Prêtres schizophrènes

Beau sermon, ce matin, comme d’habitude. Par un prêtre diocésain qui célèbre la messe traditionnelle, puis s’en va en paroisse célébrer le nouveau culte.

Brodant sur l’évangile et le verset d’introït, il parle de la joie d’obéir aux commandements, et de la joie du repentir. Et il évoque plusieurs fois le repentir, la pénitence.

Sait-il que le mot repentir ne se trouve nulle part dans la néo-liturgie, et le mot pénitence une seule fois, le « vendredi de la 26e semaine » ?

Pour tout dire ces mots n’existent plus. J’ai retrouvé hier en recherchant mes anciens textes sur ce dimanche, une réaction d’un lecteur qui ne comprenait pas ce que je voulais dire par « sacrement de pénitence ». Il était catholique pratiquant, il connaissait les sept sacrements, et il savait bien qu’il n’y a pas de « sacrement de pénitence », avec ce mot étrange de « pénitence ». Je lui avais expliqué, et il avait compris que c’était ce qu’on appelle « sacrement de réconciliation », qui a évacué repentir et pénitence.

Bref, ce prêtre ne peut pas faire le même sermon lors de sa messe du nouveau culte, sous peine d’être incompris de ceux qui n’ont pas fait leur catéchisme avant la révolution liturgique.

Le même prêtre avait fait un beau sermon sur la septuagésime, expliquant pourquoi il est important qu’il y ait une préparation liturgique au carême. Mais dans sa paroisse il n’y a pas de septuagésime, donc il n’y a aucune raison de se préparer au carême. Parce que le carême n’a pas la même signification.

De même, pour prendre un autre exemple, ce prêtre pourra prêcher à la messe traditionnelle sur les collectes qui demandent de mépriser les choses de la terre et aimer celles du ciel (conformément à toute la tradition spirituelle d’Orient et d’Occident), mais il ne le pourra pas dans sa messe nouvelle parce que ces oraisons ont toutes été supprimées.

Etc.

Je me demande comment ça se passe dans la tête de ces prêtres.

Question qui deviendra bientôt purement rhétorique quand tous ces prêtres auront fatalement abandonné la messe traditionnelle. Pour échapper à la contradiction, et avec l’aide s’il le faut de l’interdit pontifical.

Encore une

Le patriarche Cyrille a consacré ce matin (fête de la Nativité de la Mère de Dieu dans le calendrier julien) la cathédrale de la Transfiguration de Salekhard, capitale du district autonome de Iamalo-Nénétsie de l’oblast de Tioumen, en compagnie de plusieurs évêques et prêtres, de nombreux fidèles, des autorités civiles de la ville et de la région, et… des dirigeants de Gazprom Neft, la Iamalie étant le plus important producteur de gaz naturel en Russie.

Cette cathédrale, dont la coupole principale culmine à 63 mètres, devient la plus haute au-delà du cercle polaire arctique.

Au centre du parvis, l’archange saint Michel protège la ville.

Elle est construite près de la rivière Chaïtanka, qui par décret du chef du gouvernement russe Mikhaïl Michoustine a été renommée en 2023 Preobrajenka : rivière de la Transfiguration. (Chaïtan – Satan – est le diable dans le Coran, et il y a 17% de musulmans dans la région.)

La construction avait commencé en 2012. Il reste encore à réaliser les peintures murales. Les icônes déjà installées sont remarquablement traditionnelles.

Un documentaire serbe sur la persécution en Ukraine

Le documentaire « Ljudi Hristovi – Naše vreme » (Les Hommes du Christ – Notre époque), réalisé par Jovan Marković, a été présenté en avant-première à la Cinémathèque de Belgrade.

Ce film aborde les défis spirituels, culturels et psychologiques auxquels les fidèles orthodoxes sont confrontés en Ukraine. Il met en lumière les histoires de ceux qui, malgré les pressions et les provocations, restent fidèles à leur foi, alors que leurs églises sont prises par la violence et que prêtres et évêques sont jetés en prison.

Le patriarche serbe Porphyre a assisté à la projection et, avant le début du film, il a béni les spectateurs présents.

Sur la photo on voit le patriarche, avec à sa droite Emir Kusturica et à sa gauche l’évêque Irénée de Bačka. Ces deux personnalités participent au documentaire.

Kusturica a comparé la situation actuelle en Ukraine aux révolutions française et bolchevique, et il a souligné que la guerre en Ukraine a été « vendue aux Ukrainiens à un prix très élevé ». Ce documentaire, a-t-il ajouté, « devrait être projeté dans toutes les écoles de Serbie afin de contrer les tentatives de tuer Dieu dans le cœur des gens par des moyens doux ».

Pakistan : une chrétienne condamnée à mort

Shagufta Kiran, une chrétienne pakistanaise de 40 ans, a été condamnée à mort, accusée d’avoir critiqué « le Prophète » sur WhatsApp.

Elle avait été arrêtée le 29 juillet 2021, et elle est en prison depuis lors. Son avocat a expliqué que « Kiran n’était pas l’auteur de ce contenu et qu’elle l’avait simplement transmis dans un salon de discussion, sans le lire », mais c’était peine perdue. L’avocat conclut : « La personne qui a écrit le message incriminé est en liberté ; la personne qui a exprimé une opinion sur ce message, sans même l’approuver, est condamnée. Nous pensons que Shagufta a été inculpée parce qu’elle est chrétienne : elle est une cible facile et vulnérable. »

Naturellement, elle fait appel, et en appel, ou en cassation, elle sera vraisemblablement relaxée. Mais cela a duré neuf ans pour Asia Bibi. Les très pénibles conditions de détention au Pakistan sont aggravées par la peur d’être tué en prison par un autre détenu ou empoisonné, après la relaxe la sortie du tribunal est un redoutable péril de mort, et ensuite la seule solution est l’exil.

Un signe de croix ne se pardonne pas

Le judoka serbe Nemanja Majdov a été suspendu pour cinq mois par la Fédération internationale de judo. Selon certains c’est à cause de ses propos sur le Kosovo et les Kosovars. Selon d’autres c’est pour avoir violemment critiqué la décision par laquelle il a été sorti d’un match aux JO au bout de deux minutes pour trois manquements au règlement (décision qu’il n’est pas le seul à contester). Mais en fait c’est parce qu’il s’est signé avant le match. Il a rendu publique la lettre du président de la Fédération :

« Cher Monsieur Majdov, lors du cinquième jour des Jeux Olympiques à Paris le 31 juillet 2024, vous avez montré un signe religieux clair lorsque vous êtes entré dans l’arène pour le combat avec M. Theodore Tselidis (Grèce). Le règlement de la Fédération mondiale de judo montre qu’il y a matière à sanction car aucun objet ou mouvement religieux ne peut être montré avant, pendant ou à la fin du combat. »

Jusqu’ici c’est le seul exemple d’une telle sanction, alors qu’on a vu de multiples gestes religieux, le plus spectaculaire étant celui de son compatriote Novak Djokovic.

Nemanja Majdov précise qu’on lui a demandé de s’excuser pour son geste, mais qu’il a refusé :

« Je n’ai pas voulu m’excuser de m’être signé et, bien sûr, je ne le ferai pas, même si je ne savais pas quelle pourrait être la sanction. Le Seigneur m’a tout donné – à la fois à moi personnellement et pour ma carrière, il est le numéro un pour moi, et j’en suis fier. Et cela ne changera en aucun cas. Gloire à lui et qu’il soit remercié pour tout ! »

Du reste son adversaire était un Grec, qui ne pouvait s’offusquer d’un signe de croix.

Nemanja Majdov est champion du monde dans sa catégorie. Il dit encore :

« Dieu m’a donné une grande carrière, 7 médailles européennes et 3 médailles mondiales. Quand j’ai commencé, je rêvais de gagner au moins une grande médaille. Il m’a donné beaucoup plus. Je me reposerai pendant ce temps-là, puis je reviendrai avec l’aide de notre Seigneur Jésus-Christ pour un nouveau départ et de nouvelles victoires. »