Georgescu candidat

Calin Georgescu, au milieu d’une foule de partisans et de journalistes, a réussi aujourd’hui à aller jusqu’au bureau électoral central sans se faire arrêter, et il a pu déposer sa candidature pour la présidentielle du 4 mai.

« J’ai déposé mon dossier de candidature. Le 6 décembre 2024, la démocratie a été tuée, et aujourd’hui, le 7 mars 2025, le peuple roumain a ressuscité. J’ai déposé le dossier avec plus de 324.000 signatures, par respect pour le peuple roumain qui a compris qu’il devait défendre sa liberté. Eh bien, défendons notre démocratie et luttons pour la liberté et la paix ! »

Il a ajouté :

« Message au système corrompu et à l’abjecte classe politique au pouvoir : en ce moment, le monde entier regarde la Roumanie et la manière corrompue et illégale dont ils se sont comportés. La première fois, c’était possible, une deuxième fois, ce n’est plus possible. »

Les sondages donnent plus que jamais Georgescu gagnant : il est crédité de plus de 45% des voix, quand le deuxième, le maire de Bucarest, est à moins de 15%.

Les cercles du pouvoir ont encore le temps de trouver des coups tordus (dans le genre du groupe Vlad Tepes), mais en sachant que leurs gestes sont désormais scrutés par les Américains, à commencer par JD Vance.

La russophrénie

Ursule en septembre 2022 :

« L’armée russe récupère des puces sur des lave-vaisselle et des réfrigérateurs pour réparer son matériel militaire, car elle est à court de semi-conducteurs. L’industrie russe est en lambeaux. »

Ursule en mars 2025 :

« Je n’ai pas besoin de décrire la gravité des menaces auxquelles nous sommes confrontés. Ni les conséquences dévastatrices que nous devrions affronter si ces menaces se concrétisaient. (…) L’Europe est prête à assumer ses responsabilités. Le plan ReArm Europe pourrait permettre de mobilier près de 800 milliards d’euros pour une Europe sûre et résiliente. L’heure de l’Europe a sonné. Et nous sommes prêts à passer à la vitesse supérieure. »

C’est un cas aigu de russophrénie : maladie mentale dans laquelle le patient croit simultanément que la Russie est en train de s’effondrer et qu’elle va envahir le monde.

Au fantasme de la grave menace russe Ursule ajoute celui des 800 milliards d’euros qui n’existent que dans son imagination détraquée. Et elle répète sans arrêt « l’Europe » sans jamais nous dire sur quel continent peut bien se trouver Moscou…

Ubu roumain

En Roumanie, la Direction des enquêtes sur le crime organisé et le terrorisme (DIICOT) a exécuté 8 mandats de perquisition dans quatre régions et arrêté six personnes. La DIICOT bénéficiait du soutien de « la Direction du contre-espionnage et de la sécurité militaire de la Direction générale du renseignement de la défense, des spécialistes du Service de renseignement et de la Direction générale de la protection intérieure du Ministère de l’intérieur ». Rien de moins.

Les personnes arrêtées font partie d’un « groupe paramilitaire de citoyens roumains qui a tenté de saper l’ordre constitutionnel de la Roumanie avec le soutien de diplomates russes ». Sic.

Le groupe en question, qui n’a rien de secret, est « l’état-major Vlad Tepes » (Vlad l’empaleur, « Dracula »). On comprend tout de suite à quel point il est dangereux quand on sait qu’il est dirigé par un général… de 101 ans, Radu Theodoru. (Si, le pouvoir roumain prétend que cet homme est réellement à la tête du commando qui voulait le renverser…)

En fait, le « l’état-major Vlad Tepes » est plutôt sympathique. Le groupe s’est constitué pendant la « pandémie », pour critiquer les confinements et la piqûre obligatoire. Il milite pour la sortie du pays de l’UE et de l’OTAN, veut le rebaptiser Getia (d’après les Gètes) et prône un système de gouvernement basé sur un Conseil des anciens. Il considère que la Roumanie est comme « un esclave dans une plantation », sous la coupe d’une classe politique qui a « tout vendu, tout volé, sauf nos âmes ». Le ton est extrêmement polémique, mais les menaces verbales de renversement du pouvoir ne peuvent paraître sérieuses… qu’à des gens qui ont décidé de tout faire pour empêcher Georgescu de participer à l’élection présidentielle, et donc inventent des complots dont les Russes sont complices…

Plus fiable

Question d’un journaliste au député européen slovaque Erik Kalinak :

Si les Russes prenaient Oujgorod ou Kiev, qu’est-ce que cela signifierait pour vous ?

Réponse :

Cela signifierait que la Slovaquie a un partenaire plus fiable.

Version longue : « Nous avons dû les sauver (les Ukrainiens) à plusieurs reprises après qu’ils ont créé une sorte de conflit économique avec la Russie, et combien de fois ils n’ont pas voulu nous aider, donc de ce point de vue, les Russes sont des partenaires plus fiables pour nous dans le domaine économique. »

Erik Kalinak est membre du parti SMER de Robert Fico.

Douguine

Alexandre Douguine vient de publier ce tweet :

Nous devons restaurer la transcendance dans l’être. C’est l’âge d’or. Il s’agit du Royaume de Dieu.

Puis juste après il a publié cette photo :

Puis il a publié cette longue interview, par la journaliste ukrainienne réfugiée en Russie Diana Pantchenko. Facile à suivre si l’on comprend un peu l’anglais. Elle commence ainsi :

Pourquoi haïssez-vous les Ukrainiens ?

D’abord, pour être honnête, j’ai des raisons légitimes pour cela. Les Ukrainiens sont devenus un Etat terroriste, qui ont tué ma fille. Mais dans le même temps je dois dire que je ne les hais pas. Parce que pour nous, haïr les Ukrainiens signifie nous haïr nous-mêmes, haïr une partie de notre peuple, de notre histoire, de notre culture… Notre relation avec l’Ukraine n’est pas symétrique. Il n’y a pas deux nations qui se combattent, c’est un plus grand tout et une partie de ce tout. Quand une partie s’élève contre le tout, si une main se rebelle contre le reste du corps, et refuse d’écouter l’autre main, ou le cerveau, ou de considérer les autres organes, c’est toujours votre main, vous ne pouvez pas dire : mauvaise main je vais te couper parce que tu n’écoutes pas le cerveau, vous pouvez en être tenté mais vous vous mutileriez vous-même, et vous ne seriez plus vous-même. Nous les Russes ne sommes pas vraiment sur un pied d’égalité avec les Ukrainiens. Les Ukrainiens nous haïssent mais nous ne les haïssons pas, parce qu’ils sont une partie de nous et que nous sommes une partie d’eux, d’une certaine façon. Nous sommes un seul organisme, entremêlé. Comment pouvons-nous dire ce qui appartient à qui ? Et malgré cette terrible guerre entre nous, ce conflit, la folie qui a saisi une partie de notre peuple, une personne russe, même la plus patriote, ne peut pas se sentir bien à propos de la défaite des Ukrainiens. Ce n’est pas conquérir un autre territoire, c’est conquérir une partie de nous qui s’est égarée. (…)

Kiev est notre capitale, le berceau de l’Etat russe. Nous sommes tous kiéviens, de la Rus’, russes. (…) A un moment nous avons transféré la principauté plus à l’est, à Vladimir, puis à Moscou. Mais nous faisons partie de cet Etat kiévien. Et les gens qui vivent sur la rive droite du Dniepr sont les mêmes Russes que nous, ce sont ceux qui sont restés là-bas.