Sauve qui peut

On sait que la délégation ukrainienne à Istanbul était venue avec un traducteur, mais que celui-ci n’a servi à rien, puisque les responsables ukrainiens s’expriment généralement mieux en russe qu’en ukrainien, à commencer par le chef de la délégation, le ministre de la Défense Roustem Oumierov, qui est un Tatar de Crimée.

Selon CNN, le traducteur, Oleg Golovko, qui fait partie de l’équipe de Roustem Oumierov depuis 2023, a profité de la pause pour s’éclipser. Comme il ne revenait pas, les Ukrainiens ont demandé une prolongation de la pause de 15 minutes. Mais Oleg Golovko est resté introuvable.

Comme il est établi qu’il n’a pas pu prendre d’avion, on suppose qu’il s’est enfui en voiture en passant en Bulgarie grâce à son passeport diplomatique.

Et l’on découvre que le secrétaire adjoint de la délégation a lui aussi disparu…

Dourov résiste et réplique

Hier, Pavel Dourov, le patron de Telegram, a déclaré qu’un « gouvernement européen » (ajoutant : « devinez lequel », avec l’image d’une baguette de pain), lui avait « demandé de réduire au silence les voix conservatrices en Roumanie » avant le second tour de l’élection présidentielle. Il avait refusé, parce que « vous ne pouvez pas “défendre la démocratie” en détruisant la démocratie, vous ne pouvez pas “combattre les interférences” en interférant dans les élections ».

Le gouvernement français s’est fendu d’une longue réponse : « La France rejette catégoriquement ces allégations », etc., reprenant la propagande mensongère de l’UE sur les ingérences russes au premier tour annulé de la présidentielle roumaine.

Alors Pavel Dourov en a remis une couche, et avec précision :

« Ce printemps, au Salon des Batailles de l’Hôtel de Crillon, Nicolas Lerner, chef du renseignement français, m’a demandé de bloquer les voix conservatrices en Roumanie avant les élections. J’ai refusé. Nous ne bloquons pas les protestataires en Russie, en Biélorussie, ou en Iran. Nous n’allons pas commencer à le faire en Europe. »

(Evidemment la DGSE le nie…)

Dont acte

Il y avait une foule de dirigeants à la première messe officielle de Léon XIV, et aucun n’aurait imaginé être reçu en audience privée le premier jour du pontificat. Pourtant il y a eu une audience privée, et spectaculaire : celle de Zelensky.

Ainsi le pape a-t-il voulu montrer au monde que le dirigeant qu’il porte dans son cœur et qu’il soutient est l’ancien saltimbanque ukrainien devenu président (illégal depuis un an exactement) du pays le plus corrompu d’Europe, fabricant et marchand d’enfants, sanglante marionnette de la famille Biden et des dirigeants britanniques, adepte des « valeurs de l’UE » woke et LGBT, bourreau de son peuple qu’il détruit avec acharnement, dictateur qui a aboli les libertés politiques et médiatiques et a détruit des millions de livres pour la seule raison qu’ils étaient écrits en russe, persécuteur des orthodoxes au point de mettre des évêques en prison pour délit d’opinion, seul et unique président du XXIe siècle à avoir interdit une Eglise chrétienne…

*

Zelensky a donné au pape une « icône » peinte sur des planches de caisses d’obus. En dehors du dessin général vu de loin, ce tableau n’a rien d’une icône. Ni par son procédé de fabrication, ni par ses motifs. En dehors de la très atypique Akhtyrskaya inventée au milieu du XVIIIe siècle sous influence occidentale, la Mère de Dieu a toujours la tête couverte de son maphorion. Les seules femmes à avoir la tête découverte sont les « repenties », d’abord Marie-Madeleine et Marie l’Egyptienne. On note surtout le délicat symbolisme de la Mère de Dieu sur une caisse d’obus…

Eurovision et collabos

Certes, la Russie est interdite d’Eurovision, pour la raison que l’on sait. Mais l’influence russe peut se cacher là où on ne l’attend pas. Ainsi l’agence de communication ukrainienne Top Lead a-t-elle publié le 13 mai un visuel indiquant pour qui ne pas voter aux demi-finales pour « éviter de soutenir indirectement la Russie ».

Il y a la candidate irlandaise, parce que l’auteur de la chanson est « russe » (ce qui est faux : les auteurs sont norvégiens, avec des noms norvégiens, comme la chanteuse d’ailleurs, dont on ne sait pourquoi elle représente l’Irlande). Il y a le candidat autrichien, parce que « l’artiste reconnaît s’être inspiré d’une femme russe ». Sic. Il y a le candidat arménien, parce qu’il s’est produit en Russie depuis 2022. Il y a la candidate géorgienne, parce qu’elle est favorable au parti au pouvoir, dit « pro-russe » alors qu’il n’a pas de relations diplomatiques avec la Russie. Il y a le rappeur estonien Tommy Cash, parce qu’il « promeut la nostalgie de l’URSS, n’a pas condamné la Russie et sa performance est dirigée par les Russes ».

Renseignement pris, Tommy Cash a bel et bien condamné « l’agression russe ». Mais son père est russe et il parle russe, le péché originel est bien là.

Cela dit, Top Lead a raté un gros poisson. Car le candidat qui fait scandale aujourd’hui chez les Baltes est le groupe letton Tautumeitas : il vient de donner une interview en… russe ! « Il est inacceptable que des interviews en russe soient diffusées sur des médias publics financés par les contribuables, en particulier dans le contexte du concours Eurovision », a déclaré le président du Conseil national des médias de Lettonie.

A propos de la Lettonie, on remarque aussi que le Théâtre russe de Riga a organisé un débat sur le thème : « Est-il éthique de jouer les œuvres de Tchékov et la musique de Tchaïkovski ? ». En coopération avec le programme de recherche de l’Etat letton « Vecteurs de cohésion sociale »… (Plus du tiers des Lettons sont russophones.)

Donetsk…

Telles sont les dernières estimations de la Banque mondiale concernant le coût de « reconstruction de l’Ukraine » (en milliards de dollars). On voit qu’en dehors de la région de Kiev, les régions concernées sont essentiellement celles qui sont… sous contrôle russe. Et les Russes n’ont pas attendu pour reconstruire. La région la plus détruite serait celle de Donetsk. Manifestement à cause de la destruction de Marioupol. Mais Marioupol est déjà reconstruite, et en outre on continue d’y construire de nouveaux quartiers…

Ou alors on veut reconstruire la ville de Donetsk ?

(26 septembre 2023.)