Leur Eglise

La conférence conjointe évêques-laïcs allemands (conférence des évêques et comité central des catholiques) a publié hier une résolution adoptée le 4 avril dernier :

La bénédiction donne de la force à l’amour
Bénédictions pour les couples qui s’aiment
Document à distribuer aux pasteur·e·s

Il s’agit ouvertement des bénédictions à donner aux « couples » de même sexe, dans la ligne du document Fiducia supplicans de François, et du « Chemin synodal » allemand qui a établi : « Fortifiés par la bénédiction, ces couples font fructifier leur foi chrétienne et leur relation avec Dieu dans leur couple, dans leur famille, dans leur cercle d’amis et dans leur communauté, et ils sèment les graines d’autres bénédictions dans et pour notre Église. »

Et il s’agit explicitement d’une bénédiction de la sexualité entre personnes de même sexe.

On remarque aussi que les évêques allemands adoptent l’écriture inclusive, y compris quand il s’agit des « pasteur·e·s ». Car, « conformément à la décision du Chemin synodal, tant les ministres ordonnés que les personnes ayant reçu une mission épiscopale pour exercer des services divins peuvent donner des bénédictions ». Car les laïcs aussi, hommes et femmes, exercent des « services divins ». Tous, sans distinction, sont des « agents pastoraux » (et agentes pastorales ?).

Le document précise que la « bénédiction de Dieu » est « accordée de manière fiable » à ces « couples ». L’infaillibilité est garantie.

Le patriarche serbe à Moscou

Le patriarche Porphyre de l’Eglise orthodoxe serbe a rencontré hier Vladimir Poutine au Kremlin. Il était accompagné du métropolite Irénée de Bačka, du patriarche russe Cyrille et du métropolite Antoine, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

Ce qu’ils se sont dit n’est pas inintéressant à plusieurs égards. Voici la traduction donnée par le site Orthodoxie.com de l’intégralité de la conversation.

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Le pape non pape

François est allé hier à la basilique Saint-Pierre. Avec la canule à oxygène dont il ne se sépare jamais, mais sans soutane blanche, sans calotte, sans anneau, sans croix pectorale… T-shirt beige à manches longues, pantalon noir, plaid rayé. Si on ne le reconnaissait pas on pourrait croire que c’est un intrus SDF handicapé qu’on reconduit à la sortie…

C’est tellement gênant que Vatican News a illustré son article dégoulinant de dévotion pontificale larmoyante par une photo prise dimanche dernier : quand François est arrivé impromptu pendant la célébration du « jubilé des malades » et a interrompu la messe pour bien montrer que c’est lui qui est important…

L’ange d’Optina

Le célèbre monastère d’Optina (le « désert d’Optina », avec son ermitage où résida notamment Dostoïevski), à 270 km au sud de Moscou, a retrouvé son « ange sonnant de la trompette ». Avant la révolution bolchevique, un ange trompettiste faisant aussi office de girouette surplombait l’entrée principale du monastère, comme on le voit sur les anciennes photos. Il avait disparu. Le monastère (une petite ville, avec sa cathédrale et ses sept églises, sans compter celle de l’ermitage) a été entièrement restauré depuis le début des années 2000, et le nouvel ange sonnant de la trompette vient couronner la restauration. « L’effigie de l’ange, fabriquée dans un métal particulièrement résistant, a été équipée d’un mécanisme rotatif unique garantissant une facilité de mouvement et une solidité de fixation même lors de fortes rafales de vent », précise le monastère, non sans souligner la signification religieuse de la statue :

Le livre de l’Apocalypse de Jean le Théologien parle d’anges qui annonceront au monde l’approche de la fin des temps : « Et je vis les sept anges qui se tenaient devant Dieu ; et sept trompettes leur furent données » (Ap. 8:2). Tout comme une girouette capte le moindre souffle de vent, la figure de l’ange sonnant de la trompette nous rappelle la nécessité d’être attentifs aux signes des temps, d’être sobres et vigilants, prêts à rencontrer le Seigneur qui vient dans la gloire : « Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra » (Mt 24, 42).

La persécution estonienne

Le Parlement estonien a adopté hier, sans surprise, par 60 voix contre 13 (16 députés n’ont pas participé au vote), le projet de loi interdisant l’Eglise orthodoxe. Sans surprise, la bonne volonté des orthodoxes, qui ont changé le nom de leur Eglise, n’aura servi à rien.

Comme en Ukraine, l’interdiction de l’Eglise devra passer par les tribunaux pour chaque entité, qui a deux mois pour se conformer à la loi, à savoir prouver qu’elle n’a strictement aucun lien avec la Russie, ce qui est évidemment impossible, et pas seulement pour le monastère de Pühtitsa qui dépend directement du patriarche de Moscou.

Intéressante réaction d’un député qui n’a pas pris part au vote, Maria Jufereva-Skuratovski : « À un moment donné, j’ai compris qu’en adoptant cette loi, nous ne résoudrions pas nos problèmes, mais au contraire, nous en créerions d’autres qu’il faudra résoudre pendant des années. J’ai compris que je n’étais pas prête à assumer la responsabilité du destin de l’Église orthodoxe en Estonie. »

Ci-dessous le communiqué de l’« Église orthodoxe chrétienne d’Estonie » (le nom d’Eglise orthodoxe d’Estonie étant réservé à la petite scission russophobe adoubée par le gouvernement et reconnue par Constantinople) :

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