Et les Géorgiens insistent…

A la suite des obsèques du patriarche Elie II de Géorgie, le métropolite qui assure l’intérim, en compagnie de six autres métropolites, du secrétaire du patriarche, et du responsable du service des relations publiques du patriarcat, a reçu la délégation de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, puis a publié un communiqué remerciant l’Eglise orthodoxe ukrainienne de son assistance fraternelle.

C’est comme une deuxième claque au patriarche Bartholomée, pour qui la seule Eglise orthodoxe d’Ukraine est celle qu’il a fabriquée avec Porochenko et la CIA, et qui n’était pas invitée aux obsèques qu’il présidait.

A ce propos, le protodiacre et ancien député Vadim Novinsky, qui faisait partie de la délégation ukrainienne au Phanar, lors de la constitution de l’Eglise Porochenko, a déclaré hier que le patriarche s’était appuyé sur des données manifestement fausses concernant la situation en Ukraine : « D’après ses informations, 40 % des Ukrainiens soutiennent la création d’une nouvelle structure, tandis que notre Église canonique ne recueille que 15 % de soutien. Je lui ai dit : Ce n’est pas vrai, c’est un mensonge. On vous donne des informations erronées. » De plus, le patriarche Bartholomée affirmait que 30 évêques de l’Église orthodoxe ukrainienne seraient prêts à participer au concile d’unification, ce qui représentait à ce moment-là environ un tiers de l’épiscopat. « Encore une fois, ce n’est pas vrai. On vous trompe ou vous nous trompez », avait répondu Vadim Novinsky, qui ajoute : « Lorsque nous étions chez lui, il a promis – je l’ai entendu de mes propres oreilles – qu’ils ne feraient pas de mal à l’Église orthodoxe ukrainienne. “Nous ne prendrons pas de mesures irréfléchies et injustifiées. Nous ne ferons pas de mal à l’Église d’Ukraine.” Mais il a rompu ses promesses, il ne les a pas tenues. » Ainsi, la responsabilité de toutes les conséquences incombe au patriarche : « Ce sang qui coule – celui de nos fidèles qui défendent nos églises, de nos prêtres, de nos fidèles, de nos évêques – tout ce sang est sur ses mains. »

La phrase du jour

« “C’est toujours Poutine” derrière chaque crise migratoire de l’UE », titre le Financial Times, citant le commissaire européen aux migrations Magnus Brunner.

La phrase exacte : « It’s always Putin who is involved in those big migration movements ». « C’est toujours Poutine qui est impliqué dans ces grands mouvements migratoires. »

La Syrie, c’est Poutine, la Libye, c’est Poutine, et s’il y a une vague de migrants iraniens, ce sera la faute de Poutine.

Sic. Le fanstasme russophobe aigu atteint des sommets. Et il n’y a pas de traitement.

France pourrie

Le CESE (l’ancien Conseil économique et social, devenu CESE par adjonction de l’écologie) se penche demain (le jour de l’Annonciation…) sur la question : « Comment défendre nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre ? » Sera présenté un projet de résolution intitulée « Consolider et organiser la défense de nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre » :

« Depuis plus de vingt ans, les mouvements anti-genre se développent et gagnent en visibilité et en impact. Prônant une vision inégalitaire et restrictive de l’organisation sociale et des rapports entre les individus, ils déploient une conception conservatrice et hiérarchisée des rôles sociaux. Initialement perçus comme marginaux, ces discours ont progressivement trouvé des relais plus larges, médiatiquement et politiquement. »

Extraits de la suite du texte :

« En Europe, les mouvements anti-genre sont principalement financés par certains réseaux intégristes d’obédience chrétienne et partagent un principe : les règles religieuses priment sur les règles démocratiques. Si ces positions ne peuvent être assimilées aux convictions ou aux pratiques des fidèles dans leur ensemble, ces mouvements s’inscrivent dans un contexte plus large de montée des discours conservateurs portant sur les normes sociales, familiales et de genre. »

« Plus d’1 milliard de dollars (sic), c’est le montant mobilisé en 5 ans en Europe par les mouvements anti-genre pour renforcer leur présence, élargir et structurer des réseaux, développer des stratégies d’influence et accroître ainsi leur audience dans le débat public. »

« Loin d’être un simple courant d’opinion, les mouvements anti-genre sont devenus de véritables écosystèmes avec une stratégie d’action coordonnée au niveau international qui disposent d’une force de frappe financière sans précédent. »

Le désastre syrien

Selon un rapport du gouvernement britannique sur « les minorités religieuses (sauf Alaouites) en Syrie, février 2026 » :

Il n’existe pas de données démographiques fiables concernant les chrétiens de Syrie, mais certaines sources fournissent des estimations approximatives allant de 300.000 à 579.000. La population chrétienne a considérablement diminué depuis le début de la guerre civile en raison des migrations, une source estimant qu’elle s’élevait à 2,1 millions de personnes en 2011. Les chrétiens de Syrie appartiennent à diverses confessions, notamment à plusieurs Églises orthodoxes, catholiques et protestantes. Il existe des communautés chrétiennes dans les villes et les zones rurales à travers tout le pays. Selon une source, la majorité des chrétiens de Syrie se trouvent à Damas et dans les environs.

(L’essentiel du rapport est de rappeler que le régime d’Assad était horrible, et d’affirmer que l’actuel régime protège les chrétiens…)

Les funérailles du patriarche de Géorgie

Le président du Parlement géorgien, Shalva Papuashvili, a publié sur X de très belles et impressionnantes images des funérailles du patriarche Elie II (et un très beau texte).

La musique est un Kyrie composé par le patriarche. On l’entend intégralement par exemple ici :

Et voici le message du président du Parlement :

C’est un jour où les mots pèsent lourd. Car ce que nous ressentons dépasse la douleur ordinaire ; ce que nous vivons surpasse le deuil ordinaire. En ces jours, nous restons debout dans un silence rempli de prière.

Notre saint patriarche, Sa Sainteté et Béatitude Elie II, est parti rejoindre le Seigneur, emportant avec lui son labeur et ses œuvres.

Nous, son peuple, son troupeau, ses enfants spirituels, sommes ses œuvres.

Le Seigneur nous l’a envoyé en tant qu’un seul homme, et il repart avec toute une nation – si visible, si unie, si soudée, comme ces jours solennels l’ont révélé.

Nous sommes la génération du Patriarche. Nous sommes les témoins d’un événement unique, où une nation entière est spirituellement unie autour d’une seule personne ; où chaque membre actif du clergé en Géorgie a été ordonné avec sa bénédiction ; où presque tous les chrétiens de Géorgie ont été baptisés avec sa bénédiction. L’état actuel, le caractère et la forme de notre Église vieille de deux mille ans ont été façonnés par lui.

Sa Sainteté et Béatitude est devenue ce lien solide pour notre nation et notre Église qui a relié notre passé au présent, et le présent à l’avenir, en une ère apocalyptique d’athéisme et de nihilisme.

En vérité, nous avons été témoins d’un miracle de Dieu : l’Église géorgienne, ressuscitée de ses cendres et façonnée à nouveau par lui seul, de ses propres mains.

Il a pu accomplir cela parce qu’il comprenait ce qui importait le plus.

Dans le monde d’aujourd’hui, de nombreuses valeurs se disputent la primauté : liberté, égalité, solidarité, justice. Sa Sainteté et Béatitude a donné à chacune sa place, mais nous a enseigné la vérité la plus importante : la liberté, l’égalité et toutes les autres choses perdent leur sens si elles ne sont pas fondées sur la valeur suprême : l’amour.

Nous avions un patriarche d’amour, dont la prédication inlassable l’incarnait. Par sa vie, il est devenu un exemple de la manière dont on peut aimer tout le monde : les siens et les étrangers, les amis et les ennemis, les justes et les pécheurs.

Il a accompli l’impossible : en tant que chrétien, il a accompli la loi du Christ ; en tant que moine, il a tenu ses vœux ; en tant que patriarche, il a porté la croix la plus lourde de sa nation.

Son voyage terrestre a pris fin, mais l’amour demeure : son amour pour nous, que toute la nation lui a rendu ces jours-ci avec gratitude.

Tel était son rêve principal : voir sa nation unie dans l’Église du Christ. Il l’a accompli. Et c’est ainsi qu’il est entré en présence du Seigneur – juste et plein de grâce.

C’est nous, sa génération – ceux qui ont vécu avec lui, l’ont vu, ont ressenti sa grâce et témoignent de sa grandeur.

Mais son histoire ne s’arrête pas là.

Après nous, une fois encore, sa génération poursuivra le chemin – la génération de ses filleuls, de nos enfants, qui portent son nom, sa bénédiction et sa grâce.

C’est ainsi qu’il a jeté un pont à travers le temps et uni notre nation.

« Tu es grand, ô Seigneur, et merveilleuses sont Tes œuvres. »

Que la mémoire de notre Patriarche soit éternelle ! Que ses prières et son intercession protègent toute la Géorgie !