Nièce de saint Alexis Falconieri, un des sept fondateurs des Servites, née en 1270, morte le 19 juin 1341, Julienne Falconieri fonda la branche féminine des Servites, les Mantellates.
Elle fut canonisée en 1737 par Clément XII. Son office et sa messe sont du commun des vierges, sauf la collecte, et l’hymne des vêpres et des matines, qui est de Francesco Lorenzini. Célèbre poète de l’époque, dès ses 20 ans il se fit connaître comme librettiste pour des mélodrames tirés de la Bible pour l’Oratoire du Très Saint Crucifix. Ce qui lui valut de devenir membre de l’Académie de l’Arcadie à 25 ans, puis d’en être le « custode général » de 1728 à sa mort en 1743. (Les membres de l’Académie – ils furent jusqu’à 3.900 – devaient prendre un pseudonyme « pastoral » et mener une vie digne de l’Arcadie…) En 1735 il installa un théâtre dans sa demeure, l’Academia latina, où il faisait jouer Plaute, Térence, Cicéron… avec le soutien de Clément XII. A la fin de sa vie il composa des « paraphrases » en vers de textes bibliques et liturgiques.
C’est donc Clément XII qui lui demanda l’hymne pour Julienne Falconieri. Il se trouve que Francesco Lorenzini connaissait cette famille, parce que dans les années 1720 il avait été dénoncé pour malversations financières auprès du gouverneur de Rome, Alessandro Falconieri (qui allait être fait cardinal). Le gouverneur (qui était aussi vice-camerlingue) établit l’innocence du poète et lui offrit sa protection. Alors il écrivit une « Brève notice sur la vie du bienheureux Alexis Falconieri », puis une « Brève notice de la vie de la bienheureuse Julienne Falconieri », dédicacées au pape d’alors, Clément XI.
Ce qui étonne dans cette hymne du XVIIIe siècle est la simplicité du style. A une époque où les hymnographes multipliaient les allusions à l’antiquité et se piquaient d’imiter les poésies latines les plus compliquées, Francesco Lorenzini se coule dans la plus pure tradition ambrosienne des poèmes en octosyllabes dépourvus de toute recherche alambiquée. Cela doit être dû au fait que précisément il n’était pas hymnographe, et que malgré le patronage revendiqué de « l’Arcadie », ses poèmes étaient écrits dans une langue simple, comme il l’avait sans doute appris à l’Oratoire.
Cæléstis Agni núptias,
O Juliána, dum petis,
Domum patérnam déseris,
Chorúmque ducis Vírginum.
Sponsúmque suffíxum cruci
Noctes diésque dum gemis,
Dolóris icta cúspide
Sponsi refers imáginem.
Quin septifórmi vúlnere
Fles ad genu Deíparæ :
Sed crescit infúsa fletu,
Flammásque tollit cáritas.
Hinc morte fessam próxima
Non usitáto te modo
Solátur et nutrit Deus,
Dapem supérnam pórrigens.
Ætérne rerum Cónditor,
Ætérne Fili par Patri,
Et par utríque Spíritus,
Soli tibi sit glória. Amen.
O Julienne, puisque tu désires
les noces de l’Agneau céleste,
tu laisses la maison paternelle,
et tu conduis un chœur de Vierges.
Tandis que tu gémis jour et nuit
sur ton Époux attaché à la Croix,
un glaive de douleur te blesse :
tu reproduis l’image de l’Époux.
Aux genoux de la Mère de Dieu,
tu pleures ses sept blessures :
mais arrosée de larmes,
ton amour croît et s’enflamme.
Quand la mort prochaine t’épuise,
d’une manière extraordinaire,
Dieu te console et nourrit
te donnant le pain d’en-haut.
Éternel Créateur des choses,
Fils éternel égal au Père,
Esprit égal à tous deux,
Gloire à vous seul. Ainsi-soit-il.
Je ne trouve pas cette hymne chantée sur internet. La partition est ici.
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Les fondateurs des Servites sont au nombre sept (7), pas douze.
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Oui, et je me demande bien pourquoi j’ai mis 12… Merci.
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De rien.
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