Je lis dans un bulletin paroissial, à propos du 1700e anniversaire du concile de Nicée :
« Pour honorer cet anniversaire, et garder en mémoire les mots de nos Pères dans la foi, alors que nous constatons que bien des chrétiens ne connaissent plus le “grand crédo”, nous l’utiliserons tout au long de ce Carême. »
Je prends conscience tout à coup que cela aussi a donc disparu. Je savais que la néo-liturgie avait gardé le canon romain (sous le nom de prière eucharistique n° 1) pour faire semblant de ne pas complètement supprimer la tradition mais en s’assurant que personne ne l’utilise plus, je n’avais pas fait attention qu’il en était de même du Credo…
Le Credo de Nicée-Constantinople est toujours optionnel dans le nouvel ordo missae, mais comme le canon romain il est, en fait, obsolète… Et on fait mine de s’en inquiéter l’année où l’on célèbre le 1700e anniversaire de Nicée. On va donc « l’utiliser tout au long de ce Carême », puis on l’oubliera de nouveau.
Le pire est que cela est écrit par un prêtre qui célèbre souvent la messe traditionnelle…
Une autre remarque : quand il dit que « bien des chrétiens ne connaissent plus le “grand crédo” », il fait une généralisation très abusive, bien dans la ligne « romaine » d’antan. Car en Orient la plupart des « chrétiens » connaissent le Credo de Nicée-Constantinople, pour la bonne raison qu’ils n’en ont pas d’autre et que c’est celui qu’ils disent dans leur liturgie.
Pendant près d’un millénaire l’Eglise de Rome a imposé dans le Credo de Nicée-Constantinople le « Filioque » qui ne s’y trouvait pas, et aujourd’hui elle impose de facto un « credo » qui n’est pas du tout celui de de Nicée-Constantinople…
(On remarque aussi que dire le vrai Credo est une pénitence de carême…)