Vatican I au risque de l’histoire

Voici la traduction d’un article publié le 4 octobre sur le blog Orthodox Reflections, sous le titre « Were the Roman Popes Supreme in the First Millennium ? » : Les papes de Rome étaient-ils (des chefs) suprêmes au cours du premier millénaire ? L’auteur est cet orthodoxe dont j’ai déjà traduit l’article sur le Linceul de Turin. Avertissement : ce nouvel article est « hérétique », puisqu’il conteste un « dogme ». Il est réservé à ceux qui souhaitent aller y voir de plus près. On notera qu’il n’aurait pas été formellement « hérétique » s’il avait été publié avant 1870…

« Il faut que l’Eglise ait une tête visible, sinon tout deviendrait incontrôlable. Il n’y aurait pas d’accord sur la foi ou la morale. C’est pourquoi Jésus a installé saint Pierre comme chef suprême de l’Église, et chaque pape depuis lors a hérité de son autorité pour gouverner. Soumettez-vous à Rome ! »

En tant que chrétien orthodoxe présent en ligne (grâce à mes écrits sur ce blog), je reçois chaque semaine de multiples versions de ce message de la part de catholiques romains. Même les catholiques romains qui sont des adversaires acharnés du pape François nous disent encore souvent, à nous orthodoxes, de nous « soumettre à Rome ». Les sédévacantistes, qui croient que la chaire de saint Pierre est vacante depuis 1958, nous disent également de nous soumettre à Rome. Pas à la Rome actuelle, bien sûr, car elle est pleine d’hérétiques. Mais à la papauté romaine historique et à la tradition romaine. Quoi que cela signifie et quelle que soit la manière dont on s’y prend.

Et on tourne en rond.

Selon la plupart des partisans des concepts catholiques romains de suprématie papale et d’infaillibilité, ces deux doctrines étaient connues et suivies dans l’Église du premier millénaire. Une chose est certaine : de nombreux papes romains du premier millénaire avaient une haute opinion de l’autorité inhérente à leur fonction. La question est toutefois de savoir si le reste de l’Église du premier millénaire partageait cette opinion.

Pourquoi la façon dont l’Église en dehors de Rome considérait la papauté est-elle importante ? Parce que pour faire partie de la foi catholique, comme l’a expliqué saint Vincent de Lérins au Ve siècle, « en outre, dans l’Église catholique elle-même, il faut prendre toutes les précautions possibles pour conserver la foi qui a été crue partout, toujours, par tous ».

L’autorité et l’infaillibilité incontestées de la papauté romaine ont-elles été « crues partout, toujours, par tous » au cours du premier millénaire ? Examinons cette question sous différents angles : la relation de la papauté avec les conciles œcuméniques, l’histoire de l’excommunication et de la déposition des papes, et un bref examen du bilan de la papauté en matière de maintien de l’unité de l’Église.

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L’Eglise Titanic

Or donc François va nous créer 21 nouveaux cardinaux. Le plus emblématique est assurément le dominicain Timothy Radcliffe, militant LGBT acharné, consulteur du Conseil pontifical Justice et Paix, et « assistant spirituel » du synode. C’est sans doute un symbole, puisqu’il aura 80 ans en août prochain et ne sera donc plus électeur, mais le symbole est frappant…

François continue de faire cardinaux des évêques du bout du monde qui n’ont quasiment pas de fidèles. La dernière fois c’était l’évêque de Mongolie (1.350 fidèles), devenu le plus jeune cardinal. Il vient d’être détrôné par un grec-catholique ukrainien, Mykola Bychok, 44 ans, évêque depuis 2020, éparque de Melbourne, revendiquant 32.000 fidèles en Australie, Nouvelle-Zélande et Océanie… Déjà il est ecclésiologiquement aberrant que les chefs des Eglises orientales soient cardinaux (seuls les patriarches melkites, honneur à eux, refusent le chapeau), mais voici qu’un tout nouvel évêque ukrainien devient cardinal alors que son patron, l’archevêque majeur de Kiev Sviatoslav Chevtchouk, ne l’est pas encore…

Cardinal aussi le Franco-algérien Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, qui demande de « nous défaire de l’idée que nous devons évangéliser, faire accéder les autres à notre vérité » et affirme que Jésus n’a jamais condamné le divorce.

Et aussi l’archevêque de Téhéran, qui revendique 2.000 fidèles. Et encore l’archevêque de Belgrade, qui en a moins de 10.000.

L’Afrique noire, quant à elle, qui compte plus de 250 millions de catholiques, mais qui pense très mal, n’a droit qu’à un nouveau cardinal, l’archevêque d’Abidjan.

Pourriture jésuite

Le Boston College, prestigieuse université jésuite du Massachussetts, a obtenu du ministère américain de l’Education une subvention de près de 2 millions de dollars grâce à laquelle le professeur de psychologie Paul Poteat et d’autres chercheurs « développeront, affineront et mèneront une étude pilote initiale d’un programme d’intervention pour les étudiants LGBTQ+ ».

L’initiative s’appelle « Programme d’autonomisation pour la santé individuelle et collective ». Les chercheurs travailleront avec les clubs GSA (Gender-Sexuality Alliance) de l’université au cours des trois prochaines années. Car il y des clubs « alliance de genre et de sexualité » à l’université catholique de Boston (qui ont pour but de « procurer un environnement sûr et un soutien pour les jeunes lesbiennes, gays, bisexuels, ou transgenres, ainsi que pour leurs alliés hétéros »).

Les GSA participantes se réuniront et organiseront des activités pour « aider les étudiants à réfléchir à leur identité et à en prendre conscience » et pour « faciliter les actions de sensibilisation et d’affirmation des LGBTQ+ au sein de l’école ou de la communauté ».

Paul Poteat déclare qu’il ne voit pas de conflit entre son travail et les enseignements de l’Église catholique : « Je ne m’identifie pas comme catholique. Cependant, je crois que ce travail et ses objectifs sont en accord avec les principes catholiques jésuites qui sont le mieux mis en évidence dans l’énoncé de mission de notre École d’éducation et de développement humain au Boston College. » Car ces principes consistent à « améliorer la condition humaine, développer l’imagination humaine et rendre le monde plus juste ».

Selon C.J. Doyle, le directeur de la Ligue d’action catholique du Massachussetts, « le Boston College a perdu le peu qu’il restait de son identité catholique il y a de nombreuses années. Ce qui serait surprenant, inhabituel et historique, ce serait un article sur un membre d’une faculté du Boston College qui soutiendrait l’enseignement catholique »…

L’ONU constate…

Dans son nouveau rapport, qui porte sur le trimestre juin-août, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme constate que la pression du gouvernement sur l’Église orthodoxe ukrainienne se poursuit.

Le rapport énumère de nombreux cas de décisions judiciaires et d’arrestations de clercs de l’Église orthodoxe ukrainienne et souligne que cela suscite des inquiétudes dans les cercles internationaux de défense des droits de l’homme…

Il prend acte que le Parlement ukrainien a adopté la loi interdisant l’Eglise orthodoxe ukrainienne : « Cela suscite l’inquiétude du HCDH, car les normes internationales ne reconnaissent pas la sécurité nationale comme une base pour restreindre la liberté de religion. »