Le pape non pape

François est allé hier à la basilique Saint-Pierre. Avec la canule à oxygène dont il ne se sépare jamais, mais sans soutane blanche, sans calotte, sans anneau, sans croix pectorale… T-shirt beige à manches longues, pantalon noir, plaid rayé. Si on ne le reconnaissait pas on pourrait croire que c’est un intrus SDF handicapé qu’on reconduit à la sortie…

C’est tellement gênant que Vatican News a illustré son article dégoulinant de dévotion pontificale larmoyante par une photo prise dimanche dernier : quand François est arrivé impromptu pendant la célébration du « jubilé des malades » et a interrompu la messe pour bien montrer que c’est lui qui est important…

L’ange d’Optina

Le célèbre monastère d’Optina (le « désert d’Optina », avec son ermitage où résida notamment Dostoïevski), à 270 km au sud de Moscou, a retrouvé son « ange sonnant de la trompette ». Avant la révolution bolchevique, un ange trompettiste faisant aussi office de girouette surplombait l’entrée principale du monastère, comme on le voit sur les anciennes photos. Il avait disparu. Le monastère (une petite ville, avec sa cathédrale et ses sept églises, sans compter celle de l’ermitage) a été entièrement restauré depuis le début des années 2000, et le nouvel ange sonnant de la trompette vient couronner la restauration. « L’effigie de l’ange, fabriquée dans un métal particulièrement résistant, a été équipée d’un mécanisme rotatif unique garantissant une facilité de mouvement et une solidité de fixation même lors de fortes rafales de vent », précise le monastère, non sans souligner la signification religieuse de la statue :

Le livre de l’Apocalypse de Jean le Théologien parle d’anges qui annonceront au monde l’approche de la fin des temps : « Et je vis les sept anges qui se tenaient devant Dieu ; et sept trompettes leur furent données » (Ap. 8:2). Tout comme une girouette capte le moindre souffle de vent, la figure de l’ange sonnant de la trompette nous rappelle la nécessité d’être attentifs aux signes des temps, d’être sobres et vigilants, prêts à rencontrer le Seigneur qui vient dans la gloire : « Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra » (Mt 24, 42).

La persécution estonienne

Le Parlement estonien a adopté hier, sans surprise, par 60 voix contre 13 (16 députés n’ont pas participé au vote), le projet de loi interdisant l’Eglise orthodoxe. Sans surprise, la bonne volonté des orthodoxes, qui ont changé le nom de leur Eglise, n’aura servi à rien.

Comme en Ukraine, l’interdiction de l’Eglise devra passer par les tribunaux pour chaque entité, qui a deux mois pour se conformer à la loi, à savoir prouver qu’elle n’a strictement aucun lien avec la Russie, ce qui est évidemment impossible, et pas seulement pour le monastère de Pühtitsa qui dépend directement du patriarche de Moscou.

Intéressante réaction d’un député qui n’a pas pris part au vote, Maria Jufereva-Skuratovski : « À un moment donné, j’ai compris qu’en adoptant cette loi, nous ne résoudrions pas nos problèmes, mais au contraire, nous en créerions d’autres qu’il faudra résoudre pendant des années. J’ai compris que je n’étais pas prête à assumer la responsabilité du destin de l’Église orthodoxe en Estonie. »

Ci-dessous le communiqué de l’« Église orthodoxe chrétienne d’Estonie » (le nom d’Eglise orthodoxe d’Estonie étant réservé à la petite scission russophobe adoubée par le gouvernement et reconnue par Constantinople) :

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Alexandre Ovetchkine

Alexandre Ovetchkine célébrant son 895e but, avec sa femme Nastya, ses fils Sergueï et Ilya, et sa mère Tatiana.

« Vous tous, supporters du monde entier, Russes, on a réussi ! Quelle journée, hein ? Comme je le dis toujours, c’est un sport d’équipe. Sans mes gars, toute l’organisation, les supporters, les instructeurs, les entraîneurs… Je ne serais jamais là et, bien sûr, je n’aurais jamais battu le record du plus grand. »

C’est ainsi que s’est exclamé Alexandre Ovetchkine venant d’entrer dans la légende du hockey sur glace en marquant son 895e but dans la Ligue nationale américaine de hockey, battant ainsi le record établi en 1999 par Wayne Gretzky, qui était là aussi.

Les gazettes sont moins promptes à répercuter ce qu’a dit ensuite le champion des Capitals de Washington :

« Je sais que Dieu aime tous les gens, bons et mauvais. Les églises sont ouvertes, il suffit de venir. Bien sûr, tout le monde fait face à des épreuves dans la vie, des moments où l’âme est déchirée et où l’on se dit : Mon Dieu, je n’en peux plus ! Mais on se rend compte que Dieu ne nous donne jamais plus que ce que nous pouvons supporter. Parfois, nous devons souffrir pour pouvoir ressentir de la joie et aller de l’avant. »

Puis il parle de son baptême, après la chute du communisme, en 1991, il avait six ans :

« Ce qui m’a vraiment marqué, c’est qu’après les prières, ils ont sorti le calice et j’ai reçu la communion à l’aide d’une petite cuillère. Je me souviens de ce sentiment encore aujourd’hui. Curieusement, je me souviens à peine d’autre chose de mes années de sport dans mon enfance – juste des entraînements et des tournois – mais ce moment de rencontre avec Dieu m’est resté. Seigneur, vivrons-nous assez pour voir le jour en Russie où les gens n’auront plus honte de la Croix et seront fiers de dire : Nous sommes Russes – et nous sommes une grande nation ? »

Alexandre Ovetchkine et sa famille sont des paroissiens de la cathédrale orthodoxe russe de Washington. Dans son vestiaire on voit une icône de la Mère de Dieu du Signe, qui reproduit la partie supérieure de l’icône du chœur de la cathédrale.

*

Vladimir Poutine lui a envoyé ce télégramme:

Cher Alexander Mikhailovich !

Je vous félicite pour ce record exceptionnel. Vous avez dépassé les maîtres légendaires en termes de nombre de palets marqués lors des matchs de la saison régulière de la Ligue nationale de hockey.

Votre riche carrière sportive comprend des victoires lors de tournois mondiaux et nationaux, ainsi que de nombreuses autres réalisations brillantes et uniques qui sont entrées dans les annales de l’école nationale de hockey. Il ne fait aucun doute que cette réussite est devenue non seulement votre succès personnel, mais aussi une véritable fête pour les fans en Russie et à l’étranger.

Je vous félicite une fois de plus pour cet événement important. Je vous souhaite la santé, la chance et un esprit combatif pour conquérir de nouveaux sommets dans la vie et dans le sport.

Vladimir Poutine

La fin de l’Eglise latine

Un autre aspect, relevé par l’abbé Barthe dans un article de Res Novae sur le « sacrement des malades » qui a remplacé l’extrême-onction :

Comme toujours dans la réforme liturgique, où l’aspect de « retour aux sources » des rites s’est conjugué avec la dévaluation de leur signification. Car la mue de ce sacrement a accompagné une dédramatisation générale de la mort, médicalisée, localisée à l’hôpital. « Le nouveau rituel de l’Onction des malades s’inscrit dans le mouvement qui tend à déritualiser, désacraliser même la mort en tant que mutation essentielle », écrivait François-André Isambert. La mort, devenue un tabou dans les sociétés occidentales. « On pourrait dire, pour citer une dernière fois Guillaume Cuchet, que la dédramatisation de la mort chrétienne et le silence sur les fins dernières sont la version catholique de ce nouveau tabou, l’Église ayant rompu avec son ancien discours sur la mort parce que les contemporains n’étaient plus en état de le supporter, ou qu’il ne faisait déjà plus sens pour eux depuis un certain temps. »