vigile de l’Ascension

Les deux répons des matines, qui ponctuent le commentaire de l’évangile par saint Augustin.

℟. Deus, cánticum novum cantábo tibi, allelúia: * In psaltério decem chordárum psallam tibi, allelúia, allelúia.
℣. Deus meus es tu, et confitébor tibi: Deus meus es tu, et exaltábo te.
℟. In psaltério decem chordárum psallam tibi, allelúia, allelúia.

℟. O Dieu, je vous chanterai un cantique nouveau, alléluia : * Sur le psaltérion à dix cordes, je vous chanterai des psaumes, alléluia, alléluia.
℣. Mon Dieu, c’est vous, et je vous louerai ; mon Dieu, c’est vous, et je vous exalterai, alléluia.
℟. Sur le psaltérion à dix cordes, je vous chanterai des psaumes, alléluia, alléluia.

℟. Bonum est confitéri Dómino, allelúia: * Et psállere, allelúia.
℣. In decachórdo psaltério, cum cántico et cíthara.
℟. Et psállere, allelúia.
℣. Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
℟. Et psállere, allelúia.

℟. Il est bon de louer le Seigneur, alléluia :* Et de chanter des psaumes, alléluia.
℣. Sur le psaltérion à dix cordes, avec chant et cithare.
℟. Et de chanter des psaumes, alléluia.
℣. Gloire au Père, au Fils, * et au Saint-Esprit
℟. Et de chanter des psaumes, alléluia.

Saints Nérée, Achillée et Domitille, et Pancrace

Martyrologe :

A Rome, sur la voie Ardéatine, les saints frères martyrs Nérée et Achillée. Ils demeurèrent longtemps en exil dans l’île de Ponza, pour la Foi du Christ, avec Flavie Domitille dont ils étaient les officiers ; puis le consul Minutius Rufus voulut, mais en vain, les forcer à sacrifier en recourant aux tourments du chevalet et du feu, ceux-ci alléguant que, baptisés par le bienheureux apôtre Pierre, ils ne pouvaient en aucune façon sacrifier aux idoles ; ils eurent alors la tête tranchée. Leurs saintes reliques, avec celles de Flavie Domitille, furent, par ordre du pape Clément VIII, transférées solennellement en ce jour, de la diaconie de saint Adrien, à l’ancienne église de leur nom où autrefois on les avait conservées et que l’on venait de réparer. Cette translation eut lieu la veille de ce jour, mais Clément VIII ordonna qu’on la célébrerait aujourd’hui ainsi que la fête de la bienheureuse vierge Domitille, dont la passion est mentionnée aux nones de ce mois [7 mai].
A Rome encore, sur la voie Aurélienne, saint Pancrace martyr, qui, âgé de quatorze ans, accomplit son martyre par la décapitation, sous Dioclétien.

L’église Saints-Nérée-et-Achillée de Rome remonte au IVe siècle. La première mention de sa dédicace à Nérée et Achillée est de 595. En 814 elle est reconstruite par Léon III pour accueillir les reliques des saints, qui se trouvaient dans les catacombes de Domitille. En 1213, l’église étant en mauvais état, les reliques sont transférées à l’église Saint-Adrien. Elles reviennent le 11 mai 1600. La façade date de cette année-là. Réalisée avec la technique du sgraffite, elle était tellement dégradée qu’on voyait à peine ses décorations. Elle a été restaurée l’année dernière. (La première photo date de 2024.)

Saints Philippe et Jacques

L’introït, par le chœur de la cathédrale Saint-Rombaut de Malines, sous la direction du chanoine Jules Vijverman, en février 1958. Prise de son André Charlin. Disque Lumen AMS 5 « Archives sonores de la musique sacrée ».

Exclamavérunt ad te, Dómine, in témpore afflictiónis suæ, et tu de cælo exaudísti eos, allelúia, allelúia
Exsultáte, justi, in Dómino: rectos decet collaudátio.
Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto, sicut erat in princípio, et nunc, et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.

Au temps de leur affliction ils ont crié vers vous, et vous les avez écoutés du ciel, alléluia, alléluia.
Justes, exultez dans le Seigneur; la louange sied aux hommes droits.

Nous pouvons sans peine appliquer ces paroles de l’Introït aux apôtres. Philippe a volontiers répondu à l’appel du Seigneur : « Suis-moi ! » En effet, quiconque veut suivre Jésus, et en particulier celui qui est appelé à l’apostolat, doit parcourir le chemin de la croix et être prêt au sacrifice et à la souffrance. Le Seigneur et Maître l’avait clairement prédit aux apôtres. Dans leur propre pays, ils furent chassés des synagogues, flagellés et traînés devant les tribunaux civils ; dans les pays étrangers où la Providence leur avait assigné des champs d’action, ils furent soumis à la pauvreté, aux privations et à la persécution. La première phrase raconte combien de fois ces mêmes apôtres ont crié au Seigneur pour qu’il leur vienne en aide, tandis que la seconde phrase note que leurs prières ont été exaucées. L’assurance donnée par le Seigneur qu’Il serait avec eux tous les jours ne les a jamais déçus, même en ce moment suprême où leur vie a culminé par une mort de martyr. La mort, aussi atroce fût-elle, a apporté l’accomplissement de leur seul désir : l’union avec leur divin Maître. C’est pourquoi le verset du psaume éclate en une exultation.

Après l’intonation solennelle et la mise en valeur efficace de Domine, on pourrait s’attendre à un développement supplémentaire. La mélodie se poursuit cependant modestement et évolue de manière assez régulière dans la gamme du mode plagal de ré. Les deux alléluias sont ceux qui concluent habituellement les introïts du deuxième mode. La modulation sur eos vers un ton entier en dessous de la dominante est tout à fait appropriée.

Dom Dominic Johner

5e dimanche après Pâques

Comme la sagesse de Dieu ne pouvait pas mourir, et comme on ne peut ressusciter que si l’on meurt, le Verbe a pris une chair mortelle, afin de mourir en cette chair sujette au trépas, et d’y ressusciter une fois mort. La résurrection ne pouvait avoir lieu, en effet, qu’au moyen d’un homme, puisqu’il est dit : « Par un homme, la mort ; par un homme aussi, la résurrection des morts » (1 Corinthiens 15,21). Jésus-Christ donc est ressuscité en tant qu’homme, parce qu’il est mort en tant qu’homme : il est tout ensemble, et homme ressuscité et Dieu ressuscitant ; il s’est alors montré homme en ce qui regarde la chair, il se montre maintenant Dieu en toutes choses, car nous ne le connaissons plus tel qu’il était selon la chair ; mais sa chair est cause que nous le connaissons comme prémices de ceux qui ont fermé les yeux, comme premier-né d’entre les morts.

Les prémices sont de la même espèce et de la même nature que le reste des fruits, dont on offre à Dieu la première récolte, en reconnaissance d’une production abondante : présent sacré pour tous ses dons, offrande pour ainsi dire de la nature renouvelée. Les prémices donc de ceux qui sont dans le repos, c’est le Christ. Mais l’est-il seulement de ceux qui reposent en lui, qui, débarrassés de la mort, sont sous l’empire d’un doux sommeil, ou l’est-il de tous les morts ? « Tous meurent en Adam, tous aussi recevront la vie dans le Christ » (1 Corinthiens 15,22). C’est pourquoi de même que les prémices de la mort se trouvaient en Adam, de même, les prémices de la résurrection sont dans le Christ : tous ressusciteront.

Que personne donc ne désespère, et que le juste ne s’afflige pas de cette résurrection commune, alors qu’il a à attendre une récompense toute spéciale de sa vertu. « Tous ressusciteront, dit l’Apôtre, mais chacun en son rang » (1 Corinthiens 15,23). Le fruit de la clémence divine est commun à tous, mais on distinguera l’ordre des mérites.

Remarquons combien est grave le sacrilège de ne pas croire à la résurrection. Car si nous ne ressuscitons pas, c’est donc en vain que le Christ est mort, le Christ n’est donc pas ressuscité. En effet, si ce n’est pas pour nous que le Christ est ressuscité, il n’est ressuscité en aucune manière, lui qui n’avait aucune raison de ressusciter pour lui-même. Le monde est ressuscité en lui, le ciel est ressuscité en lui, la terre est ressuscitée en lui ; il y aura un ciel nouveau, et une terre nouvelle. A celui que les liens de la mort ne retenaient pas, la résurrection n’était point nécessaire ; car bien qu’il soit mort comme homme, il demeurait néanmoins libre jusque dans les enfers. Voulez-vous savoir combien il y était libre ? « Je suis devenu, nous dit-il, comme un homme sans secours, libre entre les morts » (psaume 87). Et certes, il était libre, lui qui avait le pouvoir de se ressusciter, selon ce qui est écrit : « Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours ». Et certes, il était libre, celui qui était descendu pour racheter les autres.

Saint Ambroise, De fide resurrectionis 90-92 et 102-103, leçons du deuxième nocturne des matines dans le bréviaire monastique.

Saint Grégoire de Nazianze

Le doxastikon des laudes, version de Pierre de Péloponnèse (XVIIIe siècle), par Spyridon Ioannou, professeur de musique et protopsalte de l’église métropolitaine de l’Annonciation (Panagia Evangelistria) d’Idalion (Dali), à Chypre.

Δόξα…
Τὴν λύραν τοῦ Πνεύματος, τὸ τῶν αἱρέσεων θέριστρον, καὶ ὀρθοδόξων ἥδυσμα, τὸν δεύτερον Ἐπιστήθιον, τὸν τοῦ Λόγου αὐτόπτην, τοῖς δόγμασι γενόμενον, τὸν σοφόν Ἀρχιποίμενα, τῆς Ἐκκλησίας τὰ θρέμματα, θεολογικοῖς ὕμνοις προσείπωμεν. Σὺ εἶ ὁ Ποιμὴν ὁ καλός, ὁ δοὺς σεαυτὸν Γρηγόριε, ὡς ὁ Διδάσκαλος Χριστός, ὑπὲρ ἡμῶν, καὶ σὺν Παύλῳ χορεύεις, καὶ πρεσβεύεις ὑπὲρ τῶν ψυχῶν ἡμῶν.

Gloire au Père…
La lyre de l’Esprit, l’émondeur des hérésies, la suave douceur de la vraie foi, le second Théologien se penchant sur la poitrine du Christ, celui qui vit le Verbe de ses yeux de docteur, le sage guide des Pasteurs, nous, les brebis de l’Eglise, invoquons-le par des hymnes saintes et disons-lui : Grégoire, c’est toi le bon pasteur donnant sa vie comme le Christ, ton Maître, pour nous ; et tu exultes en compagnie de saint Paul, intercédant pour nos âmes.