A Chavenon…

Le métropolite Nestor de Chersonèse a consacré le 28 septembre une église orthodoxe à Chavenon, dans l’Allier. C’est l’aboutissement du projet de dépendance du monastère féminin de l’Icône de la Mère de Dieu du Signe dans le Cantal…

Cette église est dédiée aux saints Barsanuphe et Jean de Gaza, selon le choix du métropolite Nestor qui a déclaré :

« Quand j’étais très jeune, j’ai lu la correspondance de ces saints pères ascètes du désert avec leurs enfants spirituels et j’ai été très frappé par les réponses de Saint Barsanuphe le Grand et Saint Jean. C’est pour moi l’un des joyaux de la littérature ascétique que je lis toujours aujourd’hui. Ces lettres qui ont été sauvegardées constituent un héritage du cœur de la spiritualité orthodoxe et sont toujours d’une grande actualité. Ces écrits ne sont pas réservés aux moines et peuvent aider spirituellement tout le monde, que l’on soit jeune, en famille, ou âgé. »

C’est exactement ce que je pense, et c’est pourquoi je cite ce propos. Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir l’édition des cinq volumes de cette correspondance aux Sources chrétiennes. C’est un inestimable trésor.

Mais bien sûr ce choix est aussi une reconnaissance de l’archimandrite Barsanuphe (1935-2018) qui avait conçu cette église.

J’en parle aussi parce que les peintures sont remarquables. L’originalité est que dans la nef, de part et d’autre du prophète Elie il y a trente pères (et mères) du désert. L’ensemble des peintures est l’œuvre de l’iconographe russe Alexandre Belachov et de l’atelier des moniales.

Voir ici l’album photos, très fourni…

Le rite pagano-amazonien arrive

Lu sur Paix liturgique.

Oyez, oyez, mes chers Amis : le rite vénérable de l’Église romaine est interdit, mais en revanche le rite amazonien en cours de fabrication sera introduit avant la fin de l’année ! Il sera en « phase expérimentale » à la fin de 2024 pour trois ans, jusqu’en 2028, date à laquelle, avec sans doute quelques modifications et « enrichissements », il deviendra définitif. C’est ce qu’a annoncé le Conseil épiscopal latino-américain par la voix du P. Agenor Brighenti, coordinateur de l’équipe théologique du CELAM. Disons par parenthèse que ce Brighenti est favorable à l’ordination des femmes et à l’abolition du célibat sacerdotal.

Il faut savoir que la confection de ce rite de la forêt a demandé, depuis 2020, un travail considérable. Pas moins de 13 commissions ont œuvré d’arrache-pied pour sa composition. Mais on n’a pas de détails : ce sera une surprise.

Ce rite amazonien pourrait s’inspirer du rite maya en cours de fabrication au Mexique, notamment en ce qui concerne la relation à la « Terre Mère » : beaucoup d’encens tout au long de l’eucharistie répandu par des hommes et des femmes « encenseurs » ; prières dites par des laïcs dits « principaux », hommes ou femmes, qui se tiennent à côté du prêtre comme des quasi-concélébrants ; danses rituelles d’action de grâce ; usage de coquillages mayas, qui servaient jadis pour communiquer avec les ancêtres ; allumage de bougies mayas qui permettent d’entrer en contact avec d’autres personnes vivantes ou décédées et avec « notre sœur la Terre Mère » ; autel maya, dit « offrande maya », qui porte des produits de la terre et du travail des hommes, plantes, fleurs, fruits, graines, et encore des bougies de différentes couleurs pointant vers les quatre points cardinaux plus ou moins divins chez les mayas.

Lire la suite sur Paix liturgique, qui suggère que le culte de Pachamama, au Vatican, le 4 octobre 2019, pouvait être une première préparation du rite amazonien.

La cathédrale de Sotchi

Le patriarche Cyrille célébrait ce matin la divine liturgie en la cathédrale Saint-Vladimir de Sotchi.

La construction de cette église a commencé en 2005. Elle a été consacrée en 2011.

Le 28 décembre 2018 a été créé le diocèse de Sotchi (par démembrement de celui de Iekaterinodar), et cette église est devenue cathédrale.

(Le diocèse de Iekaterinodar est celui de Krasnodar : il a gardé le nom qu’avait la ville avant la révolution bolchevique : don de Catherine.)

Encore un exemple

Sancte Míchaël Archángele, defénde nos in prǽlio : ut non pereámus in treméndo judício.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, que nous ne périssions pas au jour du jugement terrifiant.

Ceci est le verset de l’alléluia dans la messe traditionnelle. Il permet au prédicateur d’abord d’évoquer les anges, en ce jour où la fête de saint Michel prime le dimanche, et aussi de rappeler que la vie spirituelle est un combat, dans lequel nous avons besoin de la protection des anges.

Mais dans la néo-« liturgie » le « dimanche ordinaire » occulte la fête des anges, et de toute façon le verset d’alléluia a été purement et simplement supprimé. Car il n’y a ni combat ni jugement.

C’est encore un exemple de ce que la néo-« liturgie » relève d’une autre religion que la liturgie latine traditionnelle.

Sainte-Euphrosyne

La divine liturgie patriarcale a été célébrée ce matin (fête de l’Exaltation de la Croix dans le calendrier julien – avec une véritablement somptueuse hymne des chérubins à 52’30, et à 1h37’50 un chant… corse ?) en l’église Sainte-Euphrosyne de Moscou. C’est une des innombrables nouvelles églises de Russie, consacrée en 2017.

Sa particularité est que la sainte Euphrosyne à qui elle est dédiée est la femme de saint Dimitri Ier Donskoï, grand prince de Moscou et de Vladimir (1350-1389). Elle s’appelait Eudoxie de Souzdal, elle eut 12 enfants (dont deux grands-princes de Moscou) puis finit sa vie comme religieuse, prenant le nom d’Euphrosyne. Elle avait fondé l’église de la Nativité de la Mère de Dieu (son mari ayant remporté la bataille de Koulikovo contre la Horde d’Or un 8 septembre), qui est le bâtiment le plus ancien de Moscou (avec des icônes de Théophane le Grec), et le couvent de l’Ascension où elle se retira (ainsi qu’un monastère et une église à Pereyaslav dans la région de Kiev).

« Ils sont devenus à jamais un modèle de véritable union chrétienne, de fidélité conjugale, de chasteté, d’amour de Dieu, de la patrie et de l’un pour l’autre. »

C’est pourquoi en 2007, pour le 600e anniversaire de la mort de sainte Euphrosyne a été créé l’Ordre de la Vénérable Euphrosyne de Moscou, qui est décerné à des femmes « pour leurs mérites particuliers dans le renforcement des traditions spirituelles et morales de la société et dans le développement du ministère social de l’Église ».