En Autriche

Le Parti de la liberté (FPÖ), sous la direction de Herbert Kickl, a fait le plus gros score de son histoire en arrivant premier aux législatives avec 28,8% des voix, soit 13 points de plus que la dernière fois. Tandis que le parti conservateur au pouvoir (ÖVP) a dégringolé de plus de dix points à 26,3%.

Logiquement Herbert Kickl devrait donc devenir chancelier, mais ce ne sera pas le cas, comme partout ailleurs. Car il faut « sauver la démocratie » des « populismes ». Et le Parti de la liberté ose parler de « remigration », terme « complotiste » honni et contraire aux « valeurs de l’Europe », et il est hostile aux sanctions contre la Russie, ce qui est insupportable. Et il était contre la dictature « sanitaire ». Etc.

Donc en Autriche aussi on va bricoler un gouvernement qui ne représentera pas les électeurs…

La dictature en marche

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour supprimer la liberté d’expression. Dans un monde « libéral », cela paraît impossible. Mais le biais a été trouvé : il s’agit de présenter cela comme la « lutte contre la désinformation », afin de « sauver la démocratie » mise en péril par les « complotistes ».

John Kerry vient de passer un nouveau seuil. Il vient de dire explicitement que le premier amendement de la Constitution américaine, celui qui garantit la liberté d’expression est « un obstacle majeur » dans ce combat contre la désinformation et pour la démocratie. La conclusion obvie est qu’il faut donc supprimer le premier amendement…

Jusqu’ici il paraissait impensable qu’un Américain s’en prenne au sacrosaint « premier amendement ». Le fait que John Kerry le fasse n’est donc pas anodin.

John Kerrry, sénateur pendant 15 législatures et enfin président du comité des affaires étrangères du Sénat, puis ministre des Affaires étrangères des Etats-Unis sous Obama, a été fait « envoyé présidentiel spécial pour le climat » par Jobidon. Son mandat s’est terminé en mars dernier, mais c’est toujours ès qualités qu’il pontifiait mercredi dernier devant le Forum économique mondial. Il évoquait donc les « entités » qui désinforment sur le réchauffement climatique, et il en tirait des conclusions générales :

« Vous savez, il y a beaucoup de discussions sur la façon de limiter ces entités afin de garantir une certaine responsabilité sur les faits, etc. Mais si les gens ne s’adressent qu’à une seule source, et que cette source est malade, qu’elle a un programme et qu’elle diffuse de la désinformation, notre premier amendement constitue un obstacle majeur pur pouvoir simplement, eh bien, la faire disparaître.

« Ce dont nous avons besoin, c’est de conquérir le terrain, de gagner le droit de gouverner, en espérant gagner suffisamment de voix pour être libres de mettre en œuvre le changement. »

« L’aversion et l’angoisse suscitées par les médias sociaux ne cessent de croître. Cela fait partie de notre problème, en particulier dans les démocraties, lorsqu’il s’agit de construire un consensus autour d’une question. Il est vraiment difficile de gouverner aujourd’hui. Les référents que nous avions l’habitude d’avoir pour déterminer ce qui est un fait et ce qui ne l’est pas ont été éviscérés, d’une certaine façon. Et les gens choisissent eux-mêmes où ils vont pour leurs nouvelles, pour leurs informations. On entre alors dans un cercle vicieux ».

« Les démocraties du monde entier sont aujourd’hui confrontées à l’absence d’une sorte d’arbitre de la vérité, et personne ne définit ce que sont réellement les faits.

« Je pense que les démocraties sont actuellement confrontées à de grandes difficultés et qu’elles n’ont pas prouvé qu’elles pouvaient agir assez vite et assez fort pour relever les défis auxquels elles sont confrontées, et pour moi, cela fait partie de l’enjeu de cette élection. Allons-nous faire baisser la fièvre aux États-Unis ? »

Au Parlement allemand

Hier au Parlement de Berlin s’est déroulée la deuxième Conférence politique des droits de l’homme queer, organisée par le SPD, avec des invités d’un peu partout (dont une « envoyée spéciale » du gouvernement américain, les ambassadeurs du Mexique et de Malte, etc.), et un mot de bienvenue du chancelier Olaf Scholz.

Interlude « culturel » (sic) :

Avec Scholz au premier rang :

Car ce sont les valeurs de l’Europe.

La France à vau-l’eau

« Le statut de la France comme l’un des marchés obligataires les plus sûrs d’Europe risque de disparaître », disait hier Bloomberg.

La veille, le taux d’emprunt à dix ans de la France sur le marché obligataire a dépassé celui de l’Espagne (dont le PIB est la moitié de celui de la France).

Mais surtout, le taux d’emprunt sur cinq ans de la France a dépassé celui de la Grèce (2,48% contre 2,40%)… Et en ce qui concerne les taux à dix ans : « La Grèce a fait faillite en 2012, mais 12 ans plus tard, l’écart entre les taux d’emprunt français et grec n’est plus que de 0,16 point de pourcentage », souligne La Tribune.

« Je ne peux pas suivre l’argument selon lequel la France fait toujours partie du « noyau », ce n’est clairement pas le cas », dit à Bloomberg Moritz Kraemer, économiste en chef de la banque allemande LBBW, ancien analyste principal des notations chez S&P Global Ratings. « Pas aux yeux des marchés, pas aux yeux des agences de notation, et pas à mes yeux non plus. »

Antoine Armand déjà grotesque

Dimanche soir :

« Je veux saluer l’action de Bruno Le Maire… Je mesure la chance d’hériter d’un tel bilan. »

Mardi matin :

« On a un des pires déficits de notre histoire. Donc sur ce plan-là, la situation est grave. »

Juste après ce propos, il annonce qu’il est ouvert à collaborer avec tous les partis, « pour peu qu’ils soient dans l’arc républicain »… : « Ça veut dire que le Rassemblement national, face auquel nous avons fait un front républicain, n’y appartient pas. Il faut être clair là-dessus ».

Mardi après-midi :

Communiqué de Bercy : « Antoine Armand, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie recevra l’ensemble des représentants des groupes parlementaires. »