On avait déjà eu : « Etre fidèle à deux hommes c’est être deux fois plus fidèle », ou « Qui a dit que tous les partenaires devaient être officiels ? » Voici la nouvelle affiche du « premier site de rencontres extra-conjugales pensé par des femmes ». Toujours avec la pomme croquée, bien sûr.
La réaction du psychopédagogue Yves Demoulin (université de Mons, université de Lausanne) sur Facebook :
« Contrairement à l’antidépresseur, l’amant ne coûte rien à la Sécu. » Voilà la punchline de la campagne Gleeden – une accroche cynique qui minimise la souffrance et théâtralise la transgression. Mais elle est fausse.
Les infections sexuellement transmissibles ont fortement augmenté ces dernières années : dépistage, soins et complications pèsent sur les dépenses de santé. Et les conséquences psychiques de l’infidélité – culpabilité, dissonance morale, stress chronique, traumatismes relationnels – génèrent elles aussi une demande de prise en charge en santé mentale.
Autrement dit : l’amant coûte à la Sécurité sociale – en médecine, en prévention et en santé mentale. Présenter l’infidélité comme une « solution » relève non seulement du mauvais goût, mais favorise la banalisation d’une souffrance réelle et l’affaiblissement des réponses sanitaires.
Nous ne devons pas laisser la publicité détourner le vocabulaire médical ni ridiculiser les traitements. Plutôt que d’applaudir la provocation, exigeons une communication responsable, un meilleur accès au dépistage et des dispositifs renforcés pour la santé mentale. »




