Ubukraine

Sviatoslav Chevtchouk (en ornements dorés), après son ordination, en 1994 : prière devant le monument à Bandera, à Stryi.

Le chef de l’Eglise grecque catholique ukrainienne, Sviatoslav Chevtchouk (qui se dit patriarche et qui ne l’est pas, et ce n’est pas sans raison que Rome refuse obstinément un patriarche à celle qui est de très loin la plus grande Eglise orientale catholique), est de plus en plus en roue libre. L’autre jour il expliquait que la loi visant à interdire l’Eglise orthodoxe ukrainienne doit être présentée comme une loi de protection des personnes, et non d’élimination d’une quelconque structure :

« Je pense que l’une de nos faiblesses a été d’évoquer purement et simplement la suppression d’une Église particulière. Ce n’est pas vraiment cela. Nous devons plutôt parler de protéger les sentiments des croyants contre leur exploitation par l’État agresseur. »

On sait que Chevtchouk est un fervent bandériste, comme toute son Eglise, et il répète que « ce ne sont pas seulement les Polonais qui ont des griefs contre les Ukrainiens, les Ukrainiens aussi ont des blessures, et des griefs contre les Polonais ». Hier, il a déclaré que si les relations entre l’Ukraine et la Pologne n’ont jamais été simples, elles ont atteint un point critique, parce que la Pologne est victime de la propagande russe. Sic (et au passage il invente une « Pologne soviétique », alors que c’est l’Ukraine qui a été inventée par les Soviétiques) :

« Je crois qu’aujourd’hui la Pologne se trouve victime d’une opération spéciale idéologique très puissante menée par Moscou. Et cela a pris tout le monde quelque peu au dépourvu. Les Polonais ne s’attendaient pas à ce que la Russie fasse exploser toutes ces bombes idéologiques qu’elle avait disséminées en Pologne depuis l’époque de la Pologne soviétique. »

(N.B. La Pologne a dépensé des milliards pour l’Ukraine (en plus de l’UE) et annonce qu’elle va lui fournir de nouveaux missiles Patriot…)

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Le fameux site ukrainien Myrotvorets, qui se targue de dénoncer désormais « 5.000.000 de pourritures », a inclus dans sa liste de personnes à « liquider » la Coréenne (du Sud) Kim Jeong-ah, pour « soutien public à l’agression russe et au meurtre de citoyens ukrainiens » et « diffusion de la propagande russe ». Kim Jeong-ah traduit en coréen les quatre grands romans de Dostoïevski. Non seulement elle ne fait pas de politique, mais après son voyage à Moscou en 2025 elle a constaté les pénuries au buffet du « Monde russe », et que le fameux Goum, d’où les grandes marques du luxe européen avaient disparu, était comme une « carte des sanctions européennes contre la Russie ». Mais elle a noté aussi que des entreprises russes prenaient le relai, et surtout… elle a été « décorée de la médaille Pouchkine par Poutine ».

La menace, c’est Kallas

Lors du débat hier au Parlement européen sur une nouvelle résolution exhortant l’UE « à cesser d’attendre de subir des coups pour commencer à riposter », selon le résumé de EUPerspectives, introduite par Kaja Kallas et présentée par la Lituanienne Rasa Juknevičienė, le député slovaque Ľuboš Blaha a vivement réagi en affirmant que la plus grande menace qui pèse sur l’Europe ce n’est pas la Russie, mais Kallas (et ce qu’elle représente). Un propos d’autant plus intéressant que Ľuboš Blaha n’est pas « d’extrême droite », ni marginal d’aucune façon. Il est vice-président du parti SMER du Premier ministre Robert Fico, et avant d’être élu député européen il était vice-président du Parlement slovaque.

« La plus grande menace hybride qui pèse sur l’Europe, ce n’est pas la Russie, mesdames et messieurs, mais Mme Kallas ici présente, qui veut nous entraîner dans une guerre nucléaire. Et savez-vous ce qu’on appelle le désespoir ? C’est quand l’establishment allemand, dans le seul but de battre l’AfD aux élections, organise un coup monté à Leipzig et accuse la Russie. Ils ont complètement détruit leurs relations avec les Russes et, en plus, ils ont perdu ces élections. Parfaitement. Mr Bean n’aurait pas fait mieux. Ce ne sont pas seulement des perdants, mais aussi des incompétents. Mme Kallas, vous parlez à tort et à travers de menaces hybrides, alors que c’est tout le contraire. C’est vous qui menez depuis des années une guerre sanglante contre la Russie. Vos armes tuent des Russes. Vous vous armez comme à l’époque d’Hitler, et votre rhétorique antirusse est digne des nazis. La cruelle vérité, c’est que les Russes n’ont attaqué aucun pays de l’Union européenne. C’est vous qui avez attaqué la Russie, c’est vous qui vous êtes étendu jusqu’aux frontières russes. C’est vous qui pendant des décennies avez cherché à provoquer un changement de régime en Russie. Et maintenant, vous craignez de goûter à votre propre médecine, comme de petits enfants gâtés. Vous êtes une extrémiste belliciste, Mme Kallas, allez voir ailleurs, dégagez ! »

Et ils se font photographier en Finlande, en vêtement de camouflage, devant un avion de chasse, prêts à frapper la Russie…

Des nouvelles psychiatriques

Friedrich Merz, chancelier d’Allemagne :

« Il est fort probable que nous soyons à l’aube des moments les plus décisifs, peut-être dans les semaines ou les mois à venir, pour la défense de la liberté et de la paix sur notre continent. C’est ce que je constate et que je veux dire. Je ferai donc tout ce qui est en mon pouvoir pour maintenir notre soutien et convaincre la population qu’il est dans notre propre intérêt d’agir ainsi. (…) Nous devons tenir bon, jusqu’à ce que cette terrible guerre soit terminée. Si la Russie parvient à ses fins, cela aura des conséquences imprévisibles et sans précédent pour tous, y compris l’Allemagne. Et c’est la raison pour laquelle je me tiens ici avec fermeté, en toute clarté, et sans aucune intention de reculer, pas même d’un centimètre. Voilà. »

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Radoslav Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, déguisé en kaki (à Kiev) :

« Si la Russie nous attaquait et qu’on enlevait les gants, je pense qu’on battrait la Russie assez rapidement, on a une supériorité écrasante sur la Russie en puissance aérienne. »

« Poutine sait, ou suppose, que l’OTAN est une alliance pacifique et que nous ne profiterons pas de sa faiblesse locale. Et c’est peut-être une erreur. Je propose que nous organisions, de notre côté, des exercices si agressifs [vers Kaliningrad] qu’il ne sache pas exactement ce que nous allons faire. «t que, de ce fait, il soit contraint de redéployer une partie de ses forces depuis l’Ukraine. »

Alexander Grouchko vice-ministre russe des Affaires étrangères, interrogé sur ces propos :

« Franchement, je ne souhaite pas commenter les déclarations de Sikorski, car j’estime que cela doit être laissé aux personnes en blouse blanche. »

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L’Allemagne, informe le quotidien Bild, va commencer à envoyer des soldats à sa brigade de l’OTAN en Lituanie. Mais en raison de l’échec total de la campagne de recrutement active lancée par le ministère de la Défense, le gouvernement, qui prévoit de déployer 4.800 soldats en Lituanie de manière permanente d’ici à la fin de 2027, devra y envoyer des militaires expérimentés de la Bundeswehr.

Célérus

Une fois de plus les avions de chasse de l’OTAN ont dû aller chasser des drones russes au-dessus du ciel de la Lituanie, hier, pendant que l’aéroport de Vilnius devait suspendre ses activités.

Une fois encore on a fini par s’apercevoir que les drones russes étaient des oiseaux.

Mais peut-être bien des oiseaux russes envoyés par Poutine, après tout.