La France à vau-l’eau

« Le statut de la France comme l’un des marchés obligataires les plus sûrs d’Europe risque de disparaître », disait hier Bloomberg.

La veille, le taux d’emprunt à dix ans de la France sur le marché obligataire a dépassé celui de l’Espagne (dont le PIB est la moitié de celui de la France).

Mais surtout, le taux d’emprunt sur cinq ans de la France a dépassé celui de la Grèce (2,48% contre 2,40%)… Et en ce qui concerne les taux à dix ans : « La Grèce a fait faillite en 2012, mais 12 ans plus tard, l’écart entre les taux d’emprunt français et grec n’est plus que de 0,16 point de pourcentage », souligne La Tribune.

« Je ne peux pas suivre l’argument selon lequel la France fait toujours partie du « noyau », ce n’est clairement pas le cas », dit à Bloomberg Moritz Kraemer, économiste en chef de la banque allemande LBBW, ancien analyste principal des notations chez S&P Global Ratings. « Pas aux yeux des marchés, pas aux yeux des agences de notation, et pas à mes yeux non plus. »

Antoine Armand déjà grotesque

Dimanche soir :

« Je veux saluer l’action de Bruno Le Maire… Je mesure la chance d’hériter d’un tel bilan. »

Mardi matin :

« On a un des pires déficits de notre histoire. Donc sur ce plan-là, la situation est grave. »

Juste après ce propos, il annonce qu’il est ouvert à collaborer avec tous les partis, « pour peu qu’ils soient dans l’arc républicain »… : « Ça veut dire que le Rassemblement national, face auquel nous avons fait un front républicain, n’y appartient pas. Il faut être clair là-dessus ».

Mardi après-midi :

Communiqué de Bercy : « Antoine Armand, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie recevra l’ensemble des représentants des groupes parlementaires. »

Le nouveau gouvernement

Bruno Retailleau était le bras droit de Philippe de Villiers en politique, au spectacle du Puy du Fou, à la radio libre Alouette. Peu à peu il a dérivé vers la politicaillerie jusqu’à devenir sénateur très politiquement correct. Aujourd’hui titulaire d’un ministère « régalien » (où il fera ce que Macron lui dira de faire), il reçoit pleinement la récompense de ses reniements.

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Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, a travaillé au Hudson Institute entre 2016 et 2019, puis il est devenu directeur pour l’Europe de l’Atlantic Council entre 2019 et 2022, où il a été rémunéré près de 450.000 € pour travailler à l’asservissement de l’Europe aux Etats-Unis.

Il quitte l’Atlantic Council pour devenir député macroniste. A l’Assemblée il faisait partie du « groupe amitié France-Israël », appelant personnellement à ne pas faire de pause dans le génocide palestinien, et du « groupe amitié France-Ukraine », soulignant personnellement « la nécessité pour l’Ukraine de se doter de missiles de longue portée capables de frapper le sol russe ».

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Le secrétaire d’Etat chargé de la francophonie s’appelle Mohamed, celui chargé de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations s’appelle Othman, et bien sûr le ministre de la Culture s’appelle toujours Rachida. En ajoutant que pour l’égalité entre les femmes et les hommes, c’est Salima.

« Valeurs fondamentales »

En juin dernier, David Campanale, qui a été pendant plus de 30 ans journaliste à la BBC et a remporté plusieurs prix, et qui s’était porté candidat aux législatives britanniques pour les libéraux démocrates, a été rejeté par le parti, qui a désigné un autre candidat.

David Campanale a porté plainte pour discrimination fondée sur les croyances chrétiennes (violation des lois sur l’égalité), ce qui est une première dans le monde politique britannique.

Le parti libéral démocrate vient de publier un texte de 34 pages qui détaille sa défense dans le procès. La phrase clef contre Campanale est que ses « convictions religieuses exprimées contre l’avortement, le mariage homosexuel et le changement de sexe légal sont en contradiction avec les valeurs fondamentales » du parti.

David Campanale ne cache pas ses convictions chrétiennes, mais affirme qu’il n’a pas publiquement pris position sur ces sujets-là dans le cadre de son activité politique. Ce qu’on lui reproche, dit-il, ce sont les positions de l’Alliance populaire chrétienne dont il a été membre.

On peut penser que si l’avortement, le soi-disant mariage homosexuel et le soi-disant changement de sexe sont des « valeurs fondamentales » du parti, on ne voit pas vraiment ce qu’un chrétien qui y est opposé fait dans ce parti.

Mais c’est que cette radicalisation est nouvelle. Sir Ed Davey, le président des libéraux démocrates, affirmait encore en 2020 que les sujets comme l’avortement ou l’euthanasie sont des « questions de conscience » et que les députés du parti sont libres de voter selon leur conscience sur ces sujets.

Et celui qui a été choisi à la place de David Campanale, Luke Taylor, déclare : « Le parti des anciens libéraux-démocrates de premier plan ayant des convictions chrétiennes, tels que Shirley Williams et Charles Kennedy, c’est terminé. »

On retrouve ici ce que les dirigeants russes ou hongrois appellent la dictature libérale de l’Occident : les partis prônant la liberté économique et la liberté de penser ce que l’on veut sur les autres sujets sont devenus des partis totalitaires dont les « valeurs fondamentales » sont anti-humaines. Le pire exemple, parce qu’il est au pouvoir, étant le Parti libéral du Canada.