L’efficacité lituanienne

La Lituanie a de nouveau décidé de fermer sa frontière avec la Biélorussie, le 1er novembre, pendant un mois.

En représailles, le gouvernement biélorusse a interdit la circulation des camions lituaniens à partir du 31 octobre… « Cette mesure est une réponse forcée aux actions unilatérales de la partie lituanienne, qui a fermé à plusieurs reprises et sans préavis les postes de contrôle sur la section biélorusse-lituanienne de la frontière nationale. »

Résultat : entre 2.000 et 5.000 camions lituaniens, selon les sources, sont bloqués en Biélorussie.

« C’est une situation très compliquée et il n’y a pas actuellement de solution », a déclaré aujourd’hui le secrétaire général de l’association des principaux transporteurs du pays. « La situation s’aggrave, et je n’ai pas connaissance d’un seul camion lituanien qui soit revenu. »

Il ajoute : « Nos relations commerciales commencent déjà à ressentir les conséquences négatives de cette fermeture des frontières. La Lituanie pourrait progressivement disparaître de la carte logistique ou commerciale. Il ne s’agit plus seulement d’un problème de transport. À présent, nous ne savons tout simplement pas quoi faire. »

Euh… Et si on rouvrait la frontière ?

Le roi Ubu a désormais un empire.

L’efficacité finlandaise

Bloomberg rapporte que la région frontalière de la Finlande avec la Russie perd 1 million d’euros par jour en raison de la fermeture des frontières. En l’absence des touristes russes, des magasins, des hôtels ont dû fermer. Le taux de chômage a grimpé à 15%, de nombreux travailleurs des industries forestière et sidérurgique ont été licenciés. Un représentant du monde des affaires finlandais reconnaît : « L’argent facile provenant de Russie a disparu pour toujours. » L’aéroport de Lappeenranta, le cinquième de Finlande, qui vivait de ses liaisons avec Saint-Pétersbourg, a accueilli son dernier vol régulier le 30 octobre.

Ubukraine

Une descente de police a eu lieu vendredi dans la grande boîte de nuit Palladium d’Odessa, qui était pleine de jeunes.

Le motif ? Ils dansaient sur une chanson en russe d’un chanteur biélorusse, et reprenaient la chanson en chœur.

Le gouverneur militaire d’Odessa a rappelé qu’on ne pouvait pas jouer de musique russe dans la ville et a ordonné une évaluation juridique des faits.

Gaz russe : un nouveau record

En octobre, la Russie a livré 1,68 milliard de mètres cubes de gaz à l’Union européenne via le gazoduc TurkStream, soit la plus grande quantité depuis qu’il a été ouvert en 2020. Une augmentation de 9% par rapport à septembre et de 13% par rapport à octobre 2024.

Le flux a été de 54,3 millions de mètres cubes par jour.

Et cela au moment où l’UE décidait la fin du gaz russe au 31 décembre de l’année prochaine…

Le fameux opposant Protasevitch…

Roman Protasevitch était considéré jusqu’ici comme l’un des principaux opposants biélorusses. Sa longue fiche Wikipedia en témoigne. le 23 mai 2021, Svetlana Tikhanovskaïa, autoproclamée présidente de Biélorussie en exil à Vilnius, et qui a été encore reçue comme telle au Parlement européen l’autre jour, lança une campagne pour avertir que Protasevitch risquait la peine de mort parce qu’il avait été placé sur la liste des « individus impliqués dans des activités terroristes ».

Ce jour-là, l’avion ramenant Protasevitch d’Athènes à Vilnius était détourné sur Minsk sous prétexte d’une alerte à la bombe, et Protasevitch arrêté. Un certain Viatchorka explique que Protasevitch était devenu un « ennemi personnel de Loukanchenko » : « Il était l’une des personnalités les plus éminentes pour parler des horribles violations des droits de l’homme. Je pense que ce que nous avons vu aujourd’hui, c’était leur revanche, la vengeance personnelle de Loukachenko contre Roman. »

Le 3 mai 2023, Protasevitch est condamné à 8 ans de prison… et gracié par Loukachenko quelques jours plus tard.

Vendredi dernier, Loukachenko a révélé que Protasevitch était un agent des services secrets biélorusses. Il était allé en Grèce rencontrer des officiers de renseignement et raconter ce qui se passait dans l’opposition biélorusse à Vilnius. « Nous avons été accusés de garder en détention une figure de l’opposition. Mais il n’est pas une figure de l’opposition. Nous ne détenons pas de figures de l’opposition. »

Roman Protasevitch a confirmé qu’il en était bien ainsi.

Grande solitude de la « présidente » Svetlana Tikhanovskaïa…

Et le site ukrainien Mirotvorets a aussitôt inscrit Protasevitch sur sa liste d’ennemis de l’Ukraine à éliminer…