Saint Luc de Simferopol

Le monde orthodoxe célèbre aujourd’hui saint Luc de Simferopol, mort le 11 juin 1961, canonisé par l’Eglise orthodoxe russe en 2000. Il s’agit d’un personnage véritablement hors du commun, comme le sont les innombrables miracles qui lui sont attribués.

Il est né Valentin Voïno-Iassenetski à Kertch, en Crimée, en 1877. En 1889 la famille s’installe à Kiev. Valentin y fait ses études de médecine, devient médecin et se spécialise en ophtalmologie.

Il commence à exercer dans un hôpital de Kiev. En 1904, lors de la guerre russo-japonaise, il est envoyé comme chirurgien dans un hôpital de campagne en Sibérie. Il se marie avec une infirmière qui va le conduire à la religion et lui donnera quatre enfants. Ils s’installent en Mordovie et Valentin devient médecin de campagne comme il le souhaitait. Mais il exerce aussi dans un hôpital et travaille sur les anesthésies locales.

En 1905 la famille s’installe dans la région de Koursk. En 1909 il est nommé médecin chef d’un hôpital de la région de Saratov. En 1915 il publie un livre sur l’anesthésie locale, où il propose une nouvelle méthode. En 1917 il devient chef de l’hôpital de Tachkent. A la révolution il est arrêté comme « bourgeois ». Il doit être exécuté mais parmi ses bourreaux il y a des hommes qu’il a guéris…

L’évêque lui propose de devenir prêtre. Il accepte. En 1921 il devient diacre, puis prêtre. Il va continuer d’opérer, en soutane, se signant avant chaque opération, faisant le signe de la croix à la teinture d’iode sur la partie du corps à opérer.

En 1923 la majorité des prêtres du Turkestan rejoint la fausse « Eglise vivante » fabriquée par le pouvoir communiste. Le père Valentin refuse. Les orthodoxes le choisissent alors comme évêque. Il est sacré secrètement par des évêques exilés. Une semaine après il est arrêté pour avoir des contacts avec les Cosaques anticommunistes. Il est envoyé en exil en Sibérie. Problème : ses travaux sont connus de la communauté médicale dans le monde entier. Kirov en personne tente de lui demander d’abandonner l’Eglise, en échange de quoi on lui financera un institut de recherche rien que pour lui. Il refuse, et il est renvoyé en exil.

En 1934 il revient à Tachkent où il fonde la faculté de médecine. Et il publie un livre qui fait date : Essai sur la chirurgie des purulences.

En 1936 il est arrêté et torturé. Il tient bon. En 1938 il est renvoyé en Sibérie.

Au début de la Seconde Guerre mondiale il demande à pouvoir soigner gratuitement les blessés sur le front, promettant de retourner en exil à la fin de la guerre. Il devient chirurgien en chef d’un hôpital militaire.

En 1942 il est élevé au rang d’archevêque. En 1944, toujours en exil, il publie un nouveau livre de chirurgie qui lui vaut… le prix Staline.

Il est transféré à l’hôpital militaire de Tambov… et nommé archevêque de Tambov.

En 1945 il écrit son fameux livre L’Esprit, l’âme et le corps.

En 1946 il devient archevêque de Simferopol en Crimée. Il meurt en 1961.

Le grand nombre de guérisons sur sa tombe ont conduit à son exhumation et au transfert de son corps (incorrompu) en 1996. Il a été canonisé en 2000 par l’Eglise orthodoxe russe, mais il est vénéré autant en Grèce que chez les orthodoxes slaves. Le métropolite Panteleimon de Veroia et Naoussa racontait en 2023 :

Ce soir, j’aimerais vous lire deux apparitions remarquables de saint Luc, telles que les ont décrites nos frères qui en ont fait l’expérience.
La première est racontée par un prêtre de Mytilène :
Il y a environ cinq ans, écrit-il, je me préparais à subir une opération à cœur ouvert à l’hôpital Onassis. La veille de l’intervention, l’assistant du professeur s’est approché de moi et m’a demandé : « Êtes-vous de Mytilène ? Êtes-vous le père I. ? » Lorsque je lui ai assuré que j’étais bien la personne à laquelle il faisait référence, il a poursuivi en me disant : « La nuit dernière, saint Luc, évêque de Simferopol et de Crimée, m’est apparu en rêve et m’a dit : « Demain, vous opérerez un prêtre de Mytilène. Il s’appelle I. Je serai à vos côtés et je vous guiderai pour que vous sachiez exactement quoi faire. » Il convient de noter, écrit le prêtre, que c’était la première fois que je voyais l’assistant de ce professeur, et qu’il ne m’avait jamais rencontré non plus. Cinq ans se sont écoulés depuis, et grâce à sa bénédiction et à sa grande grâce miraculeuse, je suis en parfaite santé, louant Dieu et saint Luc.
La deuxième apparition est décrite par l’un de nos frères de Vyronas :
En décembre 2010, écrit-il, les saintes reliques de saint Luc ont été amenées à l’église de la Transfiguration du Sauveur à Vyronas pour être vénérées. Je suis allé les vénérer et j’ai demandé au saint de m’aider, car je devais subir une opération quelques jours après. Le 20 décembre, j’ai subi une ablation de ganglions lymphatiques, en raison d’un cancer, à l’hôpital Evgenidion. Pendant l’opération, alors que j’étais sous anesthésie, j’ai vu un homme grand, à la longue barbe, habillé en médecin, portant des lunettes, debout à gauche de mon lit, l’air très sérieux, qui me disait : « Calme-toi, n’aie pas peur. » Il observait ensuite les médecins qui, du côté droit du lit, m’opéraient. Sans aucun doute, c’était saint Luc, tel que je l’avais reconnu sur ses icônes. Mon réveil de l’anesthésie s’est très bien passé et l’opération a été un succès total, conclut notre frère, exprimant sa gratitude envers saint Luc pour sa protection, que le saint offre à ceux qui cherchent et demandent son aide.

Les témoignages de ce genre sont très nombreux, et font souvent penser aux guérisons opérées par saint Charbel.


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