Leur Eglise

Edward Peters était l’un des canonistes les plus réputés des Ets-Unis. Il enseignait au séminaire du Sacré-Cœur de Detroit depuis 2005. Le nouvel archevêque, Edward Weisenburger, vient de le virer. Sans donner la moindre raison, parce qu’il n’a pas à parler publiquement de la gestion du personnel de son séminaire.

La raison est simple : Edward Peters est trop « conservateur », et il avait osé critiquer, en tant que canoniste, l’ancien pape François.

Quelques jours auparavant, deux autres professeurs ont été congédiés, tous deux également connus comme « conservateurs » : Ralph Martin et Eduardo Echeverria, professeurs de théologie. Le premier avait été nommé par Benoît XVI consulteur au Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

Edward Weisenburger s’est fait connaître comme l’archevêque qui a quasiment interdit la messe traditionnelle dans son diocèse et a même interdit toute célébration ad orientem.

Le pape rencontre un Russe

Léon XIV a reçu le métropolite Antoine de de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou.

Le métropolite a notamment évoqué les persécutions contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

Au moins le pape ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.

L’Eglise LGBT

L’agence catholique allemande de presse KNA rapporte que la commission scolaire de la conférence des évêques allemands prépare un document de 20 pages, pour les écoles catholiques, sur la « diversité sexuelle ».

Le projet stipule que les écoles doivent respecter et rendre plus visibles les élèves « non binaires » et « non hétérosexuels ». Il affirme qu’il est essentiel « d’identifier et de réduire les irritations et les incertitudes existant dans le traitement de la diversité de l’identité sexuelle ».

Le texte attire l’attention sur le fait que de nombreux « élèves queer » traversent des années d’insécurité intérieure et de doute douloureux, et il dénonce « les préjugés, la discrimination et le harcèlement » à l’encontre de ces élèves.

Le document serait une réponse à une enquête menée auprès de 2.000 élèves, enseignants et parents d’écoles catholiques sur la « diversité des identités sexuelles ». Selon l’enquête, réalisée par l’Institut berlinois pour l’éthique et la politique chrétiennes, environ 20 % des personnes interrogées ont déclaré avoir été victimes ou témoins de discrimination à l’encontre d’« élèves homosexuels, transgenres ou non binaires, c’est-à-dire queer ».

Selon le projet de texte, l’objectif d’une « école favorable aux personnes queer » devrait être de soutenir le « développement holistique de la personnalité » des enfants et des adolescents. Cela inclut également la mise à disposition par les écoles d’un espace « dans lequel les enfants et les adolescents peuvent acquérir une certitude quant à leur orientation sexuelle et leur identité de genre ».

Oui, on parle bien des écoles catholiques…

Au Pakistan, le chantage au blasphème

La Haute Cour d’Islamabad ordonne au gouvernement d’instituer une commission d’enquête spéciale sur le nombre croissant de chantage au « blasphème en ligne ».

Depuis des années, nombre de chrétiens, mais aussi de musulmans, se font piéger par des messages sur les réseaux sociaux sans voir qu’ils seront poursuivis par ceux qui les ont incités ou les ont récupérés : c’est la version moderne de l’accusation de blasphème (contre Mahomet, contre l’islam) portée par le voisin qui veut s’accaparer la boutique ou le terrain du chrétien. Mais cela donne lieu désormais à un « commerce du blasphème ». Un réseau criminel fait circuler des messages de blasphème sur les forums en ligne et réclame de l’argent pour ne pas porter plainte. Comme le blasphème contre Mahomet est puni de mort (il n’y a jamais eu d’exécution mais on peut passer jusqu’à dix ans en prison avant d’être blanchi… mais marqué à vie), les personnes visées paient.

Selon les observateurs, l’organisation à l’origine de ce phénomène est vaste et complexe, et comprend même des associations d’avocats chargés de surveiller les plateformes en ligne à la recherche de contenus blasphématoires…

« La Haute Cour a ordonné la création d’une commission dans les 30 prochains jours afin d’enquêter sur cette question. La commission devra présenter ses conclusions dans un délai de quatre mois. Cette directive donne de l’espoir aux familles touchées par ces accusations », souligne dans un entretien avec l’agence Fides l’avocat catholique Khalil Tahir Sandhu, engagé dans la défense des victimes d’accusations de blasphème. « Je pense que cette fois-ci, le gouvernement réagira positivement, je suis convaincu que la commission sera mise en place et qu’elle ira au fond de cette affaire, qui a pris des proportions très graves. La loi sur le blasphème au Pakistan, telle qu’elle est actuellement configurée, se prête à être instrumentalisée et manipulée, y compris par des organisations criminelles qui spéculent et détruisent la vie d’innocents. »

Non à la violation du secret de la confession

Le juge fédéral du district ouest de Washington, David Estudillo, donne raison aux évêques américains, qui contestaient la loi de l’Etat de Washington supprimant le secret de confession pour certains abus, et prévoyant pour les prêtres qui s’y opposeraient des amendes et des peines de prison.

Le juge a rejeté les arguments de l’Etat de Washington, qui osait avancer que les évêques n’avaient pas encore qualité pour agir puisqu’aucun prêtre n’avait encore été inculpé…

« Il ne fait aucun doute que le projet de loi SB 5375 porte atteinte à la liberté de religion des plaignants », a conclu le juge, et la loi est donc bloquée alors qu’elle devait entrer en vigueur le 27 juillet.

Ce n’est que la première étape de la bataille juridique, mais elle est de bon augure. D’autant que le juge Estudillo n’a pas été nommé par Trump, comme on pouvait le penser, mais par Biden.