Saints Philippe et Jacques

L’introït, par le chœur de la cathédrale Saint-Rombaut de Malines, sous la direction du chanoine Jules Vijverman, en février 1958. Prise de son André Charlin. Disque Lumen AMS 5 « Archives sonores de la musique sacrée ».

Exclamavérunt ad te, Dómine, in témpore afflictiónis suæ, et tu de cælo exaudísti eos, allelúia, allelúia
Exsultáte, justi, in Dómino: rectos decet collaudátio.
Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto, sicut erat in princípio, et nunc, et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.

Au temps de leur affliction ils ont crié vers vous, et vous les avez écoutés du ciel, alléluia, alléluia.
Justes, exultez dans le Seigneur; la louange sied aux hommes droits.

Nous pouvons sans peine appliquer ces paroles de l’Introït aux apôtres. Philippe a volontiers répondu à l’appel du Seigneur : « Suis-moi ! » En effet, quiconque veut suivre Jésus, et en particulier celui qui est appelé à l’apostolat, doit parcourir le chemin de la croix et être prêt au sacrifice et à la souffrance. Le Seigneur et Maître l’avait clairement prédit aux apôtres. Dans leur propre pays, ils furent chassés des synagogues, flagellés et traînés devant les tribunaux civils ; dans les pays étrangers où la Providence leur avait assigné des champs d’action, ils furent soumis à la pauvreté, aux privations et à la persécution. La première phrase raconte combien de fois ces mêmes apôtres ont crié au Seigneur pour qu’il leur vienne en aide, tandis que la seconde phrase note que leurs prières ont été exaucées. L’assurance donnée par le Seigneur qu’Il serait avec eux tous les jours ne les a jamais déçus, même en ce moment suprême où leur vie a culminé par une mort de martyr. La mort, aussi atroce fût-elle, a apporté l’accomplissement de leur seul désir : l’union avec leur divin Maître. C’est pourquoi le verset du psaume éclate en une exultation.

Après l’intonation solennelle et la mise en valeur efficace de Domine, on pourrait s’attendre à un développement supplémentaire. La mélodie se poursuit cependant modestement et évolue de manière assez régulière dans la gamme du mode plagal de ré. Les deux alléluias sont ceux qui concluent habituellement les introïts du deuxième mode. La modulation sur eos vers un ton entier en dessous de la dominante est tout à fait appropriée.

Dom Dominic Johner


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